Naviguer aux Açores : itinéraire de 7 jours entre São Miguel, Pico et Faial

Par Le Figaro Nautisme

Naviguer aux Açores en voilier offre une expérience unique au cœur de l’Atlantique Nord. Entre paysages volcaniques spectaculaires, observation des baleines, randonnées panoramiques et escales mythiques comme Horta, cet itinéraire de 7 jours entre São Miguel, Pico et Faial permet de découvrir les plus belles navigations de l’archipel portugais tout en profitant d’activités variées à terre.

Un archipel volcanique idéal pour une croisière hauturière

Les Açores se situent à environ 1500 km du Portugal continental. Cet isolement façonne leur identité maritime. Les neuf îles émergent brutalement d’un océan profond, avec des fonds qui plongent à plusieurs milliers de mètres à proximité immédiate des côtes. Pour les plaisanciers, la navigation ici est différente de la Méditerranée. Les distances entre îles impliquent de véritables traversées. La météo demande une lecture attentive des fichiers et des bulletins. En revanche, les infrastructures nautiques sont fiables et les marinas principales bien protégées. L’archipel constitue d’ailleurs une escale incontournable des routes transatlantiques. Cet itinéraire concentre trois îles majeures du groupe central et oriental, offrant un équilibre entre navigation engagée et découvertes terrestres.

 

Jour 1 et 2 : São Miguel, entre cratères et sources chaudes

L’aventure débute généralement à Ponta Delgada, sur l’île de São Miguel. La marina permet un départ confortable, avec tous les services nécessaires pour préparer la traversée vers les îles centrales. Mais São Miguel mérite que l’on y consacre du temps à terre. À l’ouest, le site de Sete Cidades impressionne par son immense caldeira circulaire abritant deux lacs aux couleurs contrastées. Les points de vue situés sur les hauteurs offrent des panoramas spectaculaires sur l’océan et les reliefs environnants.
À l’est, la vallée de Furnas révèle une activité géothermique toujours active. Fumerolles, sources bouillonnantes et bassins d’eau chaude permettent même de se baigner dans des eaux naturellement chauffées. Le fameux cozido, plat traditionnel cuit dans la chaleur volcanique, constitue une curiosité gastronomique locale. En mer, la côte sud se prête à une navigation côtière progressive pour prendre ses marques dans l’Atlantique. Les falaises abruptes, les arches naturelles et la profondeur des eaux donnent immédiatement le ton. Les sorties d’observation des cétacés sont nombreuses au départ de Ponta Delgada, avec de fortes chances d’apercevoir dauphins et cachalots.

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Jour 3 : Traversée vers Pico, cap sur le point culminant du Portugal

La traversée vers Pico représente environ 140 milles nautiques. Elle nécessite une fenêtre météo stable, car l’Atlantique peut rapidement se former. Cette navigation au large constitue l’un des moments forts du séjour, avec la possibilité de croiser des bancs de dauphins en route. L’approche de Pico reste spectaculaire. Le mont Pico, culminant à 2351 mètres, domine l’horizon comme un cône parfait. Par temps clair, il sert de repère visuel puissant dès les derniers milles. À terre, plusieurs activités s’imposent. L’ascension du mont Pico attire les randonneurs expérimentés. L’itinéraire exige une bonne condition physique mais offre une vue saisissante sur l’ensemble de l’archipel central. Les vignobles de l’île, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, constituent une autre découverte majeure. Les murets de basalte noir protègent les ceps des vents salins et créent un paysage unique. Des dégustations permettent de découvrir le verdelho local, historiquement exporté vers l’Europe du Nord et la Russie. Pico possède également un passé lié à la chasse à la baleine. Les anciens ports baleiniers et les musées dédiés à cette activité rappellent l’importance historique de cette industrie avant son abandon au profit de la protection des cétacés.

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Jour 4 et 5 : Le canal vers Faial et l’escale mythique de Horta

Le passage vers Faial s’effectue par un canal d’une quinzaine de milles entre Pico et Faial. Les effets d’accélération du vent et les courants peuvent y être sensibles. La navigation y reste courte mais technique, particulièrement intéressante pour les amateurs de voile dynamique. L’arrivée à Horta est chargée d’histoire maritime. La marina figure parmi les plus célèbres au monde. Depuis des décennies, les navigateurs de passage peignent une fresque sur les quais avant de reprendre la mer. Cette tradition, toujours vivante, a transformé les pontons en galerie à ciel ouvert. Faial offre également de belles découvertes terrestres. Le volcan de Capelinhos, né d’une éruption en 1957, a profondément modifié le littoral. Son paysage gris et presque désertique contraste avec la végétation luxuriante du reste de l’île. Le centre d’interprétation permet de comprendre la formation géologique récente du site. Les randonnées autour de la caldeira centrale offrent des panoramas circulaires sur l’océan et les îles voisines. Par visibilité dégagée, Pico semble presque à portée de main.

 

Jour 6 : Faune marine et exploration

Les eaux profondes des Açores comptent parmi les plus riches d’Europe pour l’observation des cétacés. Plus de 20 espèces y ont été recensées au fil des saisons. Le cachalot demeure l’espèce emblématique de la région. Une sortie dédiée à l’observation, encadrée par des opérateurs spécialisés, permet d’approcher ces géants dans des conditions respectueuses. Depuis le voilier, la vigilance reste permanente. Un souffle au loin, une nageoire dorsale, une queue massive qui disparaît lentement sous la surface. Ces rencontres marquent durablement un équipage. La plongée sous-marine constitue une autre activité phare. Les fonds volcaniques, les arches de basalte et la visibilité souvent excellente attirent les plongeurs confirmés. Les tombants abrupts abritent une biodiversité remarquable.

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Jour 7 : Derniers milles et bilan atlantique

La fin de l’itinéraire peut s’organiser selon la logistique choisie, avec un retour vers São Miguel ou une fin de croisière à Faial, point stratégique des routes transatlantiques. Cette semaine révèle toute la singularité des Açores. Les reliefs puissants, les lumières changeantes, la profondeur des eaux et l’isolement relatif donnent à la navigation une dimension presque océanique, même lors de parcours inter îles.

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Pourquoi naviguer aux Açores

Choisir les Açores pour une croisière, c’est rechercher autre chose qu’une simple succession d’escales. C’est accepter des traversées engagées, une météo parfois exigeante et un environnement brut. En échange, l’archipel offre une combinaison rare en Europe : volcans actifs, randonnées d’altitude, observation des baleines, patrimoine maritime authentique et marinas adaptées aux navigateurs au long cours. Entre São Miguel, Pico et Faial, 7 jours suffisent pour saisir l’essence de l’Atlantique Nord. Mais l’expérience donne souvent envie de prolonger la route vers les autres îles de l’archipel, tant la navigation y possède une intensité particulière.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.