La réserve de Scandola en bateau : mouillage, pêche, plongée, les règles à connaître avant d’entrer dans la réserve

Règlementation
Par Le Figaro Nautisme avec Bloc Marine

Site majeur de la côte ouest de la Corse, la réserve naturelle de Scandola attire chaque saison de nombreux bateaux venus longer ses falaises rouges et ses eaux spectaculaires. Mais derrière la carte postale, la réglementation est stricte. Mouillage limité, pêche de plaisance interdite, plongée très encadrée : en mer, Scandola ne se visite pas comme une crique ordinaire. Les nouvelles mesures de régulation annoncées pour mieux contrôler la fréquentation renforcent encore cette logique de protection.

Site majeur de la côte ouest de la Corse, la réserve naturelle de Scandola attire chaque saison de nombreux bateaux venus longer ses falaises rouges et ses eaux spectaculaires. Mais derrière la carte postale, la réglementation est stricte. Mouillage limité, pêche de plaisance interdite, plongée très encadrée : en mer, Scandola ne se visite pas comme une crique ordinaire. Les nouvelles mesures de régulation annoncées pour mieux contrôler la fréquentation renforcent encore cette logique de protection.

© AdobeStock

Un site maritime exceptionnel, mais pas un espace de liberté totale

À Scandola, la mer fait partie du cœur de la réserve. Les falaises volcaniques, les îlots, les herbiers de posidonie et les fonds rocheux composent un milieu fragile, où la fréquentation nautique pèse directement sur l’équilibre du site. La réserve, créée en 1975, ne se découvre d’ailleurs que par voie maritime, ce qui concentre naturellement les usages autour des bateaux de promenade, des plaisanciers et des embarcations individuelles. Cette particularité explique la vigilance des autorités. La réglementation ne vise pas seulement à interdire quelques pratiques isolées. Elle encadre l’ensemble des comportements en mer : jeter l’ancre, pêcher, plonger, approcher les rives ou rester trop longtemps dans certains secteurs. Pour les plaisanciers, le message est clair : Scandola reste accessible, mais la navigation doit être préparée et les règles doivent être connues avant d’entrer dans la réserve.

 

Le mouillage, autorisé seulement sous conditions

Le mouillage est l’un des points les plus importants pour les plaisanciers. Dans la réserve, il n’est pas possible de jeter l’ancre librement, ni de rester sur place pour la nuit. Le mouillage est autorisé uniquement en journée, du lever au coucher du soleil, et seulement dans les secteurs où il n’est pas expressément interdit. La règle devient plus stricte dans la partie classée en réserve intégrale. Entre l’île du Garaglo et Punta Palazzu, le mouillage est interdit de jour comme de nuit. Cette zone ne doit pas être considérée comme une simple aire à éviter en cas d’affluence, mais comme un secteur protégé où l’ancrage n’a pas sa place. Cette interdiction s’explique notamment par la présence de fonds sensibles. Les herbiers de posidonie, visibles depuis la surface sous forme de zones sombres, doivent être évités. Une ancre peut y provoquer des dégâts durables, surtout lorsque les passages se répètent au fil de la saison. L’Office de l’environnement de la Corse rappelle explicitement qu’il faut éviter ces zones pour le mouillage. Concrètement, une navigation vers Scandola doit donc se penser comme un passage de jour. Il faut prévoir une autre solution pour la nuit, vérifier la zone dans laquelle on se trouve et ne pas attendre le dernier moment pour relever l’ancre. Dans ce secteur, la beauté du mouillage ne suffit pas à le rendre autorisé.

 

La pêche de plaisance est interdite

Autre règle essentielle : la pêche de plaisance est interdite dans la réserve. Cela concerne la pêche à la ligne, mais aussi la chasse sous marine, également interdite aux particuliers. Seule la pêche professionnelle peut être autorisée, sous conditions. Cette interdiction est souvent l’une des plus mal comprises, car les eaux de Scandola sont réputées poissonneuses. Justement, cette richesse est le résultat direct de la protection du site. Les fonds abritent notamment des mérous, dentis, corbs, gorgones, corail rouge et herbiers de posidonie, avec une biodiversité marine remarquable pour la Méditerranée occidentale.

Pour un plaisancier, la règle est donc simple : Scandola se traverse, se contemple, se photographie à distance raisonnable, mais ne se pêche pas. La canne doit rester rangée, même pour une prise supposée anodine.

© IGN

Plongée : apnée encadrée, bouteille interdite

La plongée est elle aussi très réglementée. Dans la réserve, la plongée en bouteille est interdite. La seule pratique autorisée au public est l’apnée, mais elle reste encadrée, et l’apnée à but commercial est interdite. Cette distinction est importante. Scandola n’est pas un spot de plongée classique où l’on peut organiser librement une immersion avec équipement autonome. Les fonds sont remarquables, mais leur protection impose des limites. L’objectif est d’éviter la multiplication des immersions, les dérangements répétés et les comportements qui pourraient abîmer les habitats sous marins.

La baignade et l’observation en surface doivent aussi se faire avec prudence. L’intérêt du site tient autant à ce que l’on voit qu’à ce que l’on ne touche pas. À Scandola, la bonne pratique consiste à rester à distance, à ne rien prélever et à limiter son impact au maximum.

 

Une régulation plus forte face à la pression nautique

La réglementation actuelle s’inscrit dans un contexte plus large. Scandola subit une forte pression de fréquentation, en particulier par la mer. Cette situation inquiète depuis plusieurs années les gestionnaires du site, les autorités et l’Unesco. Le site a déjà perdu son Diplôme européen des espaces protégés en 2020, notamment en raison d’une pression touristique jugée trop forte. Pour répondre à cette situation, de nouvelles mesures sont préparées. L’objectif est de mieux encadrer les visites, notamment par des quotas, des licences, une formation des professionnels et des outils de suivi comme les QR codes. L’année 2026 doit servir de période de transition, avant un cadre plus strict attendu ensuite. Pour les plaisanciers, cette évolution confirme une tendance déjà visible dans plusieurs espaces naturels méditerranéens : les sites les plus fragiles ne peuvent plus être fréquentés sans règles précises. À Scandola, la navigation reste possible, mais elle s’inscrit dans un cadre de plus en plus contrôlé.

 

Licences, quotas, QR codes : une nouvelle étape sous le regard de l’Unesco

Cette évolution ne se limite pas à un simple rappel des règles existantes. La réserve entre dans une phase de régulation plus structurée, avec plusieurs outils en préparation pour mieux contrôler la fréquentation en mer. Des licences, des quotas, une formation des professionnels et un système de QR codes doivent permettre de savoir plus précisément qui entre dans la réserve, à quel moment et dans quelles conditions. L’année 2026 doit servir de période de transition, avec davantage de pédagogie et de présence sur le plan d’eau, avant un cadre plus strict attendu en 2027. Cette échéance est aussi liée au futur décret, annoncé pour fin 2026 ou début 2027, qui doit donner une base réglementaire plus ferme aux nouvelles mesures de protection. Scandola est également observée de près par l’Unesco, dont une délégation doit se rendre sur place les 10, 11 et 12 juin 2026 pour évaluer l’état de conservation du site et les réponses apportées à la pression touristique. Pour la Corse, l’enjeu est important : Scandola reste le seul site naturel de France métropolitaine inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, et sa gestion en mer devient un test grandeur nature pour concilier navigation, tourisme maritime et préservation d’un espace exceptionnel.

 

Ce qu’il faut retenir avant d’y aller en bateau

Avant d’entrer dans la réserve, il faut connaître 3 règles majeures. Le mouillage n’est possible qu’en journée, hors réserve intégrale, et jamais la nuit. La pêche de plaisance est interdite, tout comme la chasse sous-marine. La plongée en bouteille est interdite, seule l’apnée reste possible dans un cadre réglementé. Ces règles ne sont pas accessoires. Elles conditionnent la manière de découvrir Scandola par la mer. Le site garde toute sa force lorsqu’il est abordé avec prudence : une navigation lente, une distance raisonnable avec les rives, aucun prélèvement, aucun ancrage sur les herbiers et une attention constante aux zones interdites.

Scandola reste l’un des paysages maritimes les plus impressionnants de Corse. Mais son attractivité oblige désormais à une autre façon de naviguer. La réserve ne se consomme pas comme une escale de plus sur la côte ouest : elle se traverse avec mesure, en acceptant que certaines limites soient précisément ce qui permet de préserver sa beauté.

Et avant de partir en mer, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.