Martha’s Vineyard au printemps : l’île chic de Nouvelle-Angleterre avant l’été

À quelques kilomètres de Cape Cod, Martha’s Vineyard cultive une image à part dans l’imaginaire américain. Île de villégiature, décor de cinéma, refuge présidentiel et territoire maritime au charme très préservé, elle se découvre avec un plaisir particulier au printemps, lorsque les villages retrouvent leurs couleurs, les plages restent encore paisibles et les routes se parcourent sans la pression de la haute saison.

Une île américaine au parfum d’Île de Ré

Martha’s Vineyard a souvent été surnommée l’Île de Ré américaine. La comparaison n’est pas parfaite, mais elle dit quelque chose de l’atmosphère du lieu : une île élégante sans excès ostentatoire, des maisons en bois patiné, des villages aux identités bien marquées, des plages longues et sauvages, une vraie culture du vélo et ce mélange rare entre discrétion, patrimoine maritime et art de vivre balnéaire. Située au large du Massachusetts, non loin de Cape Cod, l’île reste l’une des grandes destinations de Nouvelle-Angleterre. On y arrive en ferry, souvent depuis Woods Hole, Hyannis ou New Bedford selon la saison et le point de départ choisi. Dès la traversée, le changement de rythme opère. Le continent s’éloigne, les ports apparaissent, les maisons de bois bordent les rues et la mer reprend le premier rôle.

Au printemps, Martha’s Vineyard gagne encore en intérêt. L’île n’a pas encore basculé dans l’effervescence estivale, les hébergements sont moins pris d’assaut, les villages se visitent plus facilement et les paysages retrouvent une lumière douce, très caractéristique de la côte Est américaine. C’est aussi la bonne période pour profiter des balades, des plages et des pistes cyclables sans subir l’affluence des grandes vacances.

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Une histoire entre mer, célébrités et cinéma

Martha’s Vineyard n’est pas seulement une belle île de villégiature. Son histoire est profondément liée à la mer. Avant de devenir une destination prisée par les familles aisées de Boston, les artistes, les politiques et les célébrités, elle fut un territoire de pêche, de navigation et de commerce. Edgartown, notamment, garde les traces de l’époque où la chasse à la baleine a façonné une partie de la richesse locale. Ses maisons blanches, ses rues soignées et son port élégant rappellent cette prospérité maritime. L’île doit aussi sa notoriété moderne à ceux qui l’ont fréquentée. Les Kennedy ont longtemps été associés à Cape Cod et à cette partie du Massachusetts. Bill Clinton, Barack Obama et d’autres figures politiques américaines y ont séjourné. Martha’s Vineyard conserve pourtant une forme de retenue. Les grandes propriétés existent, les adresses très chics aussi, mais l’île ne se résume pas à une carte postale mondaine.

Le cinéma a ajouté une autre couche à sa légende. C’est ici que Steven Spielberg a tourné Les Dents de la mer, en transformant l’île en Amity, station balnéaire fictive devenue mythique. Plusieurs lieux de tournage se reconnaissent encore, notamment autour d’Edgartown et de Menemsha. Ce souvenir attire les cinéphiles, mais il ne prend jamais toute la place : Martha’s Vineyard reste d’abord une île de paysages, de ports et de villages.

 

Oak Bluffs, Edgartown, Aquinnah : 3 visages très différents

Le charme de Martha’s Vineyard tient beaucoup à ses villages. Oak Bluffs est sans doute le plus coloré. Ses célèbres Gingerbread Cottages, petites maisons victoriennes aux façades décorées, donnent l’impression de traverser un décor de conte. Le quartier du Campground reste l’un des plus singuliers de l’île, avec ses porches, ses détails en bois découpé et ses couleurs vives. Oak Bluffs abrite aussi le Flying Horses Carousel, considéré comme le plus ancien carrousel à plateforme encore en fonctionnement aux États-Unis. Avec ses chevaux de bois et son ambiance d’un autre temps, il résume bien le côté à la fois populaire, familial et patrimonial du village. Edgartown joue une partition plus élégante. Ancien port baleinier, le village aligne de belles maisons blanches, des jardins soignés, des boutiques raffinées et un port très photogénique. On y vient pour marcher, observer les bateaux, rejoindre le phare ou prendre le temps de regarder les façades. Au printemps, l’atmosphère y est plus douce qu’en été, lorsque les rues se remplissent rapidement.

À l’ouest de l’île, Aquinnah offre un tout autre décor. Les falaises d’argile, connues sous le nom de Gay Head Cliffs, forment l’un des paysages les plus spectaculaires de Martha’s Vineyard. Le site est aussi lié à la culture des Wampanoag, peuple autochtone présent sur l’île depuis des siècles. Ici, l’expérience devient plus minérale, plus ouverte, avec une sensation de bout du monde renforcée par la lumière de l’Atlantique. Entre ces grands repères, d’autres lieux méritent l’arrêt. Vineyard Haven reste l’un des principaux ports d’arrivée. Menemsha conserve une atmosphère de village de pêche, avec ses cabanes, ses quais et ses couchers de soleil réputés. Chilmark et West Tisbury dévoilent une île plus rurale, faite de routes bordées d’arbres, de prairies, de fermes et de chemins plus discrets.

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Une destination idéale à vélo, à pied ou sur l’eau

Martha’s Vineyard se prête particulièrement bien aux séjours actifs. Le vélo reste l’une des meilleures façons de l’explorer, surtout au printemps. Les distances demandent un minimum d’organisation, mais les itinéraires permettent de relier plages, villages et points de vue sans dépendre uniquement de la voiture. Entre Oak Bluffs et Edgartown, la route côtière offre un aperçu très accessible de l’île, avec la mer d’un côté, les étangs de l’autre et plusieurs arrêts possibles le long du parcours. Les plages font aussi partie de l’identité de Martha’s Vineyard. Certaines sont faciles d’accès, comme Joseph Sylvia State Beach, entre Oak Bluffs et Edgartown. D’autres demandent davantage d’anticipation, selon leur statut, leur réglementation ou la saison. Au printemps, l’objectif n’est pas forcément la baignade. C’est plutôt le plaisir de marcher sur le sable, de regarder les dunes, de profiter du vent marin et de retrouver un littoral encore respirable avant l’été.

Côté nautisme, l’île offre un terrain naturel pour la voile, le kayak, le paddle et les sorties en mer. Les ports et mouillages participent pleinement au paysage. Martha’s Vineyard n’est pas une destination spectaculaire au sens méditerranéen du terme, mais elle a cette élégance maritime très américaine, faite de pontons, de voiliers classiques, de petits bateaux de pêche, de phares et de grandes maisons tournées vers l’eau. La culture n’est jamais loin. Le Martha’s Vineyard Museum permet de mieux comprendre l’histoire de l’île, ses communautés, ses traditions maritimes et son évolution. Les galeries, marchés, ateliers et petites boutiques complètent cette impression d’une île habitée, vivante, bien plus intéressante qu’un simple lieu de vacances pour célébrités.

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Nantucket, l’autre escapade de printemps

À proximité, Nantucket mérite largement d’être associée à un voyage dans cette partie du Massachusetts. Plus petite, plus homogène dans son architecture, elle offre une ambiance encore différente. Longtemps marquée par la chasse à la baleine, l’île conserve un patrimoine exceptionnel, avec ses rues pavées, ses maisons à bardeaux gris, ses plages ouvertes et son Whaling Museum, l’une des visites majeures pour comprendre son passé maritime. Le printemps y a un rendez-vous très attendu : le Daffodil Festival, consacré aux jonquilles. L’événement colore l’île, lance symboliquement la belle saison et attire visiteurs, habitants, voitures décorées, animations et balades fleuries. Pour un voyage au printemps, Nantucket apporte une note plus festive, tout en restant dans la même atmosphère de Nouvelle-Angleterre insulaire.

Martha’s Vineyard et Nantucket ne se visitent pas exactement de la même manière. La première est plus grande, plus variée, plus contrastée entre villages animés, secteurs ruraux et falaises d’Aquinnah. La seconde semble davantage figée dans une esthétique patrimoniale, presque entièrement tournée vers son histoire baleinière et son charme préservé. Les associer permet de mieux comprendre cette côte américaine où l’océan, la mémoire maritime et l’art de vivre insulaire composent un univers à part.

 

Une île à découvrir avant la grande saison

Martha’s Vineyard séduit parce qu’elle ne se livre pas d’un seul bloc. Il faut passer d’un village à l’autre, changer de rythme, accepter de marcher, de pédaler, de s’arrêter dans un port, puis de repartir vers une plage ou un phare. Au printemps, cette diversité se savoure mieux. L’île n’est pas encore prise dans la mécanique de l’été, les routes restent plus fluides, les plages plus ouvertes et les villages plus agréables à parcourir. C’est sans doute à cette période que son surnom d’Île de Ré américaine prend le plus de sens. Non pas parce que les deux îles se ressemblent vraiment, mais parce qu’elles partagent une même promesse : celle d’une échappée élégante, maritime, lumineuse, où l’on vient autant pour la mer que pour les villages, les balades, les maisons et cette impression d’être à quelques milles seulement du continent, mais déjà ailleurs.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.