Top 5 des ports de charme à visiter en Bretagne cet été
Lovée au fond d’une ria étroite, sur la commune de Clohars-Carnoët, Doëlan offre l’une des silhouettes portuaires les plus reconnaissables du Finistère sud. De petites maisons blanches descendent vers l’eau, tandis que deux phares, l’un vert et l’autre rouge, encadrent ce décor resté à taille humaine. Quelques bateaux de pêche y côtoient les annexes et les voiliers amarrés dans le chenal. Le meilleur moyen d’en profiter consiste à parcourir les deux rives à pied. Depuis le phare vert, le regard porte sur les quais, la cale et l’ancienne conserverie Capitaine Cook, installée dans la fameuse maison rose dominant le port. Le sentier côtier permet ensuite de prendre de la hauteur et de rejoindre les paysages plus ouverts du littoral de Clohars-Carnoët. En été, Doëlan constitue une escale idéale entre une promenade sur les quais et une baignade du côté du Pouldu, dont les plages se trouvent à quelques kilomètres. Le port reste fréquenté en pleine saison, mais conserve une atmosphère plus paisible que les grandes stations voisines. C’est précisément ce mélange entre activité maritime, patrimoine industriel et paysage de carte postale qui fait son charme.
Roscoff est souvent traversée rapidement par les voyageurs qui embarquent vers l’île de Batz. Ce serait pourtant dommage de ne pas s’attarder dans cette ancienne cité maritime, dont le vieux port est bordé de solides demeures de granit construites par les négociants et les armateurs. Le centre historique se découvre à pied, autour de l’église Notre-Dame-de-Croaz-Batz et de ses maisons anciennes aux façades sculptées. Roscoff doit également une partie de son identité aux « Johnnies », ces marchands d’oignons qui traversaient autrefois la Manche pour vendre leur production en Grande-Bretagne. La ville reste aujourd’hui étroitement associée à l’oignon de Roscoff, reconnaissable à sa couleur rosée et protégé par une appellation d’origine. L’autre grand intérêt de l’escale se trouve naturellement au large. Des navettes rejoignent l’île de Batz en une quinzaine de minutes depuis le vieux port. La traversée fonctionne toute l’année, même si les horaires peuvent évoluer lors des grandes marées. Une fois débarqué, l’île se parcourt facilement à pied ou à vélo, entre plages, cultures maraîchères et sentiers côtiers.
Pour admirer Roscoff dans son ensemble, il faut monter jusqu’à la chapelle Sainte-Barbe. La vue embrasse alors le port, les toits de la ville et l’île de Batz : un excellent point de départ avant de redescendre déjeuner autour du vieux bassin.
À proximité immédiate de Pléneuf-Val-André, Dahouët possède une histoire maritime bien plus importante que ne le laisse penser son port aujourd’hui paisible. Des navires en partaient autrefois vers Terre-Neuve et l’Islande, laissant derrière eux des quais de granit et plusieurs demeures d’armateurs. Le bassin des Salines accueille désormais des bateaux de plaisance, mais le port n’a pas perdu son caractère. Une promenade le long du quai des Terre-Neuvas permet de comprendre cette histoire, tout en découvrant la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde et les anciennes maisons tournées vers le bassin. La Pauline, réplique d’une chaloupe traditionnelle de Dahouët reconnaissable à ses voiles rouges, entretient également la mémoire maritime du lieu.
L’intérêt de Dahouët tient aussi à sa situation. Le port est relié au Val-André par une promenade agréable, réalisable à pied, qui permet de passer en quelques minutes d’un ancien village de marins à une grande station balnéaire. La vaste plage du Val-André, longue et familiale, complète parfaitement la visite pendant les journées chaudes d’août. Plus sauvage, le sentier côtier conduit vers la plage de la Mine d’Or et offre de belles vues sur la baie de Saint-Brieuc. Dahouët permet ainsi d’associer patrimoine portuaire, randonnée et baignade sans multiplier les déplacements.
Camaret-sur-Mer ne se résume pas à ses terrasses donnant sur le port. Son front de mer rassemble plusieurs pans de l’histoire maritime bretonne, à commencer par la Tour Vauban, construite à la fin du XVIIe siècle pour protéger la rade et aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Sur le sillon, à quelques pas de la tour et de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, plusieurs anciennes coques de pêche forment le célèbre cimetière de bateaux. Ces navires rappellent le temps où Camaret était un important port langoustier. L’ensemble compose une promenade particulièrement agréable lorsque la lumière de fin de journée éclaire les façades colorées du quai Toudouze.
Mais Camaret vaut aussi par les paysages qui l’entourent. La pointe de Pen-Hir, située à quelques kilomètres, domine la mer d’Iroise et les fameux Tas de Pois, une succession de rochers prolongeant la presqu’île dans l’océan. Le site est accessible en voiture, mais les marcheurs peuvent également emprunter les portions du GR34 qui traversent les landes et longent les falaises. En août, mieux vaut découvrir les principaux sites le matin ou en fin d’après-midi, lorsque les sentiers sont moins fréquentés. On peut ensuite revenir au port pour dîner face aux bateaux, sans avoir l’impression de visiter deux destinations différentes.
À quelques kilomètres de Saint-Malo, Saint-Suliac offre un visage très différent de la côte bretonne. Ici, le port ne donne pas sur le large, mais sur l’estuaire de la Rance. Les mouvements de la marée modifient constamment le paysage, découvrant les vasières avant de ramener l’eau autour des petites embarcations. Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Saint-Suliac a conservé un ensemble remarquable de maisons en pierre, parfois décorées de filets de pêche. Depuis le port, de petites rues étroites appelées « ruettes » remontent vers l’église et le cœur du village. La visite se fait entièrement à pied, sans programme compliqué : il suffit de quitter le quai et de se perdre entre les façades anciennes.
Pour prendre de la hauteur, la montée vers le mont Garrot mène à un panorama sur la Rance. À marée basse, on distingue également près du rivage des structures de pierre traditionnellement présentées comme les vestiges possibles d’un ancien camp viking, même si cette interprétation demeure incertaine. Saint-Suliac est particulièrement agréable en fin de journée, lorsque les visiteurs repartent et que la lumière se reflète sur l’estuaire. Une escale plus intime que spectaculaire, mais certainement l’une des plus dépaysantes de Bretagne.
Des petits ports de pêche nichés au fond d'une ria aux anciennes cités d'armateurs ouvertes sur le large, la Bretagne offre une incroyable diversité d'escales. Chacun de ces cinq ports possède sa propre identité, façonnée par son histoire, ses traditions maritimes et les paysages qui l'entourent. Loin des itinéraires les plus fréquentés, ils permettent de prendre le temps de flâner sur les quais, de déguster des produits de la mer fraîchement débarqués ou de partir à la découverte des sentiers côtiers. En plein été, lorsque les journées s'étirent jusqu'en soirée et que les ports s'animent au rythme des marchés, des terrasses et des retours de pêche, ces escales prennent une dimension toute particulière. Que vous naviguiez le long des côtes bretonnes ou que vous soyez simplement en quête d'idées pour une journée de découverte, ces ports de charme rappellent qu'en Bretagne, la mer fait bien plus que dessiner le paysage : elle raconte une histoire à chaque escale.
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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - Philippe Bosseboeuf





