Naviguer à Punta Campanella en 2026 : les règles à connaître dans l’aire marine protégée
L’aire marine protégée s’étend autour de l’extrémité de la péninsule sorrentine. Son zonage distingue les zones A de réserve intégrale, les zones B de réserve générale et les zones C de réserve partielle. Les limites ne sont pas devinables à l’œil depuis le cockpit : il faut consulter la cartographie officielle et reporter le zonage sur l’outil de navigation utilisé.
Les zones A entourent notamment le Scoglio del Vervece et le secteur de Vetara, à proximité de Li Galli. Elles constituent le cœur le plus protégé. L’accès, la navigation et l’ancrage y sont interdits aux unités ordinaires, sauf activité expressément autorisée par l’organisme gestionnaire. La baignade, la pêche et les plongées non autorisées y sont également interdites.
La zone B accepte certaines activités à faible impact, mais avec des restrictions fortes. La zone C constitue la partie la plus ouverte à la plaisance : navigation et certaines formes de mouillage, de pêche ou de plongée y sont possibles, à condition de respecter les secteurs désignés et les autorisations nécessaires.
En 2026, le règlement d’exécution de 2010 doit être lu avec le « disciplinare integrativo » annuel approuvé par le gestionnaire et validé par le ministère italien de l’Environnement. Ce document précise les sites, quotas, tarifs, procédures et sanctions de l’année.
Le règlement 2026 autorise la navigation à au moins 200 mètres des plages et 100 mètres des côtes à pic, sous réserve des ordonnances de sécurité locales. La vitesse est limitée à 5 nœuds dans les 300 mètres de la côte et à 10 nœuds au-delà. Le bateau doit rester en déplacement à allure non planante, c’est-à-dire en régime de déplacement.
Les scooters des mers, aquascooters et engins assimilés sont interdits dans toute l’aire. Il en va de même du ski nautique, des sports aquatiques similaires et, depuis le règlement annuel 2026, des moyens nautiques équipés d’hydrofoils. Cette interdiction doit être prise au sens large : un équipement de loisir ne devient pas autorisé simplement parce qu’il est électrique.
L’accès aux grottes est réservé aux petites unités de plaisance conduites à la rame et équipées de protections souples sur les flancs. Il reste subordonné aux arrêtés relatifs aux chutes de pierres et à la sécurité publique ; une grotte peut donc être fermée même si le règlement général de l’aire en permet normalement l’accès.
En zone B, la navigation à voile, à rame ou à pédales est admise, de même que la propulsion principale exclusivement électrique, sauf dans le secteur très sensible compris entre Punta Campanella, la baie d’Ieranto, Punta Montalto et Mortelle où le règlement 2026 interdit également cette navigation électrique.
Pour les bateaux à moteur, le statut italien de l’unité compte. Les « natanti da diporto », unités généralement limitées à 10 mètres selon la classification italienne, peuvent naviguer en zone B dans les conditions de vitesse prévues. Les « imbarcazioni da diporto », de plus de 10 mètres et jusqu’à 24 mètres, ne peuvent y naviguer en 2026 que pour rejoindre un champ de mouillage comportant des bouées adaptées à leur catégorie. Elles doivent emprunter le trajet le plus court dans l’aire et ne pas dépasser 5 nœuds.
Le secteur de la baie d’Ieranto fait l’objet d’une protection renforcée. La navigation motorisée ordinaire y est interdite dans le tronçon défini entre Punta Campanella et Punta Penna, sauf accès réglementé aux bouées autorisées et activités expressément permises. Dans l’espace des bouées d’Ieranto, la libre navigation, l’ancrage, la présence d’une unité non amarrée et la pêche sont interdits, hors manœuvres nécessaires pour prendre ou quitter le corps-mort.
En zone C, la navigation à voile, à rame, à pédales ou avec propulsion principale électrique est permise. La navigation à moteur est ouverte aux natanti, aux imbarcazioni et aux navires de plaisance répondant aux annexes IV et VI de MARPOL, avec les mêmes limites de 5 et 10 nœuds et l’obligation de rester en régime non planant.
L’ancrage est interdit dans les zones A et B. En zone C, il ne suffit plus en 2026 de choisir librement une tache de sable : le disciplinare identifie des polygones précis où les natanti et imbarcazioni peuvent mouiller.
Les secteurs autorisés sont Marina di Puolo et Cala di Puolo, deux zones à Marciano, Mitigliano, Marina del Cantone–Recommone et Scaricatoio–Punta Germano. Leurs limites sont fixées par des coordonnées WGS84 et figurent dans le document officiel. Le plaisancier doit utiliser la carte annexée ou l’application du gestionnaire plutôt qu’un simple nom de baie, car une partie d’un même site peut rester hors du polygone.
Le règlement général autorise l’ancrage de jour, de 8 heures à 20 heures. Il demeure interdit sur les herbiers de Posidonia oceanica et les fonds coralligènes signalés, ainsi que dans les distances de protection prévues près des plages et côtes à pic. Le choix du point de chute doit donc être contrôlé avant de laisser filer la chaîne.
Les champs de bouées ne sont pas des corps-morts en libre-service. Une autorisation de l’organisme gestionnaire et le paiement du tarif correspondant sont nécessaires. En 2026, les deux principaux champs destinés à la plaisance sont Mortelle et Isca/Crapolla.
Mortelle compte des bouées pour les natanti et plusieurs bouées prévues pour des imbarcazioni jusqu’à 15 ou 24 mètres. Isca/Crapolla comporte des bouées réservées aux natanti. La réservation n’y est normalement pas possible : l’amarrage dépend de la disponibilité constatée à l’arrivée. Les bouées d’Ieranto obéissent à un régime particulier, avec réservation obligatoire et accès principalement réservé à certaines entreprises locales, au transport de passagers, au pescatourisme et, pour une bouée, aux structures de plongée autorisées. Un plaisancier de passage ne doit donc pas considérer Ieranto comme un mouillage public ordinaire.
L’amarrage dans les champs de bouées est diurne, de 8 heures à 20 heures, et seulement lorsque les conditions météo-marines sont favorables. Une seule unité est admise par bouée ; l’amarrage à couple ou par l’arrière sur un bateau déjà installé est interdit. Le moteur ne doit servir que pour prendre ou quitter la bouée, sauf nécessité de sécurité. L’unité doit rester surveillée par une personne habilitée et prête à manœuvrer.
La pêche sportive et récréative est interdite dans les zones A et B. Elle n’est possible en zone C qu’après autorisation de l’organisme gestionnaire. Pour 2026, le nombre maximal d’autorisations est fixé à 230.
Le demandeur doit joindre la communication italienne d’exercice de la pêche sportive en mer délivrée dans le cadre du dispositif du ministère de l’Agriculture. Il doit aussi utiliser l’application dédiée : avant la sortie, il renseigne la date, la zone prévue et les engins utilisés ; en fin de journée, il complète la déclaration avec les espèces capturées et le poids total.
Le prélèvement est plafonné à 5 kg par bateau et 3 kg par personne et par jour, sauf capture d’un seul spécimen dépassant ce poids. Les techniques autorisées sont limitées : épuisette ou balance, lignes à céphalopodes, depuis la terre ou le bateau avec au maximum deux lignes fixes par personne et deux hameçons par ligne, ainsi que deux cannes ou lignes de traîne par personne avec au maximum deux hameçons chacune. Le règlement prévoit une dimension minimale de 18 millimètres pour les hameçons concernés.
La traîne au monel, le plomb gardien, le vertical jigging et les engins similaires sont interdits, comme l’utilisation d’appâts allochtones tels que les vers coréens, espagnols ou japonais. La pêche est également interdite dans la bande de 200 mètres contiguë à la zone A du Vervece et dans les couloirs d’accès et de transit.
La pêche sous-marine, en apnée comme avec appareil respiratoire, est interdite dans toute l’aire. La détention et le transport d’équipements destinés à la pêche sous-marine doivent être préalablement autorisés par le gestionnaire : traverser la réserve avec un fusil à bord sans se renseigner peut donc poser problème même sans action de pêche.
Plusieurs espèces ne peuvent pas être capturées. La liste consolidée comprend notamment les mérous, le cernier de fond, la corbine, l’ombrine, la grande nacre, la grande cigale de mer, la langouste rouge, le homard européen, la petite cigale de mer, la patelle ferrugineuse et l’oursin violet. L’identification doit être faite avant de conserver une prise, pas au retour au port.
En zone A, la plongée individuelle ou en groupe est interdite. Seules les visites guidées organisées par des centres ou associations autorisés peuvent être admises sur les sites de Vervece et Vetara, selon le calendrier et les quotas du gestionnaire. Une exception liée à la fête locale permet une plongée autorisée un dimanche de septembre près de la statue de la Madonnina del Vervece ; en 2026, elle est limitée à 50 plongeurs avec appareil respiratoire. Cette journée exceptionnelle ne crée aucun droit d’accès libre.
En zone B, les plongées individuelles ou en groupe, avec ou sans appareil respiratoire, nécessitent une autorisation, un brevet et un groupe limité à huit personnes dans le cadre du règlement permanent. En zone C, les résidents des communes comprises dans l’aire bénéficient du régime prévu par le règlement, tandis que les non-résidents doivent obtenir une autorisation. Le disciplinare 2026 fixe à 30 euros l’autorisation journalière pour les plongées individuelles en zones B et C lorsque cette autorisation est requise.
Les plongées ne sont pas libres sur l’ensemble des fonds. Le texte 2026 établit treize sites pour les plongées individuelles, parmi lesquels Capo di Sorrento, Marina di Puolo, Punta Baccoli, Baia di Mitigliano, Punta Falcone, Fossa Papa, Punta Campanella, Scoglio Penna, Parete di Montalto, Scoglio Scruopolo, Punta Sant’Elia et Li Galli. Les coordonnées exactes figurent dans le règlement annuel.
Les titulaires d’une autorisation doivent déclarer la date et le site avant la plongée via l’application, puis compléter en fin de journée l’horaire, le nombre de plongeurs, la profondeur maximale, les observations d’espèces remarquables, les anomalies constatées et la présence éventuelle de déchets volumineux ou de filets fantômes.
Pour les sorties guidées, seuls les centres de plongée et associations autorisés peuvent opérer. Les sites, le nombre de participants et l’usage des bouées d’appui sont réglementés. L’amarrage du bateau support n’est permis que sur les bouées identifiées et pendant le temps strictement nécessaire à l’immersion.
Les autorisations 2026 sont personnelles, non cessibles et expirent au plus tard le 31 décembre 2026. Les demandes peuvent être adressées à l’organisme gestionnaire par son application, par courriel, par courrier électronique certifié italien ou directement à ses bureaux de Massa Lubrense. Les tarifs diffèrent selon l’activité, la résidence, la longueur du bateau et la durée.
Le barème 2026 prévoit généralement des sanctions administratives allant de 300 à 1 031,91 euros pour la pêche sans autorisation, la navigation motorisée irrégulière, l’usage d’un scooter des mers, un mouillage ou amarrage interdit et une plongée non conforme. Des sanctions supplémentaires ou pénales peuvent s’ajouter selon l’infraction, ainsi que la suspension ou la révocation d’une autorisation.
Avant d’entrer dans l’aire, il faut donc télécharger le zonage et le disciplinare de l’année, vérifier les avis de la capitainerie de Castellammare di Stabia et interroger le gestionnaire en cas de doute. À Punta Campanella, une règle valable dans une baie voisine peut changer quelques centaines de mètres plus loin.


