Pendant le Cannes Yachting Festival, cap sur Antibes et Vallauris
À Cannes, le mois de septembre commence avec un parfum de teck neuf, de sel et de grandes traversées. Le Yachting Festival réunit cette année encore plus de 700 bateaux, répartis entre le Vieux-Port et Port Canto. Voiliers, unités à moteur, équipementiers et nouveautés se découvrent du 8 au 13 septembre, dans une ville entièrement tournée vers la mer. Mais l’intérêt du rendez-vous tient aussi à sa situation : une fois les passerelles quittées, deux voisines offrent une autre lecture de la Riviera.
Antibes et Vallauris ne cherchent pas à imiter Cannes. La première assume son allure de vieille cité fortifiée devenue grand port de plaisance ; la seconde cultive une double identité, artistique sur les hauteurs et balnéaire autour de Golfe-Juan. Pour le visiteur comme pour le plaisancier, elles permettent de prolonger le salon sans rester dans son effervescence permanente.
Depuis la mer, Antibes se reconnaît immédiatement à la silhouette de ses remparts et au fort Carré. Port Vauban, l’un des grands ports de plaisance de Méditerranée, s’étend à leurs pieds. L’escale a quelque chose de rare : quelques minutes suffisent pour passer des quais au dédale du Vieil Antibes. Le marché provençal, les petites places et les façades claires donnent au centre une atmosphère vivante sans le transformer en décor figé.
Le château Grimaldi, devenu musée Picasso, rappelle le passage du peintre à Antibes en 1946. Sa terrasse ouverte sur la mer mérite à elle seule le détour. Plus au sud, le cap d’Antibes change de registre. Le sentier de Tire-Poil longe une côte rocheuse découpée, entre pins, villas cachées et eau transparente. Il faut de bonnes chaussures et renoncer si la mer est forte : certaines portions sont exposées aux embruns et peuvent être fermées lorsque les conditions se dégradent. Pour une baignade, les plages de la Salis et de la Garoupe sont les plus évidentes, mais septembre invite aussi à chercher les petites anses du cap. Le trafic est moins compact qu’en plein été, sans que la saison soit déjà terminée. C’est précisément ce juste milieu qui rend Antibes agréable pendant le salon.
De l’autre côté du cap, Golfe-Juan déroule son front de mer face aux îles de Lérins. C’est ici que Napoléon débarqua le 1er mars 1815 au retour de l’île d’Elbe, avant d’emprunter la route qui porte aujourd’hui son nom. Le port, les restaurants et les plages en font une halte facile, moins solennelle que Cannes et plus directement tournée vers les plaisirs du bord de mer.
À quelques kilomètres dans les terres, Vallauris raconte une histoire différente. La ville est associée depuis longtemps à la poterie, mais son nom reste surtout lié à Pablo Picasso, qui y vécut et travailla après la guerre. Dans l’ancienne chapelle du château, « La Guerre et la Paix » forme un ensemble monumental saisissant. Ateliers, céramiques et ruelles rappellent que la commune n’est pas seulement une extension balnéaire de la Côte d’Azur.
Cette complémentarité fonctionne particulièrement bien sur une journée : matinée au salon, déjeuner à Golfe-Juan, détour culturel à Vallauris, puis fin d’après-midi dans les ruelles d’Antibes. En bateau, les distances sont courtes, mais la prudence reste de mise autour du cap et des zones très fréquentées. Les places de port sont recherchées durant le festival : mieux vaut réserver et vérifier les consignes locales avant l’arrivée.
Sur cette partie de la Côte d’Azur, septembre reste franchement estival. Les maximales tournent généralement autour de 25 °C et les nuits autour de 19 °C ; la mer conserve souvent une température voisine de 22 °C. La baignade demeure donc très agréable, tandis que les visites se font avec une chaleur moins pesante qu’en juillet. Cette douceur ne doit pas faire oublier les épisodes orageux méditerranéens, parfois soudains et intenses à la fin de l’été. Pour une sortie en mer, la météo côtière du jour, l’état de la houle et le vent priment toujours sur les moyennes saisonnières. À terre, une veste légère suffit souvent le soir, mais un vêtement imperméable peut sauver une journée.
Venir au Cannes Yachting Festival et s’en tenir aux pontons serait manquer une partie du voyage. Antibes apporte la profondeur historique, Vallauris la création, Golfe-Juan la respiration balnéaire. À quelques encablures les unes des autres, ces étapes racontent une Côte d’Azur moins uniforme qu’elle n’en a l’air, et donnent au grand rendez-vous nautique de septembre un véritable parfum d’escale.
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