Sommarøy, l’île du bout du monde où la Norvège devient turquoise

À 1 h de Tromsø, dans le nord de la Norvège, Sommarøy offre un décor presque irréel : des plages blanches, une mer turquoise, des maisons de pêcheurs et des montagnes qui plongent dans l’Arctique. En été, le soleil de minuit étire les journées jusqu’à faire oublier l’heure. Une échappée lumineuse, maritime et sauvage, pour découvrir la Norvège autrement.

Une île arctique aux airs de lagon

Sommarøy fait partie de ces lieux qui déjouent les images toutes faites. En arrivant sur cette petite île du nord de la Norvège, on s’attend à retrouver des fjords sombres, des reliefs austères et une mer d’acier. Le décor existe bien, mais il se mêle ici à des couleurs presque inattendues : du sable blanc, une eau d’un bleu clair saisissant, des rochers posés dans les anses et des maisons colorées face au large.

Le contraste donne à l’île son charme si particulier. Sommarøy n’a rien d’une destination balnéaire classique. L’eau reste froide, l’air peut fraîchir vite, le vent rappelle la latitude. Pourtant, le paysage évoque parfois un lagon nordique, comme si les Caraïbes avaient été déplacées sous le ciel arctique. Ce décalage suffit à rendre l’endroit inoubliable. Située à l’ouest de Tromsø, au large de Kvaløya, Sommarøy signifie littéralement « île d’été ». Le nom pourrait sembler audacieux dans cette partie du monde, mais il prend tout son sens lorsque la lumière envahit le paysage. Ici, l’été ne se mesure pas à la chaleur. Il se vit dans l’éclat du ciel, la transparence de la mer et cette clarté presque permanente qui transforme chaque promenade en moment suspendu.

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Le soleil de minuit, la vraie magie de Sommarøy

En été, Sommarøy change de rythme. Pendant plusieurs semaines, le soleil ne disparaît plus vraiment derrière l’horizon. La journée s’étire, la lumière devient plus douce, puis revient sans jamais laisser place à une vraie nuit. Cette présence continue du jour donne à l’île une atmosphère très particulière, presque irréelle.

On marche tard sur les plages, on regarde la mer à minuit, on dîne face à l’océan sans voir l’obscurité tomber. Les repères habituels s’effacent. Le voyage n’est plus organisé autour de l’heure, mais autour de la lumière, de la météo et de l’envie de rester dehors.

Cette relation au temps fait partie de l’identité de Sommarøy. L’île a même été associée à l’idée symbolique d’un lieu où l’on pourrait vivre sans montre pendant l’été. Au-delà de l’anecdote, l’image dit beaucoup de l’expérience locale. À Sommarøy, le séjour invite à ralentir. Il ne s’agit pas d’enchaîner les visites, mais de s’installer dans un paysage, de le regarder changer et d’accepter que la nature impose son propre tempo.

Un climat frais, lumineux et très changeant

Sommarøy ne se découvre pas comme une destination de chaleur, même au cœur de l’été. Le climat reste celui de la Norvège arctique, influencé par la mer, le vent et les changements rapides de temps. Les températures estivales sont fraîches, souvent proches de 10 à 15 °C, avec des journées plus douces lorsque le soleil domine et des sensations nettement plus fraîches dès que le vent se lève. C’est l’un des grands paradoxes de l’île. Les plages ont des airs de paradis tropical, mais la météo rappelle très vite que l’on se trouve dans le Grand Nord. On peut passer d’un ciel lumineux à une ambiance plus grise en peu de temps, voir les montagnes disparaître sous les nuages, puis retrouver quelques minutes plus tard une mer éclatante de bleu.

Cette instabilité ne gâche pas le voyage. Elle en fait partie. À Sommarøy, la météo donne du relief au paysage. Elle modifie les couleurs, transforme les plages, accentue les contrastes et rend chaque sortie différente. Pour en profiter, mieux vaut prévoir des vêtements chauds, une veste imperméable, de bonnes chaussures et une vraie protection contre le vent. Le maillot de bain peut se glisser dans le sac, mais il faut l’envisager comme un défi nordique plus que comme une évidence.

L’hiver raconte une autre histoire. La lumière devient rare, la neige gagne les reliefs et les aurores boréales peuvent apparaître lorsque le ciel se dégage. Sommarøy perd alors ses couleurs d’été, mais gagne une intensité plus silencieuse. La destination se visite donc toute l’année, avec deux visages très différents : lumineux, maritime et presque troublant en été ; plus sombre, minéral et spectaculaire en hiver.

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Une destination taillée pour la mer

Sommarøy se regarde depuis la plage, mais elle se comprend vraiment depuis l’eau. L’île est entourée d’anses, d’îlots et de passages qui donnent au kayak de mer une place naturelle dans le séjour. Pagayer au ras de l’eau, entre les rochers et les plages claires, permet d’approcher le paysage autrement, sans bruit, avec les montagnes en arrière-plan et les oiseaux marins au-dessus du rivage. Le kayak reste toutefois une activité à aborder sérieusement. L’eau est froide, même en été, et les conditions peuvent évoluer rapidement. Les sorties encadrées sont donc particulièrement recommandées, surtout pour les voyageurs qui ne connaissent pas les eaux arctiques. Elles permettent de profiter du décor sans sous-estimer les contraintes locales.

Les sorties en bateau offrent une autre lecture de Sommarøy. Depuis la mer, l’île paraît plus isolée, plus découpée, plus liée encore à son environnement maritime. Les excursions permettent d’approcher les îlots voisins, d’observer les côtes de Kvaløya, de chercher les oiseaux marins et de mesurer la force de ce littoral où la pêche a longtemps structuré la vie quotidienne.

Cette dimension nautique donne de la profondeur au voyage. Sommarøy n’est pas seulement une île photogénique aux plages blanches. C’est un village tourné vers l’océan, un territoire où la mer reste présente dans les paysages, les activités, la cuisine et l’histoire locale. Pour les amateurs de destinations maritimes, c’est précisément ce qui rend le lieu si attachant.

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Comment se rendre à Sommarøy ?

La porte d’entrée la plus simple est Tromsø, principale ville du nord de la Norvège. Depuis la France, le trajet se fait généralement en avion avec une correspondance, souvent par Oslo selon les compagnies et les saisons. Une fois à Tromsø, Sommarøy devient facilement accessible pour une escapade de 1 ou 2 jours.

En voiture, il faut compter environ 1 h de route. Le trajet traverse Kvaløya, et il serait dommage de le considérer comme un simple transfert. La route fait déjà partie du voyage : fjords, montagnes, plages claires, prairies et villages épars composent un décor spectaculaire jusqu’à l’arrivée sur Sommarøy.

Louer une voiture reste la solution la plus souple, surtout pour s’arrêter en chemin, profiter des points de vue et explorer les environs sans contrainte. Des liaisons en bus existent également depuis Tromsø, mais elles demandent de bien vérifier les horaires, notamment selon la saison. Pour un court séjour, certains voyageurs choisissent aussi une excursion organisée depuis Tromsø, souvent avec transport inclus et activité sur place.

L’idéal reste de passer au moins une nuit sur l’île. Sommarøy se révèle vraiment lorsque les visiteurs de passage repartent, que la lumière descend sur la mer et que le soleil de minuit donne au paysage cette douceur étrange que l’on ne perçoit pas lors d’un simple aller-retour.

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Que faire sur place ?

Sommarøy n’est pas une destination où l’on remplit ses journées de visites classiques. Son intérêt vient d’abord de la nature et de la manière dont elle impose son rythme. On marche sur les plages, on suit les petites routes côtières, on grimpe sur les hauteurs pour admirer les îlots, on s’arrête face à la mer sans chercher à faire davantage. Les voyageurs actifs peuvent alterner randonnée, kayak, sortie en bateau ou expérience nordique autour du sauna et du bain en mer. Cette dernière activité prend ici une saveur particulière. Après le vent, l’eau froide et les longues heures dehors, le contraste entre chaleur du sauna et fraîcheur de l’océan résume assez bien l’esprit du lieu.

La table prolonge naturellement cette relation à la mer. Les produits locaux, les poissons, les saveurs nordiques et les repas pris face au paysage participent à l’expérience. Sommarøy n’a pas besoin d’une grande mise en scène touristique. Le décor, la lumière et la proximité constante de l’océan suffisent à créer le souvenir.

Une île pour voir la Norvège autrement

Sommarøy séduit parce qu’elle ne ressemble pas à l’idée que l’on se fait spontanément du Grand Nord. Elle garde les montagnes, les fjords, le vent et la fraîcheur, mais elle y ajoute des plages blanches, une mer turquoise et une lumière d’été presque irréelle. Le résultat est à la fois dépaysant, accessible et profondément maritime.

On ne vient pas ici pour chercher la chaleur, mais pour vivre une autre forme d’été. Un été fait de ciel clair, de sable froid, de kayak, de vent salé et de soleil qui refuse de disparaître. Sommarøy ne promet pas le confort prévisible d’une destination balnéaire. Elle offre mieux : une parenthèse arctique lumineuse, étrange et magnifique, où la Norvège prend soudain des airs de mirage bleu.

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Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - STUEDAL

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Nathalie Moreau
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Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.