Francis Le Goff : « J'ai adoré cette étape ! »

Courses
Jeudi 17 septembre 2020 à 16h35

Francis Le Goff, Directeur de course de La Solitaire du Figaro ©Adrien François

Francis Le Goff est directeur de course sur La Solitaire du Figaro pour la 5e année consécutive, après avoir été 5 ans durant l’assistant du précédent directeur Gilles Chiorri. Il a une idée très arrêtée de la philosophie, de l’héritage de l’épreuve, dans le plus grand respect de l’équité sportive. Sa responsabilité s’étend à définir les parcours, leur longueur, leur difficulté. Pour cette 51e édition, la crise sanitaire a empêché les habituelles pérégrinations vers l’Angleterre, l’Espagne ou l’Irlande. Au final, trois longues étapes Françaises et une plus courte, qui ont comblé les solitaires, dont une troisième manche qui a ravi Francis, de par ses innombrables rebondissements, et la qualité de tous les participants à perpétuellement se remettre en question et à rebondir.

Une étape de tous les rebondissements !

« On a connu une superbe troisième étape. Peu de vent, 25 nœuds maximum, et une météo totalement imprévisible.  J’ai tout aimé dans cette étape. Le jeu était contraint au départ à cause du Dispositif de Séparation du Trafic du Pas-de-Calais. Cela a permis à de nombreux coureurs de montrer leur belle maitrise du bateau. Puis le jeu s’est ouvert après Dieppe. C’était bien. J’ai adoré. Les coureurs ont beaucoup tenté, se sont adaptés au parcours, aux conditions de mer et de vent tellement changeantes. Le spectacle et le suspens étaient omniprésents, en Baie de Seine, au franchissement de Barfleur et de La Hague, en Bretagne Nord, et avec cette dernière journée passionnante et imprévisible. Au final, c’est le denier coup inattendu qui a payé! »

« Les formats de quatre jours, avec des périodes de récupération de 3 jours me semblent intéressants, car ils contraignent les navigateurs à réellement gérer leur fatigue, leur sommeil et leur récupération, plus que sur un format plus court de deux jours. On est parti cette année, dès la première étape, sur le Fastnet, une étape difficile et longue, bien dans la philosophie de la course. Trois jours à terre, quatre jours en mer, c’est la formule gagnante à mon sens, qui respecte l’histoire de la course. C’est propice au jeu, au suspens. On l’a vu lors de cette troisième étape entre Dunkerque et Saint-Nazaire… »

Jeunes et anciens, tous impressionnants

« J’ai été très impressionné par Kevin Bloch (Team Vendée Formation). Quelle fraicheur, quel enthousiasme. Il est resté connecté en permanence. Il a une relation avec la Direction de course très claire, comme s’il était là depuis des décennies alors qu’il découvre tout. Il ne prend pas les choses au dramatique. Parmi les marins plus accomplis, Sam Goodchild (Leyton) a été très fort. Les anciens, que je côtoie depuis longtemps, sont impressionnants ! Je demeure admiratif de Yann Eliès (Quéguiner Matériaux - Leucémie Espoir) et d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire). Ils ont une incroyable capacité à remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. Ils ne prennent rien pour acquis, abordent l’épreuve avec discrétion et humilité comme s’ils démarraient dans la carrière ! Armel est d’une discrétion et d’un professionnalisme exceptionnels sur l’eau. Il m’épate. Yann revient sur La Solitaire un peu sur le tard, et il était à un moment en condition de l’emporter. Elodie Bonafous (Bretagne CMB Océane) a aussi été épatante. C’est elle qui remet Marc Mallaret (CER Occitanie) en selle en l’encourageant à poursuivre quand il était moralement au plus bas. J’adore cette attitude. Il s’est passé des choses en permanence, chaque coureur me surprend par des prises de décisions étonnantes. »

Et ces algues…

« Une étape aussi marquée par les algues. Il y en avait des champs entiers ! On aurait dit les sargasses. Ce doit être la période de l’année, avec les grandes marées. Il y en avait partout, des Sept Iles jusqu’à Penmarc’h, les Glénan. La nuit, elles sont invisibles et les marins sentent physiquement que le bateau monte sur du solide ! Les algues se mettent partout, quille, safrans. Le ralentissement est radical. J’ai ainsi reçu des centaines d’appels des coureurs pour m’avertir qu’ils allaient mettre en marche arrière pour se dégager. C’est un dispositif que nous avons mis en place avec la Classe Figaro Bénéteau et Christian Ponthieu, son directeur technique, pour éviter d’avoir comme l’an passé 87 plongées sous le bateau. La place des marins solitaires est sur leur bateau, pas à côté. On a un système de débrayage en marche arrière. Il leur suffit de le déclarer à la direction de course. »

Une vraie incertitude sur le classement final

« La quatrième étape, dont le parcours reste à définir tant la météo est incertaine et les contraintes de temps importantes à cause du programme à terre de l’épreuve et les problématiques des écluses, revêt beaucoup d’incertitudes quant au classement final. Armel n’a que 10 minutes d’avance. Fred Duthil (Technique Voile / Cabinet Bourhis Generali) connait bien les parages, et la météo, conjuguée aux fortes marées, donc aux puissants courants à anticiper, peut provoquer des écarts importants. Rien n’est donc joué après 1 500 milles de course ! »

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.