Isabelle Joschke (MACSF) a accosté à Salvador de Bahia

Courses
Mardi 26 janvier 2021 à 14h38

©MACSF

Depuis l’arrivée d’Isabelle Joschke à Salvador de Bahia, au Nord Est du Brésil, ce dimanche 24 janvier à 17h (heure locale), l’équipe technique MACSF est au travail pour évaluer les dégâts et effectuer au plus vite les réparations possibles à bord de son IMOCA.

Émue par son retour à la vie de terrienne, Isabelle Joschke pose, avec quelques jours de recul et de repos supplémentaires, un regard positif sur ce qu’elle a réalisé et vécu. Elle projette même de reprendre la mer pour boucler la dernière étape de cette aventure majuscule, si une nouvelle traversée est envisageable pour rejoindre Les Sables d’Olonne.

« J’appréhendais un peu le retour à terre dans l’absolu, mais pas trop l’arrivée en elle-même. En rentrant dans la baie, j’ai pris conscience que toute cette histoire touchait à sa fin car j’allais toucher la terre pour la première fois depuis près de 80 jours. Un super comité d’accueil m’attendait (trois membres de l’équipe technique, le team manager Alain Gautier et le directeur de la communication de la MACSF). J’étais très émue car c’est aussi un port que j’adore. Salvador est un endroit où j’ai beaucoup de souvenirs très forts : j’y ai vécu l’arrivée de ma première et de ma deuxième Mini Transat, j’y suis revenue pour la Transat Jacques Vabre. Arriver ici me donne toujours le sentiment d’avoir accompli quelque chose. »

Premier à monter à bord, Alain Gautier, le team manager, a même plongé sous la coque pour examiner la quille.

« Dimanche, une fois MACSF amarré, on a rangé les voiles. Hier lundi tout le monde était sur le pont très tôt pour débuter le diagnostic, évaluer ce qui est réparable et ce qui ne l’est pas. Cela va prendre un peu de temps. Les garçons ont commencé à démonter des pièces et ils vont rapidement prendre contact avec des entreprises locales qui vont les usiner afin de pouvoir réaliser les travaux nécessaires. Voir mon bateau de loin crée un sentiment étrange. J’étais dessus durant deux mois et demi, c’était mon compagnon, mon petit cocon au milieu des océans. J’étais contente de le retrouver lundi matin. J’avoue que j’ai eu un peu de mal à le quitter ».

Corbeille de fruits exotiques et première nuit compliquée

A quoi peut bien rêver un marin après 77 jours de mer, des semaines de privations et un quotidien dans un environnement dénué de confort ? Pour Isabelle Joschke, les premières heures à terre ont été gourmandes et simples.

« Avant même de poser le pied sur le sol, j’ai été accueillie avec un énorme panier de fruits exotiques frais (coco, mangue, jus d’orange…) offert par un petit comité d’accueil local. Je me suis régalée de ce dont je rêvais depuis plusieurs jours. En rentrant à l’hôtel j’ai pris une douche et enfilé pour la première fois depuis des semaines des vêtements de citadin. Ensuite on a été partager un bon repas brésilien avec mon équipe. J’ai passé une très bonne soirée. En revanche, la nuit a été plus difficile… Je crois que je suis programmée pour dormir une heure puis me réveiller et ainsi de suite. Je n’ai plus l’habitude non plus de dormir sur un sol qui ne bouge pas. J’ai besoin d’être bercée ! ».

La déception est digérée, Isabelle a engrangé de la confiance

Les 15 jours qui ont suivi l’annonce officielle de son abandon ont servi de transition et permis à Isabelle Joschke de réfléchir à tête reposée à tout ce qu’elle avait vécu et accompli sur ce Vendée Globe. Sa perception des événements en est changée…

« Je voulais prendre le temps de regarder mon Vendée Globe de l’extérieur. Ce n’est jamais vraiment facile tant la course est prenante, on est collé dedans. J’ai eu besoin de me reposer, de retrouver mes esprits et du calme pour poser un regard sur tout ce qui s‘est passé. Je pense que ce n’est pas fini et que ce travail va durer encore un moment. C’est assez énorme un tour du monde en réalité. C’est riche en découvertes, en apprentissage et en émotions.

J’ai appris à me faire confiance dans les situations délicates pour trouver des solutions, soutenue par mon équipe, à trouver les ressources nécessaires pour régler un problème… Au fur et à mesure que la course avançait j’avais l’impression que je mettais moins de temps à rebondir. Si je devais résumer, je me sens plus forte. La déception est encore un peu présente. Cela me fait un peu mal au cœur de voir cette bataille de loin pour la victoire et de me dire que je n’en fais pas partie. Et en même temps je suis parvenue à passer à autre chose car mon histoire est belle. J’ai la chance d’avoir une équipe d’enfer. Avec notre sponsor on a porté un super projet. Je ne peux pas regarder cela en faisant la grimace. Je n’en ai pas le droit ».

Les Sables en ligne de mire

Isabelle Joschke n’en a peut-être pas complètement fini avec son tour du globe. La navigatrice est prête à reprendre la mer pour ramener MACSF aux Sables d’Olonne, si les réparations sont possibles.

« Je suis persuadée que l’on va pouvoir réparer. Mon objectif est de me tenir prête à repartir en direction des Sables d’Olonne pour boucler la boucle et terminer cette si belle histoire là où elle a démarré. »

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.