Partis hier à 13 heures pour la première étape de la 10e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables, les 71 solitaires en lice ont, comme prévu, connu un début de course tranquille, avec un vent de nord-ouest soufflant péniblement entre 3 et 7 nœuds. C’est ainsi en rangs serrés qu’ils ont englouti les premiers milles avant de commencer à tirer des bords au près en milieu de nuit, lorsque le vent s’est orienté au sud-ouest. Dès lors, de légers écarts se sont naturellement créés au sein de la flotte mais c’est véritablement la nuit prochaine que le peloton devrait commencer à s’éclater. En cause : le passage d’un front qui devrait générer jusqu’à 30-35 nœuds en rafales… et permettre à certains de faire un premier vrai break.
D’abord propulsés par un léger flux de nord-ouest avant de récupérer un tout aussi léger vent de sud-est aux alentours de 2 heures la nuit dernière, les 71 solitaires de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont progressé au ralenti, depuis leur départ de la baie des Sables d’Olonne, hier après-midi. Tant et si bien que les uns et les autres ont à peine avalé 100 milles lors de ces premières 24 heures de course. Dans ce contexte, peu ou pas d’écarts au sein de la flotte qui reste relativement compacte, ce samedi, même si quelques marins, à l’image de Louis Boucasse (964 – AJD Diabète), Loïc Guyader (1055 – Kirby) ou Thiemo Huuk (1003 – Europe), ont choisi de se décaler légèrement au sud. « Pas ou peu d’écart non plus entre les Proto et les Série », constate Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve qui s’attend néanmoins à voir la situation évoluer rapidement dans les heures qui viennent. Et pour cause, en fin de journée et la nuit prochaine, un front va balayer le golfe de Gascogne et générer un vent de 27-28 nœuds avec des rafales à 30-35. « Ça va partir par devant. Les premiers vont toucher le vent avant les autres. De plus, ils vont se faire secouer un peu moins longtemps que les retardataires », assure le spécialiste.
Une nuit qui s’annonce tonique
Le changement de rythme est attendu entre 16 et 18 heures et il va sans dire que les marins les plus expérimentés auront forcément l’avantage dans ce type de conditions. Des conditions qui, à peine 30 heures après le départ, risquent, par ailleurs, de brasser les estomacs les plus fragiles et de mettre un peu à l’épreuve les skippers qui n’ont, logiquement, pas encore eu le temps de s’amariner. Bonne nouvelle cependant, tous devraient échapper à la petite cellule orageuse située à proximité de l’Espagne puis retrouver, dès demain, des vents bien plus faibles. « Ce dimanche, le vent de nord-ouest va, par moments, peiner à dépasser les 4-5 nœuds. Il va ensuite progressivement tourner au nord à l’approche du cap Finisterre », annonce Christian Dumard dont les derniers routages laissent envisager le débordement du fameux promontoire ibérique très tôt lundi matin pour les leaders. Il y a toutefois fort à parier que ces derniers ne se projettent pas encore si loin. Comme les autres, ils vont en effet déjà devoir réussir à passer sans encombre la nuit à venir qui s’annonce tonique, conscients que si c’est un moment où ils sont susceptibles de prendre la poudre d’escampette, c’est également un moment où ils peuvent casser du matériel et changer la morphologie de leur course. Course qui ne fait que commencer !
A noter : Thomas Hamparian (975 – Aelig – Bee Engineering), qui avait été contraint de faire un retour à Port Olona afin de remplacer le vérin de son pilote automatique peu avant le coup d’envoi de l’étape hier, est parvenu à changer la pièce défectueuse rapidement et a ainsi pu débuter sa course avec un retard de moins de trois heures sur ses concurrents. De leur côté, Arthur Peugeot (896 – OMS – AMIPI) et Matéo Le Clavic (982 – April Marine), confrontés à des problèmes similaires, ont indiqué évoluer sous pilote de spare depuis ce matin.
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