
En Martinique, la lutte contre les sargasses ne se joue plus uniquement à terre. Face à des échouages de plus en plus massifs et récurrents, les marins pêcheurs se retrouvent en première ligne, mobilisés directement en mer pour tenter d’intercepter les nappes d’algues avant qu’elles n’atteignent le littoral.
Au large du Le François et du Le Robert, plusieurs opérations de ramassage ont été menées ces derniers jours. L’objectif est clair : limiter l’impact environnemental, sanitaire et économique de ces algues brunes qui s’accumulent dans les baies et les anses, au plus près des zones habitées.
Des pêcheurs en première ligne sur un front inédit
Habituellement tournés vers la pêche côtière, ces professionnels de la mer ont dû adapter leur activité. À bord de leurs embarcations, ils participent au repérage, à l’encadrement et au ramassage des bancs de sargasses flottants, une tâche complexe rendue difficile par les courants, le vent et la dispersion rapide des algues.
Cette intervention en mer est stratégique. Une fois échouées, les sargasses deviennent bien plus difficiles à traiter et génèrent des émanations de gaz toxiques, notamment du sulfure d’hydrogène, avec des conséquences directes sur la santé des riverains et des travailleurs exposés.
Au-delà de la gêne visuelle et olfactive, les sargasses perturbent profondément les écosystèmes marins. En se décomposant, elles appauvrissent l’oxygène de l’eau, affectent la faune et compliquent l’accès aux zones de pêche traditionnelles. Pour les marins, cette situation représente aussi une menace directe sur leur activité économique, déjà fragilisée. Les opérations en mer, soutenues par les collectivités et l’État, visent donc à agir en amont. Mais leur efficacité reste conditionnée aux moyens disponibles et à la rapidité d’intervention, face à un phénomène d’ampleur régionale qui dépasse largement les frontières de la Martinique.
Une réponse locale à un problème global
Les scientifiques s’accordent à dire que les échouages massifs de sargasses trouvent leur origine dans des déséquilibres environnementaux à grande échelle, liés notamment au réchauffement climatique et aux apports nutritifs excessifs dans l’Atlantique tropical. En attendant des solutions durables à l’échelle internationale, les pêcheurs martiniquais continuent d’assurer un rôle clé, devenant acteurs d’une lutte environnementale qui s’impose désormais comme un enjeu majeur pour les territoires caribéens.
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