
Un an après sa livraison, le navire multifonctions Qui qu’en Grogne intègre définitivement la flotte du port de Rouen. HAROPA PORT a levé l’option d’achat en novembre dernier, actant un investissement de plus de 11 M€ pour renforcer les capacités d’exploitation et de dragage sur la Seine.
Présenté comme un véritable « couteau suisse portuaire » par Philippe Aujoulet, chef du Pôle Exploitation Dragages, le bâtiment remplace la bigue Brotonne, arrivée en fin de vie opérationnelle. Construit aux Pays-Bas par Neptune Marine, le navire affiche 27 m de long pour 13 m de large et a été conçu pour enchaîner les missions sans reconfiguration technique, un atout décisif pour la réactivité des équipes.
Un outil central pour la navigabilité de la Seine
Sa vocation : niveler, lever, intervenir. Sur le chenal de la Seine, long de 120 km entre Honfleur et Rouen, les sédiments s’accumulent sous l’effet des marées et des courants fluviaux. Pour maintenir les profondeurs nécessaires aux navires à fort tirant d’eau, le dragage est permanent.
Le Qui qu’en Grogne intervient en complément des dragues aspiratrices Jean Ango et Daniel Laval. Il peut réaliser un nivelage mécanique grâce à une barre de 12 m positionnée au fond du chenal, ou opérer par injection d’eau pour un travail plus précis sur les sédiments fins. Les deux procédés peuvent même être combinés, avec un contrôle en temps réel via les équipements de sondage embarqués.
Côté levage, le navire est équipé de deux grues – jusqu’à 25 t à l’avant – et d’un treuil avant d’une capacité de 100 t. De quoi relever blocs de béton, anciens ouvrages ou bois flottés susceptibles de compromettre la sécurité de la navigation.
Performance opérationnelle et transition écologique
Au-delà de la polyvalence, l’unité se distingue par sa motorisation de dernière génération, réduisant sensiblement les émissions de particules fines et la consommation de carburant. À terme, l’utilisation de biocarburant est prévue, en cohérence avec les objectifs de transition écologique portés par HAROPA PORT.
Son pont de 170 m² peut supporter 8,5 t par m², et le navire est habilité à travailler en mer sous conditions météorologiques favorables, notamment dans l’estuaire de la Seine. Une capacité d’emport et une robustesse qui élargissent son champ d’action.
Un navire moderne, un nom chargé d’histoire
Armé par un équipage de 7 marins sous le commandement du capitaine principal Anthony Nasset, le bâtiment offre des conditions de travail modernisées, avec un confort accru et un niveau sonore réduit.
Son nom, hérité du cri de guerre des marins corsaires – « que vienne m’affronter celui que cela dérange » – sera prochainement officialisé lors d’une cérémonie de baptême. Un clin d’œil à l’histoire maritime pour un outil résolument tourné vers l’efficacité opérationnelle.
Avec cette acquisition, HAROPA PORT confirme sa stratégie : sécuriser et optimiser durablement la navigabilité de l’axe Seine, tout en modernisant ses moyens nautiques pour répondre aux exigences logistiques et environnementales d’un grand port nord-européen.
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