L'évolution mystérieuse de la banquise de l'Antarctique ces dernières années s'explique par un contact avec les eaux chaudes des profondeurs de l'océan, après l'affaiblissement de la couche d'eau froide qui la protégeait, selon une étude publiée mercredi.
Alors que la banquise de l'Arctique décline régulièrement, celle de l'Antarctique se comporte totalement différemment: elle s'est étendue graduellement pendant plusieurs décennies avant de connaître un rapide déclin fin 2015 et de fortes fluctuations annuelles depuis. Une équipe internationale de chercheurs, qui publie dans la revue Nature Climate Change, a essayé de comprendre ce qui s'est passé ces dernières années. "Une couche protectrice d'eau froide sous la banquise de l'Antarctique empêchait l'eau plus chaude en profondeur de remonter et de faire fondre la glace par en-dessous", explique Theo Spira, de l'université de Göteborg (Suède), auteur principal de l'étude. "Mais au cours de l'hiver 2015, les tempêtes ont été inhabituellement fortes dans l'Océan austral, réduisant l'effet de la couche protectrice d'eau froide", ajoute-t-il.
Normalement, les masses d'eau de salinité ou de température différentes ne se mélangent pas facilement, un phénomène appelé stratification de l'océan. Mais la couche d'eau froide qui protège la banquise a été progressivement réduite entre 2005 et 2015 avec le réchauffement de l'océan en profondeur, permettant à l'eau plus chaude d'approcher la surface.
"Les tempêtes de 2015 ont remué l'océan et l'eau plus chaude s'est mélangée avec la couche d'eau froide, faisant disparaître la protection de la glace, qui a fondu à vitesse record", souligne Theo Spira. Cette année-là, des vents anormalement violents avaient balayé le continent blanc.
Les auteurs soulignent l'importance de comprendre ces évolutions car la banquise de l'Antarctique joue un rôle "critique" pour la planète, aussi bien pour le climat mondial que pour sa capacité à réfléchir l'énergie solaire (effet albédo), les courants océaniques ou les écosystèmes locaux.
Antarctique: la banquise victime de l'affaiblissement d'un bouclier d'eau froide, selon une étude
Par Le Figaro Nautisme / AFP
vous recommande