Troisième édition du Trophée Banque Populaire Grand Ouest : un carrefour de talents

Par Le Figaro Nautisme

© Alexis Courcoux

Du 15 au 25 avril prochains, à Concarneau, la troisième édition du Trophée Banque Populaire Grand Ouest s’annonce comme l’un des grands temps forts de ce début de saison en Figaro Beneteau 3. Près de 30 bateaux et une soixantaine de marins s’apprêtent à en découdre sur un format exigeant, où la régate au contact se mêle au fort engagement du large. Mais au-delà du simple affrontement sportif, c’est un véritable kaléidoscope de profils qui se dessine : jeunes talents affûtés, figures incontournables de la course au large, marins en quête de progression ou de transmission… Un plateau dense, relevé et surtout d’une rare richesse humaine, où les générations se croisent, s’influencent et s’élèvent mutuellement.

 

Des « Vendée Globeurs » en tête d’affiche

Difficile, d’abord, de ne pas regarder du côté des marins revenus du dernier Vendée Globe, qui apportent avec eux leur vécu et leur stature. Yoann Richomme (Paprec), brillant deuxième du tour du monde et double vainqueur de la Solitaire du Figaro, formera avec Martin Le Pape un duo particulièrement attendu. Jérémie Beyou (Beyou Racing), quatrième et triple vainqueur de la Solitaire, sera lui aussi de la partie, associé à Paul Morvan, récent vainqueur de la Solo Guy Cotten. Nicolas Lunven (PRB), sixième du Vendée Globe et double lauréat, lui aussi, de la fameuse Solitaire en Figaro Beneteau 2, fera quant à lui équipe avec Tom Goron. Enfin, Pip Hare sera associée à Ellie Driver pour un équipage 100% britannique.

Mais derrière ces têtes d’affiche, la hiérarchie reste tout sauf figée. Car si ces marins cumulent les milles et les succès, tous ne sont pas des spécialistes du support dans sa version actuelle. « Je me considère encore comme un bizuth sur le Figaro Beneteau 3. Et pour cause, jusqu’alors je n’ai disputé qu’une seule course en solo à bord », reconnaît Nicolas Lunven, lucide. « C’est un monotype exigeant, pas si simple à faire avancer. Aujourd’hui, je suis encore très concentré sur sa marche. » D’où son choix assumé de s’entourer d’un profil comme Tom Goron : « Il a déjà montré qu’il comprenait très bien le fonctionnement du bateau et qu’il savait le faire avancer vite. »

Une inversion des rôles presque savoureuse, où l’expérience du large vient chercher la précision et la fraîcheur du circuit. Autrement dit, ici, le Jedi vient aussi chercher un peu de science chez le jeune padawan.

© Alexis Courcoux

Mentorats et transmission à tous les étages

Car c’est bien l’un des fils rouges de cette édition : la transmission. Rarement les binômes auront autant ressemblé à des duos mentor–apprenti. À commencer par celui formé par Marie Gendron et Frédéric Duthil (Kereis SNCF Voyageurs), construit dans la durée depuis l’automne. Fort d’une immense expérience (14 participations à la Solitaire du Figaro, dont quatre podiums), le Costarmoricain incarne pleinement ce rôle de passeur. « Je cherchais vraiment quelqu’un qui ait envie de transmettre », explique la jeune navigatrice. « Fred coche toutes les cases : il connaît parfaitement le bateau et il a un feeling incroyable. Tout ce qu’il touche va vite… » Elle le dit avec un sourire, presque comme on parlerait d’un vieux sage du circuit, même si l’intéressé apprécierait sans doute modérément le costume de dinosaure. Peu importe : l’idée est là. Lui est dans la transmission, elle, dans l’absorption accélérée. Et la greffe prend.

Même logique du côté de Tiphaine Ragueneau (Orcom) et Pierre Leboucher, tout juste auréolé d’un succès sur le Trophée Jules Verne, qui ont pu créer du lien en amont malgré un début de saison contrarié par la blessure de Tiphaine à la main. Ou encore chez Paul Cousin (Région Normandie), associé à Alexis Loison, vainqueur de la dernière Solitaire du Figaro Paprec, dans un duo mêlant ambition et expérience. Premier bizuth de la première épreuve de la saison, il confirme sa montée en puissance au contact des meilleurs.

Chez Paul Morvan, le scénario a pris un tour inattendu. Initialement engagé aux côtés de Romain Bouillard, le jeune Finistérien a dû composer avec le forfait de ce dernier, victime d’une blessure aux ligaments croisés du genou qui l’éloigne des pontons pour un temps. Il a finalement trouvé en Jérémie Beyou un équipier de choix. « C’est une opportunité énorme », confie-t-il. « On devrait être très complémentaires, lui avec toute son expérience et sa lecture du plan d’eau, moi sur la vitesse. » Le jeune Finistérien continue de franchir les étapes, dans une dynamique familiale discrète mais bien réelle : son frère Gaston (Morvan) sera lui aussi au départ, associé à Benjamin Ferré. Ce dernier, passé par le Mini 6.50 avant de relever le défi du Vendée Globe en IMOCA dans une approche très tournée vers l’aventure, aborde aujourd’hui ce circuit avec une intention différente : progresser en performance pure. « Après le tour du monde, j’avais envie de gagner en efficacité en bateau. Et pour ça, le Figaro Beneteau 3 est un passage logique », explique-t-il. Avec son acolyte, il a trouvé le bon professeur. « Aux entraînements, il m’a tout de suite fait enchaîner les manœuvres, sans vraiment me laisser souffler, et c’est exactement ce que je venais chercher. »

 

Un équilibre des forces plus ouvert que jamais

Ce qui frappe, au fil de la liste des engagés, c’est l’équilibre des forces. Dans un plateau aussi ouvert, de nombreuses associations pourraient en effet tirer leur épingle du jeu. Tom Dolan et Gildas Mahé (Kingspan), complices et expérimentés, feront assurément partie des tandems à surveiller. Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Banque Populaire), parfaitement aguerris sur le support, auront eux aussi des atouts solides à avancer. Hugo Dhallenne et Chloé Le Bars (Skipper MACIF), Lola Billy et Thomas André (Région Bretagne – CMB Océane), Paul Loiseau et Victor Le Pape (Région Bretagne – Espoir), Pierrick Letouzé et Jules Ducelier (Normandy Offshore Program), ou encore Thomas de Dinechin (Almond for Pure Ocean) associé à l’Italien Ambrogio Beccaria, redoutable compétiteur même s’il apprivoise encore les subtilités du Figaro Beneteau 3, incarnent cette nouvelle vague capable de jouer aux avant-postes. La paire Tiphaine Rideau - Pierre Le Roy (Habitat et Humanisme) sera également à suivre de près. Sa complémentarité pourrait faire la différence, notamment grâce à l’expertise météorologique particulièrement pointue du Lillois, un levier clé dans un exercice où, avec quinze îles à parer, la lecture des conditions et les choix stratégiques pèsent forcément lourd.

Dans ce contexte, difficile de dégager une hiérarchie nette. D’autant que la jeune génération n’a plus aucun complexe. La récente Solo Guy Cotten l’a encore démontré : elle sait rivaliser, et même bousculer les plus expérimentés, au point de venir sérieusement chatouiller, voire ébranler l’ordre établi. « Ça fait plaisir de voir que les anciens comptent aussi sur nous », glisse Paul Morvan. « Et nous aussi, on a des choses à leur apporter. »

Bref, à Concarneau, il y aura des cadors, des rookies, des passeurs de savoir, des marins revenus du cap Horn et d’autres encore en plein apprentissage. Un joyeux désordre, au meilleur sens du terme. Et dans cet embouteillage de talents, une certitude : la bagarre s’annonce aussi ouverte que spectaculaire.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.