
Après deux années de montée en puissance, Anne-Claire Le Berre s’attaque à son plus grand défi : la navigation en solitaire en Ocean Fifty avec la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en ligne de mire. Entre évolutions techniques, programme sportif structuré et arrivée de Yann Eliès en partenaire d’entraînement et au sein de la cellule de routage météo, le projet poursuit sa dynamique engagée depuis 2024.
Un projet qui gagne en maturité
Deux ans après son lancement, UpWind by MerConcept atteint un nouveau stade de développement. L’expérience accumulée, notamment lors de la Transat Café L’or, a permis de structurer le collectif et d’engranger de l’expérience. Après deux saisons consacrées à apprivoiser le bateau et à construire les bases du projet en équipage, le cap du solitaire est désormais clairement assumé : « Ces deux années ont été très riches et la Transat Café L’Or a été un réel tremplin pour toute l’équipe. Cette année 2026 marque le point d’orgue du projet : amener une navigatrice sur une transatlantique en solitaire en multicoque », explique Louis Giard, team manager du projet.
Un chantier pensé pour le solitaire
En complément des révisions habituelles et de l’entretien régulier, le chantier de cet hiver fut une étape clé dans la préparation au solitaire de l’Ocean Fifty UpWind by MerConcept, un support exigeant, où chaque mouvement compte. « Le fil rouge a vraiment été l’ergonomie », précise Louis Giard. « En solitaire, tout doit être accessible rapidement pour être le plus réactif possible. » Le cockpit a ainsi été entièrement vérifié et optimisé : tout a été pensé pour limiter les déplacements et gagner en efficacité. En complément, l’équipe entre dans une phase de test d’un nouveau siège de veille, moulé à la morphologie d’Anne-Claire Le Berre, lui permettant de barrer, se reposer et surveiller les données de navigation simultanément. Enfin, des protections supplémentaires ont aussi été ajoutées pour fermer davantage le cockpit et améliorer les conditions à bord. « Ces petites modifications changent vraiment la navigation. Être mieux protégée permet de rester lucide plus longtemps, et c’est essentiel en solitaire », souligne la skipper.

Apprendre le solo, étape par étape
La transition vers le solitaire est abordée avec méthode au sein du projet d’UpWind by MerConcept. Après plusieurs navigations en équipage et en “faux solo”, Anne-Claire Le Berre a récemment franchi un cap avec sa première nuit seule au large de la Bretagne. « Je ne cherchais pas la performance, mais à construire des repères et cette première navigation en solitaire s’est très bien déroulée. Les conditions étaient intéressantes, avec un peu de vent, ce qui m’a permis de sortir d’une simple navigation de promenade.C’était une étape importante, notamment sur le plan psychologique. Naviguer seule pour la première fois demande de la confiance, mais tout s’est passé sereinement. Cette expérience valide clairement ma préparation, permet d’acquérir des automatismes et de me sentir prête pour la suite. Je suis très heureuse d’avoir franchi ce cap. »
La progression est volontairement graduelle, chaque sortie étant pensée comme un exercice. La prochaine étape sera donc un convoyage en faux solo entre Concarneau et Cascais à partir du 7 avril. Un parcours stratégique, sur le terrain de jeu des premiers jours de course de la Route du Rhum : sortie de Bretagne, traversée du golfe de Gascogne et passage du cap Finisterre.
« Cela reproduit certaines situations que je rencontrerai sur la course et c’est une excellente manière de prendre quelques repères. L’équipage prendra ensuite le relais à Cascais pour la fin du convoyage vers Ste Maxime. Les deux premières épreuves de la saison, entre Ste Maxime et Ajaccio, seront l’occasion de retrouver la concurrence dans les superbes conditions que nous offre généralement la Méditerranée, avec la brigade internationale de filles* d’UpWind by MerConcept. » Après ces deux épreuves, le retour vers la Bretagne marquera un recentrage sur le solitaire, avec un objectif clair : la qualification à la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. « L’idée est de refaire ce parcours en sens inverse. L’équipe amènera le bateau à Cascais, puis je partirai seule pour une qualification de 1 200 milles nautiques entre Cascais et Concarneau. » détaille Anne-Claire.
L’apport structurant de Yann Eliès
Le projet franchit également un cap avec l’arrivée de Yann Eliès, dont le rôle s’articule à la fois sur l’eau et à terre. « Je cherchais quelqu’un de complet, capable de naviguer en Ocean Fifty, de connaître le bateau, mais aussi de m’accompagner sur le routage », explique Anne-Claire Le Berre. Leur première navigation commune, dans des conditions engagées, a permis de poser des bases solides. « J’ai découvert une navigatrice déterminée, avec une vision claire. Mais sur ces bateaux, la confiance est essentielle. C’est un travail de fond », souligne Yann Eliès, qui intégrera également la cellule de routage pour la Route du Rhum, apportant son expertise dans l’analyse météo et la prise de décision stratégique.
vous recommande