
Paul Morvan s’active depuis son arrivée à Perros-Guirec, mercredi 13 mai, avec l’ensemble de la flotte de La Solitaire du Figaro Paprec : derniers préparatifs sur le Figaro Foricher-French Touch, rendez-vous media, briefing météo et repos. Il faudra en effet être frais et bien préparé demain pour le départ de la première étape. Coup de canon à 10h30 pour 610 milles en direction des côtes sud de l’Angleterre et le phare de Wolf Rock, avant de plonger vers le golfe de Gascogne pour rejoindre Vigo, sans doute jeudi soir. Au menu : du près, des courants, un front et son lot d’incertitudes, et une arrivée en Espagne toujours piégeuse…
Entrer tout de suite dans le vif du sujet
« Pas le temps de s’amariner, cette première étape va déjà être un sacré morceau de La Solitaire du Figaro Paprec. Sur le papier, elle paraît relativement simple mais en s’y penchant plus précisément, on s’aperçoit qu’elle comporte son lot de difficultés. Nous quitterons Perros-Guirec demain à 10h30 dans des conditions plutôt maniables, mais il faudra tout de suite être très attentif aux courants qui sont légion dans la zone.
Ensuite plus de 70% de l’étape se déroulera au près. Nous rejoindrons les côtes sud anglaises à cette allure et devrions atteindre Wolf Rock dimanche soir. Il faudra également gérer le passage d’un front dans la nuit de lundi à mardi, ne pas rater de coups tactiques entre les passages de grains, les nuages et les bascules de vent.
Nous serons à nouveau au près pour traverser le golfe de Gascogne et rejoindre les côtes espagnoles, mais c’est une allure propice à la bonne gestion du bateau et du marins. On peut plutôt bien dormir, bien manger. Ce sera très important pour la suite de l’étape. »
Une arrivée incertaine
« L’atterrissage en Espagne est souvent très incertain en raison des reliefs sur la pointe de la Corogne. Il faut arriver dans de bonnes conditions car il peut s’y passer beaucoup de choses, allant même jusqu’à un regroupement de la flotte et un nouveau départ comme en 2025. Le directeur de course, Yann Chateau, a d’ailleurs ajouté une porte pour faire un classement si la météo devient trop aléatoire pour rejoindre Vigo en toute équité sportive.
De mon côté, je me suis beaucoup penché sur ce sujet cet hiver avec le Pôle Finistère Course au Large, pour bien comprendre les effets de site, les thermiques de jour et de nuit. Ces éléments sont piégeux mais ils peuvent aussi être de bonnes opportunités pour aller chercher une jolie place. »
Une stratégie claire
« Je veux prendre un bon départ mais ne pas risquer d’abîmer le bateau dès les premières minutes de course. Mon plan va être de chercher sans cesse à avoir une bonne vitesse sans passer trop de temps à la barre durant la première partie du parcours. Je vais plutôt profiter des longs tronçons pour bien dormir et arriver frais à l’approche des côtes espagnoles pour ne pas rater un coup tactique et ne pas céder de terrain à mes concurrents.
J’ai bien travaillé sur les réglages du bateau et du mât, j’ai de nouvelles voiles, je n’ai plus de déficit de vitesse à aucune allure. Désormais j’entre dans ma bulle avec les derniers briefings. Je suis prêt. »
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