
En plein Festival de Cannes, la plage Macé change de nom et devient la plage Brigitte Bardot. Une manière pour la ville de rendre hommage à une icône du cinéma français, disparue en décembre 2025, tout en inscrivant un peu plus la Croisette dans la mémoire du 7e art.
À Cannes, le cinéma ne se joue pas seulement dans les salles obscures ni sur les marches du Palais. Il descend aussi sur le sable, face à la Méditerranée, là où la Croisette garde une part de son imaginaire le plus populaire. Ce lundi 18 mai 2026, en marge du Festival de Cannes, la ville a officiellement rebaptisé la plage Macé, située à quelques pas du Palais des festivals, en plage Brigitte Bardot.
Le choix du lieu n’a rien d’anodin. Cette plage publique, encadrée par deux plages privées, accueille chaque année le Cinéma de la Plage, rendez-vous très apprécié des festivaliers, des Cannois et des curieux qui souhaitent vivre le Festival autrement. À la tombée de la nuit, l’écran géant, les transats et les projections gratuites transforment le front de mer en salle de cinéma à ciel ouvert.
Un hommage cannois à BB
Avec cette nouvelle dénomination, Cannes rend hommage à Brigitte Bardot, figure majeure du cinéma français et symbole d’une époque où l’image, la liberté et la célébrité ont changé de visage. L’actrice, morte le 28 décembre 2025 à l’âge de 91 ans, reste associée à une certaine idée de la Riviera, du cinéma solaire et d’une féminité qui a profondément marqué les années 1950 et 1960.
La cérémonie s’est tenue lundi matin en présence du maire de Cannes, David Lisnard, de la présidente du Festival de Cannes Iris Knobloch, du délégué général Thierry Frémaux et de Bernard d’Ormale, dernier époux de Brigitte Bardot.
L’hommage dépasse le seul souvenir d’une actrice. Il rappelle aussi le lien entre Bardot et la Côte d’Azur, entre une carrière devenue planétaire et un territoire qui a largement contribué à façonner sa légende. Sur la Croisette, ce nom résonne comme un clin d’œil à l’âge d’or du cinéma français, mais aussi à une personnalité dont le parcours a toujours suscité fascination, admiration et débats.
Le cinéma les pieds dans le sable
La nouvelle plage Brigitte Bardot conserve aussi sa vocation culturelle. Pendant le Festival, elle reste le décor du Cinéma de la Plage, l’un des rendez-vous les plus accessibles de la quinzaine. L’édition 2026 propose 11 films, projetés chaque soir à 21h30, avec une programmation qui mêle classiques, restaurations et séances événementielles.
Dans ce contexte, la projection de Viva Maria !, film de Louis Malle sorti en 1965 avec Jeanne Moreau et Brigitte Bardot, prend une valeur particulière. La séance s’inscrit dans cet hommage à une actrice qui a traversé le cinéma comme un phénomène, bien au-delà de ses rôles.
Cannes cultive ainsi une idée simple mais efficace : faire vivre le Festival en dehors des lieux fermés, ouvrir le cinéma à ceux qui n’ont pas de badge, et rappeler que la Croisette appartient aussi à ceux qui viennent simplement s’asseoir face à la mer pour regarder un film.
Un clin d’œil à son combat pour les animaux
La ville a également prévu une mesure symbolique en lien avec l’engagement animalier de Brigitte Bardot. Les chiens pourront désormais accéder à cette plage à certaines heures, un geste directement associé à la cause qu’elle a défendue avec constance après avoir quitté le cinéma.
Ce détail donne à l’hommage une tonalité plus personnelle. Cannes ne célèbre pas seulement l’icône de cinéma, mais aussi la femme qui a consacré une grande partie de sa vie publique à la défense des animaux. Sur une plage publique de la Croisette, ce choix installe un signe discret mais durable dans le quotidien de la ville.
L’hommage tombe au bon moment : en plein cœur de la quinzaine, alors que Cannes vit au rythme du cinéma mondial. Mais il dépasse l’événement. Une fois les projecteurs éteints, le nom restera sur la Croisette, entre mémoire du cinéma, culture populaire et attachement à une figure française qui continue de faire partie de l’imaginaire collectif.
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