
Le changement climatique réduit l'aire de répartition de certains oiseaux marins comme les albatros ou les pétrels, les poussant à voler toujours plus loin pour survivre, concluent des chercheurs dans une étude publiée mardi.
Les scientifiques basés au Chili et au Royaume-Uni ont étudié plus de 120 espèces d'oiseaux de l'ordre des Procellariiformes, qui comprend des oiseaux de mer comme les albatros, comparant leurs répartitions et leurs mouvements dans le passé avec l'évolution du climat et des températures océaniques. Ces oiseaux ne réagissent pas au changement climatique par une évolution de leur masse corporelle - contrairement à certaines espèces de poissons devenues plus petites. Mais ils ont "répondu par des changements dans leur aire de répartition géographique", conclut l'étude publiée dans Nature Climate Change.
C'est la rapidité du changement climatique, dépassant les capacités d'adaptation des oiseaux, qui s'avère le facteur le plus déterminant.
L'évolution du climat "excède les conditions climatiques que les oiseaux peuvent tolérer pour leur survie et leur reproduction", explique à l'AFP Jorge Avaria-Llautureo, de l'université britannique de Reading, l'auteur principal de l'étude.
Les oiseaux survivants entreprennent des migrations risquées pour trouver "de nouveaux habitats viables" mais "les oiseaux marins diffèrent dans leur capacité à se disperser", souligne-t-il. "Plus ces habitats adaptés seront lointains et moins il est probable que les oiseaux disposant de capacités de vol limitées pourront les atteindre à l'avenir, augmentant leur risque d'extinction", affirme le chercheur. Dans le scénario de réchauffement le plus pessimiste d'ici à 2100, toutefois peu probable, quatre espèces seraient même menacées d'extinction, selon les projections des chercheurs: le pétrel des Galapagos, le pétrel de Jouanin, le puffin de Newell et l'océanite d'Elliot.
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