
Présenté à Un Certain Regard, Titanic Ocean plonge le Festival de Cannes dans un univers singulier, entre école de sirènes, récit initiatique et fascination pour la mer. Pour son premier long métrage, la réalisatrice grecque Konstantina Kotzamani transforme l’océan en décor mental, à la fois source de peur, de désir et d’émancipation.
Il y a dans Titanic Ocean une image qui semble avoir tout déclenché : 5 jeunes Japonaises en formation, équipées de queues de sirènes en silicone aux couleurs vives. De cette vision presque irréelle, Konstantina Kotzamani a tiré un film à part, présenté cette année au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard.
L’histoire suit Akame, 17 ans, pensionnaire d’un internat japonais où l’on apprend à devenir sirène professionnelle. Derrière l’étrangeté du sujet, le film raconte surtout le passage à l’âge adulte d’une jeune fille confrontée à ses peurs, à son corps et à son désir de liberté. L’océan, ici, n’est pas un simple décor : il devient une force intérieure, tantôt menaçante, tantôt libératrice.
La mer occupe d’ailleurs une place intime dans l’imaginaire de la réalisatrice. Depuis l’enfance, Konstantina Kotzamani dit être habitée par le rêve d’une vague immense, capable de tout emporter. Dans Titanic Ocean, cette peur devient matière de cinéma. La figure de la sirène ne relève donc pas seulement du conte ou du fantasme visuel : elle accompagne la transformation d’Akame, jusqu’à une forme d’émancipation.
Le tournage au Japon, avec des équipes venues de plusieurs pays européens, a lui aussi nourri le film. Entre différences culturelles, rapports de hiérarchie et nécessité de trouver sa place, la réalisatrice a vécu une expérience qui fait écho au parcours de son héroïne. Le dernier jour, en pleine mer, elle a même enfilé une queue de sirène pour se jeter dans les vagues, comme un geste symbolique face à cette vague qui la poursuivait depuis l’enfance.
Porté par Arisa Sasaki, choisie après plus de 500 auditions, Titanic Ocean mêle ainsi imaginaire pop, trouble adolescent et puissance marine. Au Festival de Cannes, le film apporte une proposition rare : celle d’un cinéma où l’océan n’est pas seulement filmé pour sa beauté, mais pour ce qu’il révèle, ce qu’il bouscule et ce qu’il permet de devenir.
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