
Alors que les beaux jours ramènent les baigneurs sur les plages, 2 décès récents, l’un en Catalogne et l’autre en Normandie, rappellent que la mer reste un milieu exigeant, même lorsque les conditions semblent favorables. Malaise, fatigue, courants, eau froide ou surestimation de ses capacités : les accidents surviennent souvent très vite.
La saison des baignades n’a pas encore vraiment commencé que les premiers drames rappellent déjà la nécessité d’une vigilance constante au bord de l’eau. Dimanche 24 mai, un septuagénaire est mort sur la plage d’Empuriabrava, en Catalogne, après avoir été victime d’un malaise soudain dans l’eau, selon les informations rapportées par L’Indépendant. Le lendemain, lundi 25 mai, un homme de 77 ans est également décédé par noyade sur une plage de Portbail, dans la Manche, d’après France 3 Normandie.
Ces 2 accidents, survenus dans des régions très différentes, rappellent une réalité souvent sous-estimée : la noyade ne concerne pas seulement les enfants ou les baigneurs imprudents. Elle touche aussi les adultes expérimentés, parfois à quelques mètres du rivage, dans des circonstances qui peuvent basculer en quelques instants.
Le retour de la baignade, un moment à risque
Avec la hausse des températures, les plages se remplissent plus tôt dans la saison. La tentation est grande de se jeter à l’eau après une exposition au soleil, une marche sur le sable ou un moment de fatigue. Pourtant, le corps peut réagir brutalement au contraste entre la chaleur extérieure et la température de l’eau. Un malaise, une crampe, un essoufflement ou une perte de repères peuvent suffire à transformer une baignade ordinaire en urgence vitale.
Santé publique France rappelle que les noyades restent un enjeu majeur de santé publique. Entre le 1er juin et le 30 septembre 2025, 1 418 noyades ont été recensées en France, dont 409 suivies de décès. Le bilan est en hausse par rapport à 2024, avec une progression de 14 % du nombre total de noyades et de 16 % des décès.
Les adultes particulièrement exposés
Contrairement à une idée reçue, les noyades mortelles touchent majoritairement les adultes. Durant l’été 2025, 57 % des noyades ont concerné des adultes et 9 décès sur 10 sont survenus dans cette classe d’âge. Chez les adultes, les décès ont davantage lieu en mer, là où l’effort physique, les courants, la température de l’eau ou l’éloignement du bord peuvent rapidement compliquer la situation.
La prudence est donc essentielle, même pour les bons nageurs. Entrer progressivement dans l’eau, éviter de nager seul, ne pas s’éloigner du rivage, tenir compte de son état de forme et renoncer à la baignade en cas de fatigue ou de trouble physique restent des réflexes déterminants. Le ministère des Sports recommande aussi de privilégier les zones surveillées, de respecter les drapeaux de baignade et de se renseigner sur les courants ou les dangers naturels avant d’entrer dans l’eau.
La chaleur peut aggraver le risque
Les périodes chaudes favorisent une fréquentation plus importante des plages, des lacs et des rivières. Elles peuvent aussi encourager des baignades plus spontanées, parfois dans des zones non surveillées. En 2025, Santé publique France a observé une forte hausse des noyades pendant l’épisode de vigilance canicule orange ou rouge du 19 juin au 8 juillet, avec 355 noyades recensées sur cette seule période.
Ce lien entre chaleur et baignade impose une attention particulière dès les premiers épisodes estivaux. Le risque n’est pas seulement lié à la mer elle-même, mais aussi à l’état dans lequel on entre dans l’eau : fatigue, digestion, alcool, exposition prolongée au soleil, problème de santé ou sensation de malaise doivent conduire à repousser la baignade.
Une vigilance à garder tout l’été
Les 2 drames survenus à Empuriabrava et Portbail ne doivent pas faire naître la peur de la mer, mais rappeler une règle essentielle : une baignade sûre se prépare autant qu’elle se profite. Le bon réflexe consiste à choisir une zone surveillée, entrer dans l’eau progressivement, rester attentif à ses sensations et ne jamais surestimer sa condition physique.
La mer attire dès les premières chaleurs, et c’est bien normal. Mais elle ne pardonne pas toujours les moments d’inattention, les coups de fatigue ou les malaises imprévus. Quelques précautions simples peuvent faire toute la différence, surtout au début de la saison, lorsque les organismes ne sont pas encore habitués à l’effort en milieu naturel.
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