
Le skipper Paprec a réalisé un sacré numéro de bravoure, tant il fallait du courage et de la ténacité pour résister à une course aussi éreintante. L’absence de vent une grande partie de l’étape, a bouleversé le scénario mais Martin a tenu jusqu’au bout. Il termine 7ème ce jeudi 28 mai à 1 h 39 min de Paul Loiseau et conforte également sa place dans le groupe de tête des 7 marins qui se tiennent en 1h50 au général, avec une 6ème place. Martin donnera tout pour faire honneur à ses couleurs dès dimanche pour le départ de la 3e et dernière étape, dont l’arrivée sera à Le Havre.
Il a le regard de ceux qui ne peuvent cacher qu’ils se sont donnés sans compter. Martin Le Pape a pris le temps de revenir sur son étape entre Vigo et Pornichet, ce jeudi après-midi, avec la franchise et la lucidité qui le caractérisent. « Je suis à la fois soulagé et frustré, confie-t-il d’emblée. Soulagé parce que je pensais que j’allais rester encore longtemps bloqué à côté de la ligne d’arrivée. Et frustré parce que je pensais que je pouvais faire mieux ».
« Ce sont les joies de la Solitaire du Figaro Paprec »
Martin, qui porte vaillamment les couleurs de Paprec depuis le forfait pour blessure de Yoann Richomme, avait été à la hauteur lors de la première étape en terminant 4e. Il était reparti de Vigo avec la même volonté et il en fallait. La remontée vers Pornichet a été périlleuse, d’abord à cause de situations orageuses au départ puis de cette satanée pétole qui n’en finissait plus de jouer avec les nerfs des skippers.
Martin est parvenu à rester dans le bon tempo en restant toujours aux avant-postes. « J’étais content d’avoir réussi de bons placements qui m’ont permis de contrôler le reste de la flotte », raconte-t-il. Mais fort de son expérience, il savait pertinemment que rien n’était acquis jusqu’à la fin. « Je pensais avoir réussi mais à cause d’un orage et d’un petit coup de Trafalgar dans le final ce matin, les cartes se sont rabattues, sourit-il. Ce sont les joies de la Solitaire du Figaro Paprec, on connaît bien ça ! »
« Ce sont des étapes très dures à vivre » (Yoann)
Yoann Richomme n’a pas manqué une miette de cette deuxième étape. « Je pense qu’on n’imagine pas à quel point ça a dû être éreintant, souligne-t-il. C’est vraiment dommage pour Martin, il a tenu toute la course avant que la hiérarchie ne s’établisse sur des détails, une risée très locale pour quelques bateaux, de la mole pour les autres. Il s’agit d’un scénario très aléatoire. Moralement et physiquement, ce sont des étapes très dures à vivre ».
Il n’empêche, Yoann tient à rappeler qu’il « n’a pas manqué grand-chose à Martin pour performer ». « Il peut être fier de sa performance et de sa façon de s’être accroché ». Martin reste positif en évoquant la dernière étape qui mènera la flotte jusqu’au Havre. « Il reste une étape et les jeux sont ouverts. J’espère faire un podium à l’issue de l’étape ou au classement général ! » Le marin ne veut pas retenir que ça, lui qui s’amuse de « ne pas avoir râlé une seule fois pendant l’étape » alors qu’il est d’un tempérament un peu sanguin. « Je crois que ça ne m’est jamais arrivé, confie-t-il sur les pontons. J’avais envie de ne pas laisser de place à mes émotions en m’attachant à naviguer proprement. Je pense que ça ne sert vraiment à rien de s'énerver dans ces conditions-là parce que ça ne fait pas avancer le bateau plus vite et tu perds de l'énergie. Donc du coup, j'ai essayé de faire comme j'avais dit c’est-à-dire ne pas m'énerver. Et j'ai réussi ! ». Mission accomplie donc en attendant d’être récompensé par un bon résultat à la dernière étape ? Affaire à suivre.
Martin Le Pape (Figaro Paprec) :
Arrivé 7e le 28/05/2026 à 16:31:22
Temps de course : 4j 31min 22s
Ecart au 1er Paul Loiseau : 01h 39min
Ecart au 5eme : 27min 40sec
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