États-Unis : le démantèlement d’un vaste réseau d’observation de l’océan inquiète les scientifiques

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

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Mis en place il y a une dizaine d’années, l’Ocean Observatories Initiative permettait de suivre en temps réel l’évolution de l’Atlantique et du Pacifique grâce à plus de 900 instruments déployés en mer. Sa réduction brutale, décidée dans le cadre des coupes budgétaires américaines, fait craindre une perte majeure pour la recherche climatique et océanographique.

Un observatoire géant au cœur des océans

C’est un peu comme si l’on décidait d’éteindre une partie des capteurs vitaux de la planète. Aux États-Unis, la National Science Foundation a engagé le démantèlement d’une grande partie de l’Ocean Observatories Initiative, un vaste réseau d’observation de l’océan installé dans l’Atlantique et le Pacifique. Depuis 10 ans, ses bouées, capteurs, mouillages instrumentés et équipements sous-marins transmettent des données en continu sur la température, les courants, la chimie de l’eau, les écosystèmes marins ou encore les échanges entre l’océan et l’atmosphère.

Ce dispositif, l’un des plus ambitieux jamais déployés pour observer l’océan profond, avait été conçu pour fonctionner sur le temps long. Son intérêt ne résidait pas seulement dans la technologie, mais dans la continuité des mesures. En océanographie comme en climatologie, une série de données de plusieurs années devient précieuse lorsqu’elle permet de distinguer une variation passagère d’une tendance lourde. Or c’est précisément cette continuité qui risque aujourd’hui d’être interrompue.

La décision concerne notamment des sites au large de l’Oregon, de l’État de Washington, de l’Alaska, de la Caroline du Nord, mais aussi la mer d’Irminger, entre le Groenland et l’Islande. Cette dernière zone est particulièrement suivie par les chercheurs, car elle joue un rôle dans la circulation océanique de l’Atlantique nord, un mécanisme majeur pour l’équilibre climatique. Les instruments concernés ne se limitaient pas à mesurer la surface : ils permettaient aussi d’observer ce qui se passe en profondeur, là où se jouent des échanges de chaleur, de carbone et de nutriments encore difficiles à documenter.

Une coupe budgétaire lourde de conséquences

Officiellement, la National Science Foundation parle d’un redimensionnement du programme, et non d’un arrêt complet. Une partie du réseau câblé régional du Pacifique nord-ouest doit rester opérationnelle. Mais pour de nombreux chercheurs, la perte est déjà considérable. Retirer les équipements de l’eau signifie couper des flux de données en temps réel, mais aussi fragiliser toute une chaîne de compétences : navires de recherche, équipes techniques, ingénieurs, laboratoires et scientifiques capables d’entretenir ces observatoires dans des conditions extrêmes.

Le coût initial du réseau, estimé à plusieurs centaines de millions de dollars, rend la décision encore plus sensible. D’un côté, l’administration américaine justifie ces coupes par une volonté de rationaliser les dépenses et de réorienter les priorités scientifiques. De l’autre, les opposants dénoncent une économie de court terme qui pourrait coûter cher à long terme. Car une fois les instruments retirés, reconstruire un tel réseau ne se résume pas à remettre quelques bouées en mer : il faut reconstituer une infrastructure, retrouver les compétences, relancer les procédures et surtout accepter une rupture dans les séries de données.

Un recul au moment où l’océan change vite

L’enjeu dépasse largement la recherche universitaire. Ces observations nourrissent la compréhension des océans, mais aussi les modèles climatiques, l’étude des épisodes extrêmes, le suivi des écosystèmes et l’analyse du rôle de l’océan dans l’absorption du carbone. À l’heure où les mers se réchauffent, où les canicules marines se multiplient et où la circulation océanique inquiète une partie de la communauté scientifique, perdre des yeux et des oreilles en mer apparaît comme un recul stratégique.

Cette affaire rappelle aussi une réalité souvent invisible : l’océan reste l’un des milieux les moins observés de la planète. Les satellites donnent une vision indispensable de la surface, mais ils ne remplacent pas les capteurs immergés, capables de suivre la colonne d’eau, les profondeurs, les courants et les variations chimiques. Dans un monde où la météo, le climat, la pêche, la biodiversité et la sécurité maritime dépendent de plus en plus de données fiables, démanteler un observatoire de cette ampleur revient à accepter une part d’aveuglement.

Observer pour mieux anticiper

L’Ocean Observatories Initiative n’était pas un symbole abstrait de science lointaine. C’était un outil concret pour comprendre un océan qui change rapidement. Son démantèlement partiel ouvre donc une question bien plus large : comment anticiper les transformations de la planète si l’on réduit les moyens de les observer ?

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.