Le ruisseau des Eaux-Claires, près d’Angoulême, a été frappé par une pollution particulièrement destructrice. Sur près de trois kilomètres, la quasi-totalité de la faune piscicole aurait disparu. Une rupture de canalisation d’eaux usées sur le site de l’entreprise Rousselot serait à l’origine de l’incident. La Fédération de pêche de la Charente annonce son intention de porter plainte.
Au fil de l’eau, le constat est sans appel. Plus aucun poisson vivant, une eau fortement dégradée et des cadavres retrouvés sur plusieurs kilomètres : à Saint-Michel, aux portes d’Angoulême, le ruisseau des Eaux-Claires a subi une pollution massive.
Cet affluent de la Charente, habituellement apprécié pour la richesse de son milieu aquatique, aurait été touché à la suite de la rupture d’une canalisation transportant des eaux usées provenant de l’entreprise Rousselot. Implantée dans la commune, celle-ci est spécialisée dans la fabrication de gélatines et de collagènes.
Près de trois kilomètres de cours d’eau touchés
La pollution aurait parcouru environ trois kilomètres en aval du point de rejet. Sur cette portion, les agents de la Fédération de pêche n’auraient observé aucun poisson vivant. Truites, vairons et autres espèces présentes dans le ruisseau auraient été décimés.
« Ça a tué toute la faune piscicole », déplore la Fédération de pêche, qui évoque un milieu entièrement détruit sur la zone touchée. Les poissons seraient morts par asphyxie, conséquence d’une pollution organique ayant fortement réduit la quantité d’oxygène disponible dans l’eau.
Contrairement à une pollution chimique directement toxique, une arrivée massive de matières organiques peut provoquer une prolifération de bactéries. En dégradant ces matières, les micro-organismes consomment l’oxygène dissous dans l’eau. Lorsque sa concentration chute brutalement, les poissons et les autres organismes aquatiques ne peuvent plus respirer.
Une canalisation d’eaux usées mise en cause
Selon les premiers éléments, l’origine de la pollution serait liée à la rupture d’une canalisation sur le site de l’entreprise Rousselot. Les eaux usées auraient alors rejoint le ruisseau avant de se répandre vers l’aval. Cette piste devra toutefois être précisée par les investigations et les analyses réalisées dans le cours d’eau.
Les conséquences écologiques pourraient se prolonger bien au-delà de la disparition immédiate des poissons. Les insectes aquatiques, les larves, les crustacés et les micro-organismes qui constituent la base de la chaîne alimentaire peuvent également être affectés.
Même après le retour d’une eau de meilleure qualité, la recolonisation naturelle du ruisseau prendra du temps. Elle dépendra notamment de l’état des habitats, de la qualité des sédiments et de la possibilité pour les poissons présents en amont ou dans les cours d’eau voisins de revenir progressivement dans la zone touchée.
La Fédération de pêche veut porter plainte
Face à l’ampleur des dégâts, la Fédération de pêche de la Charente a annoncé son intention de porter plainte. L’association souhaite que les responsabilités soient établies et que le préjudice écologique subi par le cours d’eau soit reconnu.
Des évaluations complémentaires devront désormais permettre de mesurer précisément l’étendue de la pollution et son impact sur l’ensemble du milieu naturel. La question de la restauration du ruisseau devrait également se poser, avec un suivi de la qualité de l’eau et de la reprise progressive de la vie aquatique.
L’épisode constitue un nouveau coup dur pour les cours d’eau charentais, déjà fragilisés par les fortes chaleurs et le manque d’eau. Quelques jours auparavant, la Fédération de pêche avait dû organiser des opérations de sauvetage dans plusieurs rivières asséchées, une situation devenue exceptionnellement précoce cette année.
Sur les Eaux-Claires, le problème est cette fois d’une autre nature. En quelques heures, une pollution accidentelle semble avoir anéanti une partie de la biodiversité patiemment installée dans ce petit affluent de la Charente.
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