VIDÉO - Au large de Sanary, la carcasse d’un cachalot rappelle la fragilité des géants de Méditerranée

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

La dépouille d’un cachalot, découverte à plusieurs dizaines de kilomètres des côtes varoises, a offert une scène aussi spectaculaire que troublante. Filmée alors que plusieurs requins venaient s’en nourrir, elle rappelle surtout la vulnérabilité de ces grands cétacés, pourtant emblématiques des eaux méditerranéennes.

La sortie en mer devait permettre d’observer les dauphins et les autres cétacés qui fréquentent le large des côtes varoises. Mais à une trentaine de kilomètres de Sanary-sur-Mer, les passagers d’un bateau d’excursion de Sanary Aventure Marine ont découvert une scène bien différente : la carcasse d’un cachalot dérivant à la surface, entourée de plusieurs requins venus s’en nourrir.

Les images sont impressionnantes. Autour du corps du cétacé, long d’environ huit mètres, les squales évoluent lentement avant de prélever des morceaux de chair. Il s’agit vraisemblablement de requins peau bleue, une espèce régulièrement observée au large en Méditerranée, loin des plages et des zones de baignade.

Pour les professionnels présents à bord, il ne s’agissait cependant pas seulement de filmer une scène rare. La découverte devait également servir à sensibiliser le public au sort des grands mammifères marins, confrontés à des pressions humaines toujours plus nombreuses.

Une scène naturelle, loin de l’image du requin prédateur

La présence de requins autour de la carcasse n’a rien d’exceptionnel sur le plan biologique. En mer, la dépouille d’un grand animal devient rapidement une source de nourriture pour de nombreuses espèces. Les requins participent ainsi à l’élimination naturelle des cadavres et au recyclage de la matière organique au sein de l’écosystème marin.

Les images peuvent sembler brutales, mais elles montrent avant tout le fonctionnement normal de la chaîne alimentaire. Le requin peau bleue, reconnaissable à son corps élancé et à la teinte bleutée de son dos, fréquente principalement les eaux du large. Opportuniste, il se nourrit de poissons, de céphalopodes mais aussi, lorsque l’occasion se présente, de carcasses de mammifères marins.

Cette observation ne traduit donc pas une présence anormale de requins près du littoral varois. Elle s’est déroulée à plusieurs dizaines de kilomètres des côtes, dans un environnement de pleine mer où ces animaux sont chez eux.

 

Le cachalot, géant discret de la Méditerranée

Avec sa tête massive et sa silhouette immédiatement reconnaissable, le cachalot est le plus grand des cétacés à dents. Les mâles adultes peuvent dépasser 15 mètres et peser plusieurs dizaines de tonnes. L’animal est également l’un des champions de la plongée : il descend régulièrement à plusieurs centaines de mètres de profondeur pour chasser des calmars et d’autres proies vivant dans l’obscurité.

En Méditerranée, le cachalot fréquente principalement les zones où les fonds plongent rapidement, notamment au large des côtes provençales, corses et ligures. Le bassin corso-liguro-provençal constitue d’ailleurs l’un des principaux secteurs de présence des cétacés dans la région. Il est en partie couvert par le sanctuaire Pelagos, vaste espace maritime consacré à leur protection.

Malgré sa taille, l’animal reste difficile à observer. Il passe une grande partie de son temps sous la surface et peut disparaître durant de longues minutes au cours de ses plongées. Sa présence est parfois signalée par son souffle caractéristique, orienté légèrement vers l’avant et sur le côté, ou par sa large nageoire caudale qu’il dresse avant de sonder.

Des menaces difficiles à éviter

Les causes de la mort du cachalot aperçu au large de Sanary-sur-Mer n’ont pas été établies avec certitude. L’état de décomposition de la carcasse rend souvent les analyses complexes, surtout lorsqu’un animal dérive depuis plusieurs jours.

L’événement rappelle néanmoins les nombreux dangers auxquels les grands cétacés sont exposés. En Méditerranée, les collisions avec les navires figurent parmi les principales menaces. Les routes maritimes très fréquentées croisent les zones d’alimentation et de déplacement des animaux, qui peuvent être difficilement repérables depuis la passerelle d’un bateau.

Les cachalots peuvent également s’emmêler dans des engins de pêche abandonnés ou dérivants. Le bruit sous-marin produit par le trafic maritime, certains travaux ou les sonars perturbe par ailleurs un environnement dans lequel ces mammifères dépendent fortement du son pour communiquer, s’orienter et chasser.

À ces pressions s’ajoutent les déchets plastiques, parfois ingérés en grande quantité. Des sacs, des fragments de filets ou divers objets peuvent obstruer le système digestif des cétacés, provoquer des blessures internes et les empêcher progressivement de s’alimenter.

Observer sans déranger

Les sorties consacrées à l’observation des baleines et des dauphins jouent un rôle important dans la découverte de la vie marine. Lorsqu’elles sont encadrées et respectent des règles strictes, elles permettent aussi de mieux faire connaître des animaux qui restent largement invisibles depuis la côte.

Cette activité impose cependant de conserver ses distances, de limiter la vitesse et de ne jamais couper la trajectoire des cétacés. Il faut également éviter de poursuivre un animal ou de multiplier les changements de direction autour d’un groupe. L’objectif n’est pas d’obtenir une image à tout prix, mais de profiter d’une rencontre sans modifier le comportement des mammifères marins.

Au large de Sanary-sur-Mer, la carcasse du cachalot a ainsi offert un spectacle saisissant. Mais derrière les requins et la puissance brute de la scène se dessine surtout un message plus profond : même les géants de la Méditerranée restent vulnérables. Leur protection passe autant par la réduction des pollutions et des collisions que par une meilleure connaissance de leur présence dans nos eaux.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.