
Coupé du monde, sans radio météo ni communication avec la terre, le médecin de 40 ans (sur Irish Express) a navigué à l'aveugle tout au long de cette première étape. Ce n'est qu'à quelques mètres de la ligne d'arrivée – englué dans la pétole - qu'il a découvert qu'il était le premier à franchir la ligne d’arrivée en catégorie Série.
« Je ne savais absolument pas où j’en étais dans la course ! Ce matin, c'était un peu dur moralement : la veille, j'ai cru entendre des bateaux arriver à la VHF — c'était peut-être Julien (vainqueur en proto). Du coup, je me disais que j'étais complètement largué et que tout le monde était passé plus au sud. Je n'avais aucune idée de ma position.
La BLU (radio) a fonctionné le premier soir — j'ai eu de la musique —, mais après, plus rien du tout. J'ai même essayé de la démonter pour comprendre, mais impossible. Je me suis donc retrouvé sans aucune météo à bord ! Heureusement, notre coach nous avait préparé plein de captures d'écran avant le départ. J'ai réussi à décrypter un peu où on était et à anticiper les décalages par rapport aux prévisions initiales. Il avait fait un boulot chouette, ça m'a vraiment sauvé.
Au final, c'était une navigation géniale, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde ! C'est la grande différence avec une longue transat où les journées se ressemblent parfois : là, il n'y a pas eu deux jours pareils.
Dans les îles, j'ai eu des conditions incroyables. En passant sous le vent de la première île, je suis d'abord tombé dans une pétole complète. Mais au moment de franchir le chenal entre les deux îles, d'énormes grains sont arrivés, sans doute canalisés par le relief. J'ai vraiment cru que j'allais déchirer une voile ! Le bateau est resté couché pendant plusieurs minutes... C'était interminable. Dans 50 nœuds de vent, de toute façon, on ne contrôle plus rien, on attend juste que ça passe.
Et dans zéro nœud de vent ? Eh bien... on attend aussi !
Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de molles. En repassant sous le vent de la seconde île, je m'attendais à reprendre 50 nœuds de claque. J'étais prêt, sous trois ris, au taquet pour tout donner ! Et finalement... 2 nœuds de vent. J'ai même failli devoir mouiller l'ancre parce que je dérivais en arrière et que je n'arrivais plus à franchir la ligne, alors que j'étais à seulement 30 mètres de l'arrivée ! »
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