
Les interactions entre les orques ibériques et les voiliers se poursuivent au large de la péninsule Ibérique. Fin juillet, un voilier a sombré au large des côtes galiciennes après avoir été percuté à plusieurs reprises par un groupe d'orques. Un nouvel épisode qui relance les interrogations sur ce comportement inédit, observé depuis maintenant plusieurs années.
Au large de la Galice, la rencontre entre un voilier et plusieurs orques s'est une nouvelle fois soldée par un naufrage. Selon les autorités maritimes espagnoles, les cétacés ont frappé le gouvernail de l'embarcation, provoquant d'importants dégâts. Malgré l'intervention rapide des secours, le bateau a fini par couler. Les deux personnes à bord ont en revanche pu être évacuées saines et sauves. Cet incident porterait à huit le nombre de voiliers perdus à la suite d'interactions avec des orques depuis le début du phénomène.
Des attaques concentrées sur les gouvernails
Depuis 2020, plusieurs centaines d'interactions entre des orques ibériques et des voiliers ont été recensées entre le détroit de Gibraltar, les côtes portugaises et la Galice. Dans la très grande majorité des cas, les animaux ciblent le gouvernail en le heurtant ou en le mordant, rendant le bateau impossible à manœuvrer.
Les scientifiques rappellent qu'il ne s'agit pas d'attaques dirigées contre les personnes. Les orques ne cherchent pas à monter à bord ni à s'en prendre aux équipages. Leur comportement semble exclusivement concentré sur certaines parties immergées des voiliers, notamment les safrans.
Le mystérieux groupe de « White Gladis »
À l'origine de ce phénomène se trouverait un petit groupe d'orques ibériques, dont une femelle surnommée White Gladis par les chercheurs. Au fil des années, ce comportement se serait diffusé à d'autres individus, notamment parmi les plus jeunes, alimentant l'hypothèse d'un apprentissage social.
Les raisons de cette attitude restent toutefois débattues. Certains spécialistes évoquent un jeu, d'autres une réaction à une mauvaise expérience avec un bateau ou encore un comportement exploratoire devenu une habitude. À ce jour, aucune explication scientifique ne fait consensus.
Les plaisanciers appelés à la prudence
Face à la multiplication des incidents, les autorités maritimes espagnoles et portugaises recommandent aux plaisanciers de consulter les cartes des zones à risque avant toute traversée. En cas d'interaction avec des orques, les consignes restent les mêmes : ne pas tenter de les éloigner, ne pas les nourrir, prévenir immédiatement les secours et suivre les recommandations des autorités.
Plusieurs itinéraires ont également été adaptés ces dernières années afin de limiter les passages dans les secteurs où les rencontres sont les plus fréquentes, notamment durant l'été.
Un phénomène unique au monde
Ce comportement des orques ibériques demeure sans équivalent connu chez les autres populations d'orques de la planète. S'il continue d'intriguer les chercheurs, il constitue aussi un véritable défi pour les navigateurs qui empruntent les côtes atlantiques de l'Espagne et du Portugal.
Pour les scientifiques, chaque nouvelle interaction apporte de précieuses données permettant de mieux comprendre cette population classée en danger critique d'extinction. Pour les plaisanciers, elle rappelle surtout qu'en mer, même les espèces les plus fascinantes peuvent parfois réserver des situations aussi rares qu'imprévisibles.
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