Atlantique : des eaux anormalement chaudes qui bouleversent déjà la vie marine

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

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Une eau à 24 ou 25 °C sur certaines portions du littoral atlantique : agréable pour les baigneurs, beaucoup moins anodine pour les écosystèmes. Cet été, les températures de l’océan dépassent largement les normales saisonnières sur la façade française. Une chaleur persistante qui fragilise certaines espèces, notamment les hippocampes, tout en créant des conditions favorables au développement de certaines algues.

Un Atlantique particulièrement chaud cet été

De la Bretagne au Pays basque, l’Atlantique affiche cet été des températures remarquablement élevées. Durant la deuxième semaine d’août, les eaux atteignaient environ 20 °C au nord du Finistère et jusqu’à 24 ou 25 °C sur une partie du littoral charentais et basque.

Les écarts avec les valeurs habituellement observées à cette période sont parfois importants. À Saint-Jean-de-Luz, par exemple, la température de l'eau atteignait 25 °C, contre une normale saisonnière d'un peu plus de 21 °C. Sur certaines portions de la façade atlantique, l’anomalie approchait ainsi les quatre degrés.

Pour les vacanciers, ces températures donnent parfois à l’Atlantique des airs de Méditerranée. Sous la surface, en revanche, une modification aussi importante des conditions peut perturber des écosystèmes habitués à évoluer dans des eaux plus fraîches.

Les hippocampes particulièrement surveillés

Parmi les animaux concernés figurent les hippocampes, dont plusieurs populations vivent sur les côtes françaises. L’hippocampe moucheté et l’hippocampe à museau court sont notamment présents dans l’Atlantique, mais également en Manche et en Méditerranée.

Ces petits poissons évoluent dans des milieux côtiers relativement peu profonds. Certains trouvent notamment refuge dans les herbiers de zostères, les algues ou sur des fonds sableux et rocheux. Des habitats qui jouent un rôle essentiel puisqu'ils offrent à de nombreuses espèces un abri et une zone d'alimentation. Plus de 200 espèces peuvent ainsi vivre, en moyenne, dans un herbier breton.

Le problème ne vient donc pas seulement de la température directement supportée par les hippocampes. Le réchauffement de l’eau peut modifier tout leur environnement : végétation, disponibilité de nourriture, oxygénation ou encore équilibre entre les différentes espèces.

Quand la chaleur profite aussi aux algues

Autre conséquence particulièrement visible : certaines algues apprécient davantage ces nouvelles conditions.

C’est notamment le cas d’Ostreopsis, une microalgue tropicale désormais surveillée sur le littoral basque. Présente chaque été sur la façade sud-atlantique depuis 2021, elle est favorisée par des eaux chaudes et se développe particulièrement sur les côtes rocheuses.

Sa prolifération n'est pas seulement un problème pour les écosystèmes. Certaines espèces d’Ostreopsis peuvent produire des toxines et entraîner des irritations cutanées, oculaires ou des troubles respiratoires chez les personnes exposées. Sa présence fait donc désormais l’objet d’un suivi spécifique pendant la saison estivale sur le littoral basque.

Toutes les proliférations d’algues ne s’expliquent cependant pas uniquement par la température. Lumière, disponibilité en nutriments, courants et conditions locales jouent également un rôle important. La chaleur agit plutôt comme l’un des facteurs capables de rendre le milieu plus favorable à certaines espèces.

Des changements qui dépassent le simple été 2026

L’épisode actuel s’inscrit dans une tendance beaucoup plus large. L’Atlantique Nord fait partie des régions océaniques fortement affectées par le réchauffement climatique. L'année 2023 avait déjà marqué un tournant avec des températures moyennes de surface sans précédent sur l’ensemble du bassin. Des travaux scientifiques ont depuis montré que cet épisode exceptionnel n’aurait pas pu atteindre une telle intensité sans l’influence du changement climatique d’origine humaine.

Pour les scientifiques, l’enjeu est désormais de comprendre comment les espèces vont s’adapter à cette nouvelle donne. Certaines peuvent déplacer leur aire de répartition vers des eaux plus fraîches. D’autres, beaucoup plus dépendantes d’un habitat précis ou peu mobiles, disposent de moins de possibilités.

L’hippocampe illustre bien cette fragilité. Avec sa nage lente et sa forte dépendance aux habitats côtiers, il ne peut pas simplement parcourir des centaines de kilomètres lorsque son environnement se dégrade.

Alors que les baigneurs profitent cet été d’un Atlantique exceptionnellement doux, sous la surface, cette chaleur raconte donc une tout autre histoire. Celle d’un océan dont les équilibres évoluent progressivement, avec des gagnants, des perdants et des conséquences qui commencent déjà à devenir visibles le long de nos côtes.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.