Dimanche 23 août à 16 heures, Hugo Dhallenne et Chloé Le Bars prendront le départ de L’Aventura à Port Bourgenay. Devant l’étrave du Figaro 3 des skippers Macif : près de 2 400 milles de course, 20 duos et un parcours inédit jusqu’au Portugal, via Madère, avant une seconde étape vers l’île d’Yeu. Une course exigeante, un voyage vers le sud et un objectif assumé : jouer devant.
Une victoire pour se remettre dans le rythme
Ils pouvaient difficilement rêver meilleure mise en jambes. Début août, Hugo Dhallenne et Chloé Le Bars se sont imposés sur la Fig’Armor, une boucle de 260 milles au départ et à l’arrivée de Lorient. Une victoire qui a surtout permis aux deux skippers MACIF de retrouver leurs automatismes après plusieurs mois largement consacrés au solitaire.
« La Fig’Armor a été un très bon entraînement, avec un peu de tout : du courant, des moments sans vent, du thermique, une dernière nuit sous spi et sous gennaker… Et forcément, ça fait plaisir de gagner ! Pour moi, c’est une première victoire en Figaro », sourit Chloé.
Pour Hugo, qui signe sa troisième victoire en trois participations à la Fig’Armor, l’enjeu était aussi de préparer la suite. « Les épreuves en double représentent un vrai travail de coordination. L’idée est de gagner du temps au fur et à mesure des milles courus ensemble. On y allait pour s’entraîner plus que pour régater, mais ça fait du bien au moral d’ajouter cette première place au compteur ! »
Après un début de saison en double puis en solitaire, le duo se retrouve avec davantage d’expérience. « Les automatismes sont là, y compris dans la communication et la stratégie », explique Chloé. « On a trouvé notre rythme, chacun donne son avis. C’est fluide et vraiment très agréable de naviguer avec Hugo. »
Même constat chez son coéquipier : « On commence à vraiment bien se connaître. Maintenant, il faut passer un cran supplémentaire et réussir à garder de l’intensité jour et nuit. Nous sommes deux solitaires qui se relaient : la transmission des informations est essentielle et, dès qu’il y a une manœuvre importante, on la fait à deux. »
Cap au sud, avec l’envie de jouer devant
Dimanche, changement de dimension. L’Aventura emmènera les 20 duos sur un parcours inédit de 2 383 milles entre la Vendée et le Portugal. Une première étape de 1 600 milles reliera Port Bourgenay à Lagos via Madère, avant un second départ le 6 septembre pour 783 milles jusqu’à l’île d’Yeu.
Traversée du golfe de Gascogne, cap Finisterre, descente le long du Portugal, contournement de Madère et de son relief culminant à plus de 1 800 mètres : les pièges seront nombreux. Sans oublier la présence possible d’orques au large des côtes ibériques.
« Il faudra bien se positionner au cap Finisterre, puis gérer Madère, avec les dévents et les effets de site », détaille Chloé. « Après Madère, il restera encore un bon bout de chemin jusqu’à Lagos ! Selon les conditions, on pourrait aussi retrouver les alizés portugais et de belles phases au portant. »
Une étape d’environ neuf jours qui a déjà des airs de répétition générale avant la Transat Paprec 2027. Les bateaux partiront d’ailleurs chargés de quasiment tout l’équipement nécessaire à une transat : matériel de sécurité, eau, nourriture et vêtements pour affronter aussi bien le mauvais temps que la chaleur portugaise.
« Ce parcours ressemble à un début de transat », souligne Hugo. « C’est un très bon échauffement pour l’année prochaine et l’occasion de découvrir un nouveau terrain de jeu. À l’arrivée, on aura déjà énormément travaillé notre fonctionnement en double. »
Mais avant 2027, il y a une course à jouer. Avec 20 duos et un plateau relevé, la bataille s’annonce serrée. « Il y a de très bons équipages et il va y avoir beaucoup de match », prévient Chloé. « Ça promet d’être intense. J’ai hâte d’y être ! L’objectif est clairement de performer. Je suis en pleine forme et l’adrénaline commence à monter. Et puis L’Aventura, c’est aussi un voyage. J’aime les courses qui nous emmènent quelque part. »
Dernière épreuve du Championnat de France Élite de Course au Large 2026, L’Aventura est dotée d’un coefficient 3 et pèsera lourd dans le classement final. Quatrième au provisoire, Hugo Dhallenne peut encore aller chercher le podium. « On va faire de notre mieux, et bien naviguer comme on sait le faire ! » conclut le skipper malouin.
Un voyage, certes. Mais avec le chrono bien en tête.
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