
Face à une pression immobilière croissante sur le littoral, Pornic entend préserver davantage de logements pour les habitants à l’année. La commune de Loire-Atlantique travaille à la création de secteurs dans lesquels les nouvelles constructions devront obligatoirement devenir des résidences principales, tout en maintenant un encadrement renforcé des locations meublées touristiques.
À Pornic, l’attractivité touristique est une force, mais elle pose aussi une question devenue centrale dans de nombreuses communes littorales : comment continuer à accueillir des visiteurs sans réduire progressivement l’offre de logements disponible pour les habitants permanents ? La station balnéaire de Loire-Atlantique a décidé de renforcer ses outils en matière d’habitat, avec une attention particulière portée aux résidences secondaires et aux meublés touristiques.
La commune compte aujourd’hui près de 19 000 habitants, mais également plusieurs milliers de résidences secondaires. Les documents budgétaires de la Ville faisaient ainsi état de 4 889 résidences secondaires en 2025, dans un contexte démographique pourtant très dynamique. Cette attractivité exerce une pression importante sur le marché immobilier, notamment pour les jeunes actifs et les familles qui souhaitent s’installer durablement sur le territoire.
Des quartiers réservés aux résidences principales
Pour agir sur les futures constructions, Pornic souhaite utiliser un nouvel outil permis par la législation française : la servitude de résidence principale. Le principe consiste à identifier, dans le Plan local d’urbanisme, certains secteurs dans lesquels les nouveaux logements construits devront obligatoirement être occupés comme résidences principales.
La Ville a intégré cette possibilité à la modification n°2 de son PLU, engagée en juin 2026. Dans les documents soumis à concertation durant l’été, la municipalité indique vouloir profiter des dispositions prévues par la loi Le Meur afin de privilégier les résidences principales dans certains secteurs de Pornic. L’objectif est de préserver une partie des nouvelles constructions pour les personnes qui souhaitent réellement vivre dans la commune tout au long de l’année.
Cette mesure ne concernerait toutefois pas les résidences secondaires déjà existantes. Comme l’avait précisé le maire lors de la présentation du dispositif, l’objectif porte uniquement sur les nouveaux logements construits à l’intérieur des périmètres concernés. Il ne s’agit donc pas de transformer ou de remettre en cause le statut des maisons secondaires actuellement présentes à Pornic.
Les meublés touristiques déjà davantage contrôlés
La commune agit également sur les locations de courte durée. Depuis avril 2024, les meublés de tourisme proposés à Pornic doivent être déclarés via le dispositif dédié. Cette obligation concerne aussi bien les résidences principales que secondaires et permet notamment d’identifier précisément les logements utilisés pour de la location touristique.
Lorsqu’un propriétaire souhaite transformer une résidence secondaire en meublé touristique, une simple déclaration ne suffit pas : une demande de changement d’usage doit également être effectuée. Ce mécanisme permet à la collectivité de mieux contrôler le développement de la location de courte durée et d’éviter qu’une part toujours plus importante du parc immobilier ne quitte progressivement le marché du logement permanent.
Le phénomène est loin d’être propre à Pornic. Dans de nombreuses stations balnéaires françaises, la croissance des plateformes de location de courte durée s’ajoute au poids historique des résidences secondaires et contribue à tendre davantage le marché immobilier. La loi du 19 novembre 2024 a justement renforcé les possibilités d’intervention des collectivités locales, en leur permettant notamment de réserver certains secteurs aux résidences principales et, sous certaines conditions, de réduire à 90 jours par an la durée maximale pendant laquelle une résidence principale peut être louée comme meublé touristique.
Trouver un équilibre entre tourisme et vie à l’année
À Pornic, l’enjeu reste pourtant de conserver l’activité touristique qui participe largement à l’économie locale tout en évitant une raréfaction excessive de l’habitat permanent. La ville bénéficie d’une croissance démographique importante et continue d’attirer de nouveaux habitants, mais cette dynamique augmente également la concurrence pour les logements disponibles.
Les propres documents d’aménagement de la commune reconnaissent cette difficulté. L’attractivité résidentielle et touristique de Pornic contribue au développement du territoire, mais elle entraîne parallèlement une dégradation des conditions d’accès au logement pour les jeunes actifs et les familles. La réservation d’une partie des futures constructions aux résidences principales apparaît ainsi comme l’un des leviers choisis pour tenter de maintenir une population permanente dans les quartiers les plus exposés à la pression immobilière.
Avec cette évolution du PLU et l’encadrement des locations saisonnières, Pornic rejoint ainsi le mouvement engagé par plusieurs communes du littoral français. Dans ces territoires particulièrement attractifs, la question n’est désormais plus seulement de construire davantage de logements, mais aussi de déterminer à qui ils seront réellement destinés.
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