Transat Café L’Or : Cap pour Elles cherche son nouveau duo féminin pour 2027
Qui succédera à Julia et Jeanne Courtois, Pamela Lee et Tiphaine Ragueneau, puis Aina Bauza et Axelle Pillain ? Depuis le 28 septembre, la quatrième édition de Cap pour Elles avec ENGIE est officiellement lancée. Les navigatrices intéressées ont jusqu’au 29 octobre 2026 pour constituer leur duo et déposer leur candidature.
À la clé, bien davantage qu'une simple invitation à participer à la TRANSAT CAFÉ L’OR. Pendant près d’un an, les deux lauréates bénéficieront d’un accompagnement sportif, humain, financier et médiatique destiné à les aider à construire un véritable projet de course au large. L’ambition reste celle qui avait présidé à la création du dispositif en 2021 : faciliter l’accès des femmes au plus haut niveau d’une discipline où elles demeurent encore très minoritaires.
La voile présente une particularité : femmes et hommes peuvent s’affronter sur les mêmes parcours et dans les mêmes compétitions. Pourtant, le passage de la pratique sportive à un projet professionnel de course au large reste difficile pour de nombreuses navigatrices.
Les femmes représentent aujourd’hui 36 % des licenciés FFVoile inscrits en compétition, selon les chiffres communiqués par l’organisation. Mais cette progression se traduit encore difficilement au plus haut niveau de la course océanique.
Car savoir naviguer ne suffit pas. Il faut trouver un bateau, bâtir un budget, convaincre des partenaires, constituer une équipe, gérer la communication et toute la partie administrative d’un projet, tout en continuant à s’entraîner et à accumuler de l’expérience en mer.
C’est précisément sur ces obstacles que Cap pour Elles veut agir. Intégré à la politique de féminisation de la Fédération Française de Voile, qui parraine le projet, le programme s'adresse notamment à des navigatrices déjà expérimentées ou issues de la voile olympique souhaitant franchir un nouveau cap vers le large.
« Le talent est là. L’enjeu est aussi de leur donner les opportunités, les moyens, le réseau et la confiance nécessaires pour franchir ce cap », résume Anne Combier, manager du duo Cap pour Elles. Une femme qui connaît particulièrement bien les coulisses de la course au large puisqu'elle travaille depuis plus de trente ans aux côtés de grands skippers.
Les futures lauréates profiteront ainsi de son mentoring, mais aussi d’une aide à la recherche de partenaires, d’un accompagnement en communication et relations presse, de production de contenus et de la prise en charge de leurs frais d’inscription. ENGIE, partenaire du programme depuis 2023, participe également à l'accompagnement du duo.
Pour mesurer l’intérêt du dispositif, il suffit surtout de regarder ce que sont devenues les précédentes lauréates. En 2021, les jumelles Julia et Jeanne Courtois avaient été les premières à tenter l’aventure. Elles avaient bouclé leur première transatlantique en Class40 à la 38e place. Cinq ans plus tard, la course au large fait toujours partie de leur parcours. Julia Courtois évolue notamment cette saison sur le circuit Mini 6.50 à bord du Mini n°989 Association Altygo. Deux ans plus tard, Pamela Lee et Tiphaine Ragueneau prenaient le relais et terminaient leur transatlantique à la 29e place. Depuis, leurs trajectoires se sont séparées, mais toutes deux ont poursuivi au large.
Pamela Lee a lancé son propre projet Class40, #EMPOWHER. Revenue sur la TRANSAT CAFÉ L’OR en 2025, elle y a décroché la 17e place. Après une 9e place sur la CIC Normandy Channel Race et une 5e place sur la Round Ireland Yacht Race cette saison, l’Irlandaise s’apprête désormais à franchir une nouvelle étape avec la Route du Rhum – Destination Guadeloupe 2026.
Tiphaine Ragueneau s’est quant à elle tournée vers le Figaro et la navigation en solitaire. Après avoir découvert la Solitaire du Figaro en 2025, elle a terminé 19e de l’édition 2026 et travaille déjà à la construction d’un nouveau projet pour 2027.
La dernière promotion illustre elle aussi la volonté de Cap pour Elles de servir de point de départ plutôt que d’aboutissement. Lauréates en 2025, Aina Bauza et Axelle Pillain ont pris la 20e place de la TRANSAT CAFÉ L’OR pour leur première traversée de l’Atlantique ensemble. Quelques mois plus tard, les deux navigatrices sont toujours engagées sur le circuit Class40.
Axelle Pillain a notamment participé à la CIC Normandy Channel Race 2026 aux côtés de Sasha Lanièce, avec une 13e place à l’arrivée. Aina Bauza prépare de son côté un défi d’une tout autre ampleur : sa première Route du Rhum en solitaire, toujours en Class40.
Un projet qu’elle est parvenue à monter en quelques mois seulement et pour lequel elle estime que l’expérience acquise grâce à Cap pour Elles a été déterminante. « Cap pour Elles a été un véritable tremplin. Après mes projets en Mini, le dispositif m’a permis de lancer mon premier projet en Class40 et de participer à une grande transatlantique », explique Aina Bauza. Au-delà de la navigation, la skipper insiste surtout sur l’apprentissage de tout ce qui fait vivre un projet à terre : « J’ai aussi énormément appris sur tout ce qui entoure un projet de course au large, notamment sa structuration et sa partie administrative. Cette expérience me sert aujourd’hui : j’ai réussi à monter mon nouveau projet en seulement trois mois parce que je sais désormais faire les choses beaucoup plus rapidement. »
Pour Anne Combier, ces trajectoires constituent justement l’une des principales réussites du programme : « Voir aujourd’hui les anciennes lauréates continuer leur chemin et certaines participer à des courses comme la Route du Rhum est la meilleure démonstration de l’utilité du programme. »
Pour cette quatrième édition, plusieurs conditions doivent être respectées. Les candidates doivent être majeures, constituer un duo féminin souhaitant courir en Class40 et ne jamais avoir participé à une transatlantique en compétition. Une exception est toutefois prévue pour celles ayant déjà disputé la Transat 6.50.
La sélection ne reposera pas uniquement sur les résultats sportifs. L’expérience nautique sera évidemment examinée, mais l’organisation étudiera également l’état d’avancement du projet, l’implication des candidates, leur engagement ainsi que leurs démarches en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Les dossiers peuvent être déposés jusqu’au 29 octobre 2026. Après leur étude et des entretiens individuels, trois duos finalistes seront annoncés le 9 novembre. Ils devront ensuite passer une série de tests avant l’ouverture de la sélection au vote du public.
Le nom du nouveau duo Cap pour Elles sera finalement dévoilé le 26 novembre 2026 à la Maison de la Radio, lors de la conférence de presse de lancement de la TRANSAT CAFÉ L’OR 2027.
Commencera alors une course contre la montre de près d’un an. Entraînements, recherche de partenaires, préparation du bateau, communication, structuration du projet : les deux navigatrices devront progressivement transformer leur sélection en véritable campagne sportive.
Elles pourront également compter sur Claudie Haigneré, qui renouvelle son rôle de marraine du programme pour cette quatrième édition. « La course au large n’est pas encore aussi accessible aux équipages féminins, alors même que l’océan attend tous leurs talents ! », souligne-t-elle. « Cap Pour Elles avec ENGIE leur apporte des moyens, un accompagnement, mais aussi ce souffle de confiance si précieux pour oser et construire la suite. » Même logique du côté d’ENGIE. Dominique Wood-Benneteau, Group Communication and Branding VP du groupe, voit dans le renouvellement du partenariat une manière de « faire vivre concrètement notre engagement pour la mixité et l’égalité des chances », dans un univers qui mobilise selon elle « expertise technique, goût du défi, esprit d’équipe et capacité d’innovation ».
Pour les deux futures lauréates, tout convergera finalement vers une date : le 31 octobre 2027. Ce jour-là, elles quitteront Le Havre avec la flotte de la TRANSAT CAFÉ L’OR pour leur première transatlantique en compétition.
Et si l’on en croit les trajectoires des six navigatrices qui les ont précédées, la ligne d’arrivée pourrait surtout marquer le début de la suite.