Secours en mer : près de 70 naufragés évacués lors d’un exercice de grande ampleur à Cherbourg

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Voie d’eau à bord d’un navire à passagers, évacuation d’urgence, récupération des naufragés et prise en charge médicale : mardi 13 octobre 2026, la rade de Cherbourg a été le théâtre d’une importante opération de secours maritime. Un exercice grandeur nature destiné à tester la coordination des équipes face à une catastrophe impliquant de nombreuses victimes.
 

Un navire en détresse et près de 70 passagers à évacuer

Ce mardi 13 octobre, un scénario catastrophe s’est déroulé en grande rade de Cherbourg. À bord de l’Adèle, un navire à passagers d’une capacité de 82 personnes, une importante voie d’eau menace la sécurité des occupants. Face à l’impossibilité de maîtriser le sinistre, le commandant prend une décision radicale : ordonner l’évacuation complète du bâtiment. Heureusement, cette situation d’urgence était entièrement simulée. Organisé par la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, cet exercice de secours maritime de grande ampleur (SMGA) avait pour objectif de préparer les différents services d’intervention à une catastrophe maritime majeure, comme le naufrage d’un ferry ou d’un navire transportant de nombreux passagers.
Pour rendre l’opération aussi réaliste que possible, près de 70 personnes ont participé à l’évacuation, dont 60 élèves du lycée professionnel maritime et aquacole Daniel Rigolet de Cherbourg. Tous ont pris place dans un radeau de sauvetage d’une capacité de 100 personnes, spécialement déployé pour l’occasion.
Dans le même temps, deux hommes à la mer, représentés par des mannequins, ont nécessité l’intervention des sauveteurs de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM).
 

L’Abeille Liberté au cœur de l’opération de sauvetage

Une fois les passagers évacués, les opérations de récupération ont mobilisé plusieurs moyens nautiques. Les canots de la SNSM des stations d’Urville-Nacqueville et de Fermanville sont intervenus aux côtés de l’Abeille Liberté, remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage affrété par la Marine nationale. Habituellement chargé d’assister les navires en difficulté et de contribuer à la sécurité maritime, le puissant remorqueur a cette fois joué un rôle central dans la récupération et l’accueil des naufragés.
À son bord, un poste médical avancé a été déployé par le SAMU de coordination médicale maritime du Havre. L’objectif était de simuler la prise en charge de nombreuses victimes directement en mer, avant leur transfert vers les équipes médicales terrestres.
L’opération s’est poursuivie jusqu’au quai des Flamands, dans le port de Cherbourg, où les passagers ont été confiés aux équipes du Service départemental d’incendie et de secours de la Manche (SDIS 50), du SAMU 50 et du SMUR 50.
Cette dernière étape constituait un enjeu essentiel de l’exercice : assurer une transition efficace entre les secours maritimes, placés sous l’autorité du préfet maritime, et les secours terrestres, relevant du préfet de la Manche.


Un exercice du plus haut niveau pour anticiper les catastrophes maritimes

Au-delà de l'évacuation du navire, cette simulation visait à éprouver l'ensemble de la chaîne de secours. Classé au niveau 3 du dispositif ORSEC maritime, soit le niveau le plus élevé de cette catégorie d'exercices, cet entraînement a mobilisé de nombreux acteurs civils et militaires. Le dispositif ORSEC maritime, pour « organisation de la réponse de sécurité civile en mer », définit les procédures à mettre en œuvre lorsqu'un événement menace les personnes, les biens ou l'environnement maritime.
Il comprend cinq grands volets : la recherche et le sauvetage (SAR), l'assistance aux navires en difficulté (ANED), la lutte contre les pollutions maritimes (POLMAR), la gestion des événements nucléaires et radiologiques (NUCMAR) et la circulation maritime perturbée (CIRC). À Cherbourg, c'est principalement le volet consacré à la recherche et au sauvetage qui a été testé.
L'exercice devait notamment permettre d'évaluer la réactivité des intervenants, la circulation des informations entre les différents centres de crise et la coordination des opérations entre la mer et la terre. Le CROSS Jobourg, chargé de la coordination des opérations de recherche et de sauvetage dans son secteur, figurait parmi les principaux acteurs mobilisés. Autre point crucial : le transfert de responsabilité entre les autorités maritimes et terrestres, une étape déterminante lorsqu'un grand nombre de victimes doivent être accueillies et prises en charge à quai.


Mieux se préparer pour sauver des vies

Si les opérations se sont déroulées dans un cadre fictif, les enjeux sont bien réels. En cas de naufrage d'un navire à passagers, la rapidité d'intervention ne suffit pas : la capacité des différents services à travailler ensemble peut faire toute la différence.
« C'est en simulant les situations les plus exigeantes que les équipes de secours acquièrent les réflexes et la coordination nécessaires pour protéger les vies humaines en mer », a rappelé le vice-amiral d'escadre Emmanuel Slaars, directeur des opérations de secours dans le cadre du dispositif ORSEC maritime. Chaque exercice de cette ampleur fait l'objet d'un retour d'expérience destiné à identifier les éventuelles difficultés rencontrées et à améliorer les procédures existantes.
Pour cette simulation, la préfecture maritime a pu compter sur la mobilisation de nombreux partenaires, parmi lesquels la Marine nationale, la SNSM, les marins-pompiers de Cherbourg, les services médicaux d'urgence, la préfecture de la Manche, le port de Cherbourg, ainsi que plusieurs acteurs privés.
Dans une zone maritime aussi fréquentée que la Manche, où cohabitent navires de commerce, ferries, bateaux de pêche et plaisanciers, la préparation à une situation de crise majeure constitue un enjeu permanent de sécurité. Cet exercice rappelle qu'en mer, l'efficacité d'un sauvetage repose autant sur les moyens engagés que sur la coordination de celles et ceux qui interviennent.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.