
À un peu plus de deux semaines du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, Sam Goodchild entre dans la dernière ligne droite de sa préparation. Après un an et demi de travail avec son équipe, le skipper franco-britannique de 36 ans s’apprête à mettre le cap sur Saint-Malo, où son Imoca MACIF Santé Prévoyance est attendu le 21 octobre. Pour sa troisième participation à la mythique transatlantique, mais sa première en IMOCA, il fait partie des favoris d’une flotte particulièrement relevée de 22 monocoques de 18,28 m. À l'approche du grand rendez-vous du 1er novembre à 13h02, Sam regarde le chemin parcouru avec un mélange d'impatience, de fierté et de sérénité.
À quelques jours de rejoindre la cité corsaire, pour Sam Goodchild et son équipe, chaque journée compte encore. Après deux stages au Pôle Finistère Course au Large, dont le dernier a eu lieu cette semaine, les ultimes préparatifs se poursuivent à bord de MACIF Santé Prévoyance. Au programme : dernières vérifications techniques et nouvelles voiles à apprivoiser. L’objectif est clair : arriver à Saint-Malo avec un bateau paré à traverser l’Atlantique en solitaire.
À partir du lundi 19 octobre, l’équipe se tiendra prête à larguer les amarres pour le convoyage vers Saint-Malo, où l’IMOCA est attendu le mercredi 21 octobre. Une dernière navigation qui n’a rien d’anodin. « Techniquement, l’objectif est d’arriver à Saint-Malo avec un bateau prêt à prendre le départ. Mais ce convoyage marque aussi une étape importante pour tout le monde. Une fois à Saint-Malo, la dynamique change, le planning se remplit, on change de rythme. Là, on y est vraiment ! »
Garder le cap au cœur du tourbillon malouin
Du calme des derniers entraînements à l’effervescence des quais de la cité corsaire, le contraste promet d’être saisissant. Sam connaît la ferveur qui entoure la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Il l’a déjà vécue à deux reprises, mais cette fois, il faudra aussi composer avec les sollicitations qui accompagnent son statut de prétendant à la victoire. Pas question pour autant de se laisser emporter par le tourbillon. Tout a été anticipé pour préserver l’essentiel : sa concentration et son énergie.
« On passe du calme à la liesse ! Mais nous avons fait en sorte que le planning soit très organisé, et surtout pas trop chargé. L’idée, ce n’est pas de courir du matin au soir. Il faut pouvoir garder du temps pour soi, faire du sport, faire des siestes, se reposer. Je vais partir pour une dizaine de jours en mer, tout seul. C’est important de préserver ces moments avant le départ. »
Une troisième Route du Rhum qui a une saveur particulière
Pour Sam Goodchild, cette édition 2026 est bien plus qu’un nouveau rendez-vous sportif. C’est aussi une histoire de persévérance, de rencontres et de chemins parfois contrariés. En 2014, il découvre la Route du Rhum en Class40, au terme d’un projet dans lequel il s’est investi corps et âme. Quatre ans plus tard, en Ocean Fifty, alors qu’il figure parmi les favoris, une blessure au visage l’oblige à renoncer au moment même du départ. Deux expériences très différentes, mais qui ont forgé son attachement à cette course. Douze ans après sa première participation, le voilà de retour, cette fois à la barre d’un IMOCA taillé pour jouer aux avant-postes.
« C’est génial de pouvoir prendre le départ de cette Route du Rhum avec MACIF Santé Prévoyance. Nous avons une équipe extraordinaire et je suis très fier d’être là aujourd’hui. Lors de ma première participation, en Class40, c’était un projet très engagé, personnellement et humainement. La dernière fois, en Ocean Fifty, j’étais parmi les favoris. Aujourd’hui, c’est encore une autre histoire. Quand on prend la barre d’un bateau comme MACIF Santé Prévoyance, il y a forcément une certaine pression. »
Depuis un an et demi, le skipper et son équipe ont multiplié les navigations, les milles et les ajustements pour être au rendez-vous. Une préparation exigeante, avec en ligne de mire cette Route du Rhum, mais aussi le Vendée Globe 2028. À 36 ans, le navigateur franco-britannique semble avoir trouvé un équilibre précieux entre ambition et recul.
Face aux 21 autres IMOCA engagés, la bataille s’annonce passionnante. Sam Goodchild sait qu’il possède les armes pour jouer devant, mais se garde bien de sous-estimer ses adversaires. « Il faut se méfier de tout le monde ! Ambrogio (Beccaria) et Jérémie (Beyou) ont l’air en grande forme. Il y a aussi Violette (Dorange), Élodie (Bonafous) qui vont bien… La liste est longue ! »
D’ici le top départ, il reste encore quelques étapes à franchir, des moments à partager et cette atmosphère si particulière de Saint-Malo à retrouver. Sam Goodchild compte bien en profiter pleinement. « J’ai vraiment hâte d’être sur la ligne, mais je ne suis pas pressé. Je crois que c’est important de savoir apprécier le chemin, tout ce qui nous amène jusqu’à la ligne de départ. »
vous recommande