
Trois jours après avoir quitté Saint-Malo pour sa première Route du Rhum - Destination Guadeloupe, Élodie Bonafous pointe à la 5e place des IMOCA. À bord d'Association Petits Princes - Quéguiner, la Finistérienne a déjà connu quelques belles accélérations, une bonne dose d'adrénaline et un sérieux coup de frein. De quoi lui rappeler que l'Atlantique ne distribue pas toujours les bonnes cartes aux bons moments.
« Quel départ ! On a vraiment été gâtés, avec des conditions tellement agréables. C'était un cadeau ! Et puis ça a vite forcé une fois au large. J'avais de super vitesses sur tout le bord au nord de la Bretagne. J'ai peut-être été un peu trop conservatrice en prenant un ris pendant la nuit, mais j'étais vraiment contente des performances du bateau au portant. » Après un empannage qui l'a conduite un peu plus au nord, les choses se sont compliquées. Vent irrégulier, mer plus formée, réglages délicats : il a fallu batailler pour rejoindre le front météorologique. Et là, mauvaise pioche. « Patatras ! Ça ne s'est pas du tout passé comme je l'avais imaginé. Je savais qu'il ne fallait pas traîner pour passer ce front, mais je ne pensais pas que l'on galérerait autant ni que l'on resterait coincés aussi longtemps. Surtout quand on voit qu'un concurrent a réussi à passer et pas nous. C'est un peu dur ! » Ce concurrent, c'est Corentin Horeau (MACSF), désormais installé en tête avec plus de 130 milles d'avance. Derrière lui, les écarts ont été sérieusement rebattus.
Pour Élodie, pas question de céder au découragement. « Je fais tourner mes routages pour comprendre si je peux encore rattraper le vent derrière le front ou s'il faut changer de stratégie pour les prochaines 24 heures. Heureusement, un seul bateau a réussi à passer dans ces conditions-là, ce qui limite un peu les conséquences. Mais ça va être compliqué de revoir Corentin, même si rien n'est perdu. » Dans cette première traversée en solitaire sur son monocoque de 60 pieds, la navigatrice apprend aussi à gérer ses ressources. Après deux journées menées tambour battant, elle a enfin pu s'offrir un vrai repas et quelques heures de sommeil. « J'ai réussi à bien dormir la nuit dernière, quand c'était plus calme. Aujourd'hui, c'est plus compliqué parce que je me bats pour avancer dans la molle. Je vais essayer de retrouver un rythme et de me reposer un peu. Je sens que je ne suis pas encore sortie de ce truc ! » Le moral, lui, ne connaît pas de panne. « Je suis contente d'être là ! J'ai quand même hâte d'être en short et en tee-shirt, mais pour le moment, ce n'est pas désagréable non plus. Keep going ! » Une manière bien à elle de rappeler qu'à ce stade de la course, il reste encore beaucoup de milles pour faire bouger les lignes.
Il lui suffit de penser aux enfants de l'Association Petits Princes, qui luttent face à la maladie, rencontrés sur le village de Saint-Malo la semaine dernière pour lui donner la force et le courage de persévérer dans ces moments un peu plus difficiles !
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