Un grand requin blanc filmé sous l’eau en Méditerranée : une rencontre rarissime au large de la Sicile

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Un plongeur bénévole a filmé ce qui semble être la première vidéo sous-marine d’un grand requin blanc adulte en Méditerranée, lors d’une mission de retrait de filets fantômes sur une épave située entre la Sicile et la Tunisie. Une apparition spectaculaire, mais surtout précieuse pour les scientifiques, tant l’espèce est devenue rare dans cette mer pourtant historiquement fréquentée par ce grand prédateur.

Un plongeur bénévole a filmé ce qui semble être la première vidéo sous-marine d’un grand requin blanc adulte en Méditerranée, lors d’une mission de retrait de filets fantômes sur une épave située entre la Sicile et la Tunisie. Une apparition spectaculaire, mais surtout précieuse pour les scientifiques, tant l’espèce est devenue rare dans cette mer pourtant historiquement fréquentée par ce grand prédateur.

 

Une silhouette immense surgie près d’une épave

La mission devait être consacrée à la dépollution des fonds marins. En mai 2026, des plongeurs techniques participaient à une opération organisée par Healthy Seas, Ghost Diving et la SDSS, dans le détroit de Sicile, afin de retirer des filets de pêche abandonnés accrochés à une épave. À environ 40 m de profondeur, alors que l’équipe évoluait dans une zone située au large, entre la Sicile et la Tunisie, une silhouette massive est apparue dans le bleu. Le plongeur Derk Remmers a alors réussi à filmer l’animal. Sur les images, le requin blanc passe près des plongeurs, accompagné de petits poissons, avant de disparaître. La scène est brève, presque irréelle, mais elle suffit à faire de cette rencontre un document exceptionnel. Les organisations à l’origine de l’expédition parlent de ce qui semble être la première séquence sous marine d’un grand requin blanc adulte filmé par des plongeurs dans son habitat naturel en Méditerranée.

La prudence reste importante, car des observations en surface ont déjà été rapportées dans la région. Mais une rencontre documentée sous l’eau, au contact direct de plongeurs, n’avait jusqu’ici pas été établie de cette manière. C’est précisément ce qui donne à ces images une valeur particulière. 

Un animal rare, mais bien méditerranéen

Le grand requin blanc n’est pas un intrus en Méditerranée. L’espèce y est présente depuis très longtemps, même si elle y est aujourd’hui devenue extrêmement discrète. Sa réputation, largement façonnée par le cinéma et par la peur qu’il inspire, masque souvent une réalité bien différente : en Méditerranée, le grand requin blanc est surtout un animal menacé, peu observé et mal connu. Les scientifiques rappellent que la majorité des connaissances disponibles sur cette population provient d’individus morts, capturés accidentellement ou retrouvés dans des opérations de pêche. C’est ce qui rend une vidéo de ce type si précieuse. Voir un adulte évoluer librement dans son milieu permet d’enrichir les données sur sa répartition, son comportement et les zones qu’il fréquente encore.

Cette observation ne signifie pas que les grands requins blancs reviennent massivement près des côtes méditerranéennes. Elle rappelle plutôt qu’ils n’ont jamais totalement disparu, mais qu’ils sont devenus si rares que chaque image compte.

 

 

Des filets fantômes au cœur de l’histoire

La force de cette séquence tient aussi au contexte dans lequel elle a été tournée. Les plongeurs n’étaient pas venus chercher le requin. Ils travaillaient sur une épave transformée en piège par des filets fantômes, ces engins de pêche perdus ou abandonnés qui continuent à capturer des animaux pendant des années. Tortues, grands poissons, raies, requins : ces filets posent un problème majeur pour la biodiversité marine. Les épaves jouent souvent un rôle de récif artificiel, en attirant de nombreuses espèces. Mais lorsqu’elles sont recouvertes de matériel de pêche abandonné, elles deviennent aussi des pièges silencieux.

Dans ce cas précis, l’apparition du grand requin blanc donne une portée symbolique à la mission. Elle montre que ces zones offshore, parfois peu visibles dans le débat public, peuvent encore abriter une vie marine remarquable. Elle rappelle aussi que les menaces pesant sur les grands prédateurs ne viennent pas seulement de la pêche directe, mais aussi de la disparition des proies, des captures accidentelles, de la pollution et de la dégradation des habitats.

Un prédateur essentiel, pas un monstre marin

Le grand requin blanc impressionne par sa taille, sa puissance et sa place au sommet de la chaîne alimentaire. Mais son rôle écologique est souvent oublié. Comme grand prédateur, il participe à l’équilibre des écosystèmes marins en régulant certaines populations et en éliminant les individus affaiblis. Sa présence, même rare, peut donc être l’indice d’un milieu encore capable d’accueillir des espèces exigeantes.

En Méditerranée, cette présence est devenue fragile. La pression de pêche, les captures accidentelles et la raréfaction de certaines proies ont contribué à faire chuter les effectifs. Dans ce contexte, la vidéo n’est pas seulement une curiosité virale. Elle devient un document scientifique, un signal écologique et une invitation à regarder autrement une mer souvent perçue comme familière, alors qu’elle conserve encore une part de mystère.

La peur ne doit donc pas être le message principal de cette rencontre. Les attaques de requins restent extrêmement rares, et l’enjeu majeur se situe plutôt dans l’autre sens : c’est l’espèce qui subit fortement la pression humaine. Le requin filmé près de cette épave n’est pas le signe d’un danger nouveau pour les baigneurs. Il est surtout le témoin d’une biodiversité méditerranéenne qui résiste encore, mais qui demande à être mieux protégée.

Une image qui change le regard sur la Méditerranée

La scène a naturellement enflammé les réseaux sociaux. Un grand requin blanc filmé sous l’eau, en Méditerranée, à quelques mètres de plongeurs, a tout pour captiver. Mais derrière l’effet spectaculaire, cette séquence raconte autre chose : une mer très exploitée, des fonds encombrés de déchets de pêche, des espèces emblématiques devenues rares et des plongeurs bénévoles qui documentent un monde largement invisible. C’est peut être là que réside l’intérêt profond de ces images. Elles ne montrent pas seulement un requin. Elles montrent qu’au large, loin des plages et des ports, la Méditerranée reste un espace vivant, complexe, parfois surprenant. Elles rappellent aussi que protéger les grands prédateurs, ce n’est pas défendre une image de carte postale, mais préserver les équilibres qui permettent à tout un écosystème de fonctionner.

La rencontre de Derk Remmers et de son équipe restera sans doute comme l’une des images marines les plus marquantes de l’année. Non parce qu’elle nourrit la peur du grand requin blanc, mais parce qu’elle offre une preuve rare de sa présence, dans une mer où son ombre semblait presque devenue légendaire.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.