
La pêche au gros en Méditerranée désigne, dans le langage courant, la recherche des grands poissons du large, en particulier les grands migrateurs comme le thon rouge, l’espadon ou le thon germon. Ce sont des espèces puissantes, capables de longs déplacements, qui ont forgé la réputation spectaculaire de cette pratique. Mais dans les eaux françaises, cette image ne correspond plus totalement à la réalité réglementaire. Aujourd’hui, toutes les espèces emblématiques ne peuvent plus être pêchées librement, et certaines ne peuvent même plus être ciblées du tout en pêche de loisir. La première règle à rappeler est simple : la pêche maritime de loisir reste une pêche non commerciale. Le code rural et de la pêche maritime précise que les prises sont destinées à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille. Elles ne peuvent ni être vendues, ni mises en vente, ni achetées en connaissance de cause. La loi rappelle aussi que la pêche de loisir doit respecter les mêmes grands cadres que la pêche professionnelle pour les tailles minimales, les périodes, les zones, les interdictions et les conditions d’usage des engins.
Ce que la réglementation autorise encore vraiment en Méditerranée
En 2026, le thon rouge reste l’espèce phare de la pêche au gros en Méditerranée française, mais il ne peut pas être pêché comme n’importe quel poisson. Sa capture en pêche de loisir est soumise à une autorisation spécifique. Cette autorisation est délivrée navire par navire. Le texte de référence publié pour 2025 précisait déjà ce cadre très strict, avec une seule demande possible par bateau, l’obligation d’avoir l’autorisation à bord et l’interdiction totale pour les navires battant pavillon d’un État tiers à l’Union européenne.
Il faut aussi comprendre que le thon rouge s’inscrit dans une gestion internationale. L’ICCAT, c’est la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, l’organisme qui fixe les grandes règles de gestion pour ces espèces migratrices dans l’Atlantique et la Méditerranée. Pour le thon rouge de l’Atlantique Est et de la Méditerranée, cette commission a fixé pour 2026 à 2028 un total autorisé de captures de 48 403 t. Ensuite, chaque État reçoit sa part. La France dispose pour 2026 d’un quota national de 7 833 t pour cette zone. Ce chiffre concerne l’ensemble des usages autorisés, pas seulement la pêche de loisir. Dans ce quota français de 7 833 t, une petite part est réservée à la pêche de loisir. En 2026, l’arrêté français de répartition du quota prévoit 78,3 t attribuées collectivement à cette pratique. Dit autrement, la pêche de loisir au thon rouge existe encore, mais elle représente une fraction très réduite du volume total autorisé pour la France. C’est ce qui explique le niveau de contrôle particulièrement élevé autour de cette espèce.
Thon rouge : ce que la loi impose concrètement aux pêcheurs de loisir
Pour le thon rouge, la réglementation ne s’arrête pas à l’autorisation. Lorsqu’une capture avec conservation est permise, elle s’accompagne d’obligations très précises. Le poisson doit être marqué avec une bague. Le débarquement doit être déclaré à FranceAgriMer dans un délai de 48 h. Le pêcheur doit aussi indiquer le poids et la taille du poisson capturé. Même dans le cas d’un poisson remonté mort lors d’une séquence de remise à l’eau, une déclaration est prévue. La taille minimale légale du thon rouge en pêche de loisir est fixée à 30 kg ou 115 cm de longueur à la fourche. Ce seuil est important, car il montre que la réglementation ne vise pas seulement le nombre de prises, mais aussi la protection des individus trop jeunes ou insuffisamment développés. En revanche, il faut rester prudent sur les dates exactes d’ouverture et les modalités détaillées de la campagne 2026 de pêche de loisir du thon rouge. L’arrêté annuel publié sur Légifrance pour 2025 fixait un calendrier et des conditions précises, mais je n’ai pas trouvé, dans les textes officiels publiés à ce jour, l’arrêté annuel équivalent pour 2026 détaillant la campagne de loisir avec ses dates d’ouverture. Il faut donc éviter d’écrire des dates 2026 non confirmées par un texte publié.

Espadon et thon germon : une interdiction qui change complètement la réalité de la pêche au gros
C’est le point le plus important pour comprendre la situation actuelle en Méditerranée française. Depuis l’arrêté du 8 juillet 2025, la pêche récréative de l’espadon et du thon germon fait l’objet d’un moratoire de 3 ans dans les eaux françaises de la mer Méditerranée. Le texte est très clair : l’interdiction vaut à la fois pour les captures avec débarquement et pour le pêcher relâcher. Autrement dit, ces 2 espèces ne peuvent plus être ciblées en pêche de loisir dans ce secteur pendant la durée du moratoire. Cette interdiction change profondément le sujet. Pendant longtemps, l’espadon faisait partie des espèces qui venaient immédiatement à l’esprit quand on parlait de pêche au gros méditerranéenne. Ce n’est plus le cas dans le cadre français actuel. En cas de capture accidentelle d’espadon ou de thon germon, le texte impose en outre une déclaration dans les 48 h via un formulaire CERFA dédié.
Déclarations, enregistrement, marquage : la pêche de loisir est beaucoup plus suivie qu’avant
Au-delà des espèces elles-mêmes, la réglementation a encore franchi un cap avec les nouvelles obligations déclaratives. Le ministère de la Mer indique qu’en Méditerranée, tous les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus doivent désormais s’enregistrer tous les 12 mois, quelle que soit l’espèce recherchée, à l’exception des pêcheurs à pied. Pour les espèces dites sensibles, les captures doivent être déclarées de manière journalière.
Le ministère précise aussi qu’en 2026 les espèces sensibles retenues en Méditerranée sont le thon rouge, la dorade rose et la dorade coryphène. Il ajoute que l’application européenne RecFishing, initialement attendue au 10 janvier 2026, a finalement été lancée en France le 12 février 2026 en raison d’un report technique. Cette précision est importante, car elle montre que le cadre actuel ne repose plus seulement sur des arrêtés anciens, mais aussi sur un dispositif de suivi numérique des captures. Autre obligation de fond, le marquage des prises. Le ministère rappelle que, pour éviter le braconnage, chaque pêcheur doit marquer ses captures par l’ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale. Ce principe existe depuis plusieurs années dans les textes et reste un pilier du contrôle des poissons conservés à bord.
Ce que la réglementation dit aussi sur les engins et les conditions de pêche
La pêche au gros ne se résume pas aux espèces ciblées. Les moyens employés sont eux aussi réglementés. Le ministère rappelle que, pour la pêche à bord d’un bateau, seuls certains engins sont autorisés, notamment des lignes gréées, 2 palangres limitées chacune à 30 hameçons au maximum, 2 casiers, une foëne, une épuisette ou une salabre, avec des adaptations possibles selon les zones. Le code rural précise par ailleurs que les engins électriques de type vire lignes ou moulinets électriques sont autorisés dans la limite de 3 appareils par navire, chacun ne pouvant pas dépasser 800 watts. Cette partie est moins spectaculaire que les questions de quotas ou de moratoires, mais elle compte beaucoup dans les contrôles. La législation ne s’intéresse pas seulement à l’espèce capturée. Elle encadre aussi la manière de pêcher, l’équipement embarqué et la traçabilité des prises.
Ce que l’on peut écrire clairement sur la pêche au gros en Méditerranée en 2026
La réalité est donc beaucoup plus resserrée que le discours traditionnel sur la pêche au gros méditerranéenne. Dans les eaux françaises de Méditerranée, le thon rouge demeure l’espèce emblématique encore accessible en pêche de loisir, mais dans un cadre extrêmement contrôlé, avec autorisation, quota, bague, taille minimale et déclaration. À l’inverse, l’espadon et le thon germon sont désormais interdits en pêche récréative pendant 3 ans, y compris en remise à l’eau.
En Méditerranée, la pêche au gros existe toujours, mais elle ne correspond plus au fantasme d’une pratique large et libre. C’est une activité très encadrée, suivie de près, et dont le cadre change au rythme des arrêtés annuels et des mesures de conservation. Pour écrire juste sur le sujet, il faut donc partir des textes en vigueur et non des habitudes anciennes ou des récits de pêche d’une autre époque.
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