Bulgarie, le temps de la villégiature a sonné

Lundi 3 avril 2017 à 16h14

Après vingt ans de tourisme de masse low cost, le plus vieux pays slave commence à préserver ses plages pour y recevoir une clientèle plus aisée. Tour d’horizon de ces nouvelles destinations de choix.

Sozopol ©© Flickr
Après vingt ans de tourisme de masse low cost, le plus vieux pays slave commence à préserver ses plages pour y recevoir une clientèle plus aisée. Tour d’horizon de ces nouvelles destinations de choix.

Bordé au nord par le Danube et la Roumanie, au sud par la Grèce et la Turquie, à l’ouest par la Serbie et la République de Macédoine, et à l’est par la mer Noire, voici un pays qui commence à faire parler de lui dans l’univers de la plaisance : la Bulgarie.

Sa chance, ses 380 kilomètres de côtes donnant sur la mer Noire. Une mer bleue comme son nom ne l’indique pas, aux températures agréables l’été, qui lui permettent de se hisser tranquillement mais sûrement parmi les destinations européennes estivales de choix. Désormais, il est quasiment fini le temps où les vacanciers à faible budget venaient des quatre coins de l’Europe et de la Russie vers les grandes plages du pays pour s’offrir quinze jours au soleil à moindre prix dans ce pays tout juste sorti du communisme.

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Baltchik

En dix ans, la Bulgarie a su faire des investissements et s’équiper en infrastructures hôtelières de meilleure qualité, pour recevoir des clients aux porte-monnaie plus étoffés, et utiliser le tourisme de façon plus rentable pour remonter sa pente économique. Alors bien sûr, il y a eu des lieux bétonnés comme la station des Sables d’or à Zlatni Piassatzi, au nord de Varna, où les immeubles occultent complètement le paysage maritime. Ou encore Sunny Beach, à mi-chemin entre Varna et Bourgas, cité balnéaire où les complexes hôteliers ont poussé comme des champignons allant jusqu’à provoquer des affaissements de terrain. Mais d’autres villages côtiers ont reçu un traitement plus respectueux, bénéficiant de la volonté du ministère du Tourisme bulgare de promouvoir un tourisme écologique, culturel et rural.

Sozopol, le Saint-Tropez bulgare

C’est le sud du littoral qui représente cette nouvelle tendance. Parmi ces nouvelles perles préservées figure Rézovo, le dernier village au sud du littoral avant la frontière turque. Sa côte est l’une des plus sauvages de Bulgarie, surplombée par des pâturages où paissent les vaches, face à des rochers occupés par de nombreux cormorans et des eaux claires où nagent les dauphins.

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Plage de Silistar

À deux pas de Rézovo se trouve Silistar, une plage où le fleuve du même nom se jette dans la mer, d’où résulte une très riche végétation. Un peu plus haut, toujours dans la province sud de Bourgas, apparaît Arkoutino, une plage préservée située au sein d’une réserve naturelle. Toujours au sud, Sinémoretz est un village très prisé car, sa plage, l'une des plus belles de Bulgarie, est couplée d'un lagon.

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La plage de Sinémoretz

C’est tout près d’ici que se trouve l’une des nouvelles destinations bulgares les plus cotées : Sozopol. Un hameau juché sur une péninsule où se pressent désormais l’été les artistes et grandes fortunes. Il a hérité du surnom de « Saint-Tropez bulgare ». Fondée au VIe siècle av. J.-C. par des colons grecs, Sozopol est l’une des plus vieilles villes bulgares. Depuis ses fortifications de pierres où sont nichés maisons en bois et petits restaurants, la vue est imprenable sur la mer et les trois îles de la ville.

Autre village côtier désormais réputé, Primorsko, toujours dans la province de Bourgas. Déployée sur une presqu'île, la petite ville possède les plus longues plages de sable du littoral sud. Ses abords sont parsemés de sites archéologiques romains et byzantins.

Varna, capitale d’été de la riviera

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Plage de Varna

Au centre du littoral, apparaît ensuite Varna. La « capitale d’été de la riviera bulgare », comme on la nomme dans le pays, fait partie des plus anciennes villes d’Europe. Fondée au VIe siècle avant J-C, on y a retrouvé les plus vieux bijoux en or du monde que l’on peut admirer au musée archéologique. Les autres curiosités de la ville sont le jardin maritime, les thermes romains et le musée naval. Varna est l’un des plus grands ports de la mer Noire.

C’est au nord de cette « capitale » qu’a été construite la plus vieille station balnéaire du pays, Saints Constantin et Hélène, toujours opérationnelle. Située dans une forêt, elle héberge sept sources thermales où la température de l’eau varie entre 40 et 60° С, quelques hôtels de deux à quatre étoiles, des piscines minérales et un port de plaisance. Après Varna, il faut remonter tout au nord du littoral pour retrouver des zones protégées du bétonnage et du tourisme de masse. Ainsi, Bolata est une jolie baie en forme d’anse qui combine plage et réserve naturelle. Et Balchik, ville construite en forme d‘amphithéâtre, est un petit bijou où des architectes et botanistes de renommée mondiale sont venus exercer leurs talents dans les années 1920 pour embellir le palais d’été de la reine Marie de Roumanie tombée amoureuse du lieu.

Yachting, pêche sous-marine et kite surf

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Cascade de Krushuna au nord du pays

Côté yachting, la Bulgarie a plusieurs ports de plaisance situés notamment à Baltchik, Varna et Sozopol. Le plus grand d’entre eux, la marina Dinevi, est situé à Sveti Vlas, au cœur d’un complexe hôtelier de luxe construit au sud du littoral. Ce port accueille 300 yachts, dont cinquante de plus de 25 mètres. Une manne pour les constructeurs de bateaux français qui voudraient bien voir leur nom tanguer dans ces bassins en devenir.

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Refuge au bord d'un lac

Concernant les autres activités nautiques que l’on peut pratiquer en Bulgarie, des clubs de pêche sous-marine existent à Varna et à Burgas. Les vents forts de la Riviera du nord sont propices au kite-surf et à la planche à voile. La plongée sous-marine, elle, gagne en popularité. Elle est pratiquée près des stations des villes de Nessebar, Sozopol, et près des caps de Kaliakra et d’Eminé où sont visibles des épaves de navires naufragés dans l’Antiquité.

Enfin, si la Bulgarie est un nouveau lieu de villégiature parfait pour le farniente, sachez que ses plages sont aussi bonnes pour la santé : la proximité des montagnes (Balkans au centre et massif de la Strandja au sud) offre un air des plus purs. Quant à l’eau de la mer Noire, sa basse salinité est des plus agréables.

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Côte de Kamen Bryag, au nord-est de la Bulgarie

Un vol mi-avril direction Sofia, comptez environ 200 € l'aller-retour.

© Google Earth
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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.