Bretagne : sous la mer, un patrimoine englouti à découvrir et valoriser

Par AFP/Figaronautisme.com
Samedi 11 mai 2019 à 11h33

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Revêtir une combinaison de plongée et s'équiper d'un masque et d'un tuba pour aller explorer un sentier archéologique sous-marin près de la plage : c'est l'une des nouvelles offres touristiques en Bretagne, une région qui veut valoriser la richesse de son patrimoine englouti.

"C'est une expérience physique qui allie le culturel, le patrimonial et le ludique", fait valoir Anne Hoyau-Berri, archéologue chargée de la mise en oeuvre de ce projet avec la mairie de Ploemeur (Morbihan). A proximité d'un chemin de grande randonnée, le site est "en accès libre. On peut y aller en famille, sans contrainte horaire, il est à faible profondeur à marée basse", s'enthousiasme-t-elle. On peut même y emprunter le matériel de plongée. Grâce à des objets archéologiques immergés, le site reconstitue un mouillage typique des petits ports commerciaux du 19e siècle.

"L'idée, c'est de faire vivre une expérience nouvelle aux touristes car c'est un vrai musée que nous avons sous l'eau et très peu de personnes malheureusement y ont accès", relève Anne Gallo, vice-présidente au conseil régional en charge du tourisme et du patrimoine. "Beaucoup de personnes empruntent les sentiers côtiers, sans avoir aucune information sur ce qui est immergé, sur tout ce patrimoine englouti". Des épaves mythiques, comme la lointaine "Cordelière", fleuron de la flotte bretonne au XVIe siècle qui va donner lieu à une nouvelle campagne de prospection l'été prochain, aux épaves militaires des deux guerres mondiales ou aux navires de commerce que des mers difficiles ont menés corps et biens par le fond au large des côtes, près de 900 biens culturels maritimes sont recensés en Bretagne.

Pour créer une dynamique en faveur de ce patrimoine ignoré parce qu'immergé, la région a lancé pour la troisième et dernière année un appel à projets afin de soutenir les initiatives originales en la matière, tant sous l'eau, que sur l'estran (comme les pêcheries) ou en estuaire.

Chaque projet retenu est validé scientifiquement par le Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines), rattaché au ministère de la Culture. Parmi les projets de 2018 figure notamment une application mobile géolocalisée, "La Route virtuelle des épaves". Tout en valorisant le patrimoine maritime immergé, cette route virtuelle incitera à la découverte d'itinéraires ou de sentiers côtiers, et permettra à celui que le souhaite d'approfondir ensuite ses découvertes.