Tendances 2026 en matière de motorisation : le grand basculement n’est pas celui que l’on croit

Equipements
Par Mark Bernie

À quai comme dans les salons nautiques, la question revient avec insistance : la plaisance est-elle vraiment en train de basculer vers le 100 % électrique ? À écouter certains discours, la fin du moteur thermique serait imminente. La réalité observée sur l’eau, dans les chantiers et chez les plaisanciers réguliers est plus nuancée. L’année 2026 marque moins une rupture qu’un rééquilibrage profond des usages. L’électrique et l’hybride s’imposent comme des solutions crédibles, efficaces et parfois indispensables, mais uniquement dans des cadres bien précis. Et c’est justement cette frontière entre promesse technologique et réalité maritime qui dessine la tendance de fond.

À quai comme dans les salons nautiques, la question revient avec insistance : la plaisance est-elle vraiment en train de basculer vers le 100 % électrique ? À écouter certains discours, la fin du moteur thermique serait imminente. La réalité observée sur l’eau, dans les chantiers et chez les plaisanciers réguliers est plus nuancée. L’année 2026 marque moins une rupture qu’un rééquilibrage profond des usages. L’électrique et l’hybride s’imposent comme des solutions crédibles, efficaces et parfois indispensables, mais uniquement dans des cadres bien précis. Et c’est justement cette frontière entre promesse technologique et réalité maritime qui dessine la tendance de fond.

Depuis une dizaine d’années, la motorisation en plaisance ne se résume plus seulement à une question de puissance, de consommation ou de vitesse de pointe. Elle s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large, où l’autonomie énergétique, le confort à bord, la réduction du bruit et l’anticipation des contraintes réglementaires prennent une place centrale. Les retours de terrain convergent : ce ne sont pas les moteurs qui changent le plus vite, mais la manière dont ils sont utilisés.

L’électrique, une évidence... dans des usages très ciblés

Sur des unités de petite et moyenne taille, utilisées majoritairement en navigation côtière ou pour des sorties à la journée, la propulsion électrique n’est plus une curiosité. Elle répond à une attente concrète : manœuvrer sans bruit, sans vibrations, et sans émissions, dans des zones de plus en plus sensibles à l’impact environnemental. Certains mouillages sensibles, dans certaines marinas européennes, les restrictions de bruit et de rejets commencent déjà à influencer les choix d’équipement.

Prenons l’exemple d’un plaisancier méditerranéen, propriétaire d’un voilier de 11 mètres utilisé principalement entre avril et octobre. La volonté de passer à l’hybride ou l’électrique ne vient pas seulement de la volonté de « verdir » son bateau par principe, mais plutôt de gagner en confort au mouillage et à réduire les contraintes d’entretien. Pour ce type de programme, le moteur n’est utilisé que pour entrer et sortir du port et des mouillages. Quelques heures de moteur suffisent, et la recharge s’effectue au port ou grâce à une production électrique embarquée bien dimensionnée. Dans ce cadre, l’électrique fonctionne, et fonctionne bien.

Mais dès que l’on s’éloigne de ces profils, les limites apparaissent rapidement. L’autonomie reste fortement dépendante du parc batteries, dont le poids et le volume (et le coût) pénalisent les unités plus lourdes. Les temps de recharge, même avec des infrastructures modernes, ne sont pas toujours compatibles avec les réalités de la croisière itinérante. Enfin, la disponibilité énergétique reste étroitement liée aux conditions météorologiques, un paramètre que les navigateurs expérimentés savent ne jamais sous-estimer.

L’hybride, la solution de compromis devenue centrale

C’est précisément dans cet entre-deux que l’hybride s’impose comme la motorisation la plus cohérente à l’horizon 2030. Contrairement à certaines idées reçues, l’hybride ne vise pas à remplacer le moteur thermique, mais à en transformer l’usage. Il permet de naviguer en électrique lorsque les conditions s’y prêtent, tout en conservant la sécurité et l’autonomie du diesel pour les longues navigations, les manœuvres délicates ou les conditions dégradées.

Les chantiers navals l’ont bien compris : l’hybride séduit autant les propriétaires de voiliers de croisière que ceux de bateaux à moteur de taille intermédiaire. Le gain n’est pas seulement énergétique. Il est aussi acoustique, mécanique et opérationnel. Moins de cycles moteur, c’est moins d’usure, moins de maintenance lourde, et une meilleure fiabilité sur la durée.

Un chef de base de location en Méditerranée raconte que les équipages novices appréhendent moins les manœuvres avec un système hybride : la progressivité de l’électrique facilite les approches de quai et réduit le stress, sans jamais sacrifier la réserve de puissance du thermique. Ce retour d’expérience explique en partie pourquoi l’hybride progresse rapidement dans les flottes de location, souvent laboratoire grandeur nature des tendances à venir.

Pourquoi le 100 % électrique ne peut pas tout couvrir

Imaginer une plaisance entièrement électrique à l’horizon 2030 serait ignorer la diversité extrême des bateaux et des programmes de navigation. Un voilier de grande croisière engagé sur plusieurs milliers de milles, un trawler hauturier ou un bateau à moteur lourdement chargé n’ont pas les mêmes contraintes qu’un day-boat côtier. La question n’est pas idéologique, elle est physique.

La densité énergétique du carburant liquide reste, à ce jour, sans équivalent pour garantir une autonomie importante dans un volume et un poids maîtrisés. Les batteries progressent rapidement, mais pas au point de rendre obsolète cette réalité. À cela s’ajoute une contrainte souvent sous-estimée : la réparabilité. En grande croisière, la capacité à diagnostiquer et réparer un système loin de toute infrastructure spécialisée reste un critère décisif. Beaucoup de navigateurs au long cours privilégient encore des solutions mécaniquement simples, éprouvées et universelles.

Les architectes navals et les chantiers le reconnaissent volontiers : l’électrification totale est pertinente là où l’infrastructure, le programme et les conditions environnementales sont maîtrisés. Elle devient beaucoup plus complexe dès que l’on sort de ce cadre.

2026, une année charnière plus qu’un aboutissement

La tendance de fond est claire : la plaisance ne se dirige pas vers une motorisation unique, mais vers une adaptation fine des technologies aux usages réels. L’électrique progresse là où il apporte un bénéfice immédiat et mesurable. L’hybride devient la norme sur de nombreuses unités polyvalentes. Le thermique, loin de disparaître, change de rôle et s’intègre dans des systèmes plus intelligents et mieux gérés.

Pour les plaisanciers, le véritable enjeu n’est pas de choisir une technologie « dans l’air du temps », mais de raisonner en fonction de leur navigation, de leur zone de pratique et de leur rapport au temps en mer.

À l’horizon 2030, la motorisation idéale n’existe pas. En revanche, une chose est certaine : celles qui ignorent les usages réels des plaisanciers sont vouées à rester des vitrines technologiques. Les autres, plus pragmatiques, sont déjà en train de redessiner le paysage de la plaisance moderne.

Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.