
Les MOD70 en régime supersonique
En tête, les trimarans MOD70 livrent une démonstration saisissante de ce que la course au large moderne sait produire de plus extrême. Argo, skippé par Jason Carroll, et Zoulou d’Erik Maris filent régulièrement à plus de 25 nœuds, avec des pointes au-delà de 30 nœuds lorsque la pression monte. À bord, l’intensité est permanente. Sur Argo, les barreurs se relaient toutes les 45 minutes, quittant la barre épuisés, les yeux brûlés par les embruns projetés à haute vitesse.
Au pointage du mercredi 14 janvier à 14 h UTC, Argo comptait environ 50 milles d’avance sur Zoulou et se situait à un peu plus de 1 000 milles de l’arrivée à Antigua. À ce rythme, une traversée de l’Atlantique en moins de cinq jours devient crédible, un chiffre vertigineux qui illustre le bond technologique réalisé par les multicoques océaniques ces dernières années.
La partie n’est toutefois pas jouée. Un système météo en développement plus au nord pourrait perturber la régularité des alizés à l’approche de l’arrivée. À ces vitesses, la moindre variation de vent peut provoquer des écarts considérables, et Zoulou reste suffisamment proche pour exploiter la moindre opportunité.

Raven impose le tempo chez les monocoques
Derrière les multicoques, la flotte des monocoques affiche elle aussi des performances de très haut niveau. Raven mène la danse avec autorité, creusant un écart proche de 200 milles sur son plus proche poursuivant, Palanad 4 d’Antoine Magre. Selon le navigateur Will Oxley, il restait environ 1 600 milles à parcourir, avec une arrivée estimée à Antigua le samedi 18 janvier autour de midi. Un temps inférieur à sept jours serait alors enregistré, une performance exceptionnelle pour un monocoque sur ce parcours.
Raven adopte une stratégie de VMG à vent apparent élevé, privilégiant une vitesse soutenue et l’efficacité de ses foils plutôt que la route la plus directe. Une option techniquement exigeante, mais qui porte clairement ses fruits. Reste que le jeu des compensations IRC maintient le suspense intact.

Un classement IRC extrêmement serré
En temps compensé, la bataille est d’une rare intensité. Palanad 4 occupe provisoirement la tête du classement général, avec Ino Noir de James Neville à environ cinq heures corrigées derrière. Raven pointe en troisième position, à seulement une heure d’Ino Noir, tandis que Maxitude continue sa remontée régulière.
À bord de Maxitude, Xavier Bellouard décrit une mer chaotique, une houle croisée et un vent irrégulier atteignant 27 nœuds, conditions qui ont permis au bateau d’établir un nouveau record de vitesse à 21,7 nœuds. Une confirmation du potentiel de ce Lift 45 pensé pour les grandes glissades océaniques.
Les affrontements par classe restent tout aussi animés. Raven domine l’IRC Zero, tandis que Palanad 4, Ino Noir et Maxitude se disputent l’IRC One au cœur même du classement général. En IRC Two, Jackknife conserve une avance solide. En double, Kornog 2 reste aux commandes.
Plus loin derrière, mais pleinement engagée dans l’aventure, Stimmy poursuit sa traversée avec plus de 2 300 milles encore à parcourir. Le duo finlandais fait état d’un bateau en parfait état, d’un moral solide et d’une organisation de bord qui tient bon, rappelant que cette course est aussi une histoire d’endurance et de gestion sur la durée.

Une édition déjà promise aux records
Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette édition 2026 la plus rapide depuis la création de la course en 2014. Un parcours raccourci avec une arrivée désormais fixée à Antigua, des alizés puissants et stables, et une flotte épargnée par les soucis techniques majeurs composent un scénario idéal pour une traversée à haute intensité. Les premiers concurrents sont attendus dès vendredi 16 janvier, tandis que la lutte pour la victoire finale en IRC s’annonce indécise jusqu’aux derniers milles de l’Atlantique.
Pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.
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