
Le cap Horn, un moment à part pour l’équipage
Ils étaient tous sur le pont pour vivre cet instant rare. Le passage du cap Horn, à la pointe de l’Amérique du Sud, reste un symbole fort dans une carrière de marin. Pour Thomas Coville, il s’agissait du 12e franchissement de ce cap mythique. Pour ses six équipiers - Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel - c’était en revanche une première.
« J’ai l’habitude d’appeler le cap Horn le cap de "bonne délivrance" », confie Thomas Coville. « Ces derniers jours, on a eu de la mer formée, du vent fort, des icebergs et beaucoup de glaces. Cela renforce encore plus la joie de le franchir. »
Ce passage marque surtout la sortie des mers du Sud, particulièrement exigeantes. Dans l’océan Indien comme dans le Pacifique, l’équipage a dû composer avec des conditions météorologiques difficiles : froid persistant, vents soutenus, mer croisée et vigilance permanente face aux glaces.
« C’est la sortie du tunnel des mers du Sud », résume Benjamin Schwartz. « Personnellement, c’est la première fois que je vais aussi loin dans un tour du monde sans escale. »
Une avance solide, mais rien n’est joué
Si Sodebo Ultim 3 demeure dans les temps du record, la prudence reste de mise à bord. Les contraintes météorologiques et les zones de glaces ont parfois contraint le trimaran à s’écarter de la route idéale. Depuis le départ d’Ouessant, l’équipage a ainsi parcouru environ 1 450 milles de plus qu’IDEC Sport lors de sa tentative victorieuse.
Malgré cela, les chronos s’alignent : record à l’équateur, meilleurs temps de référence entre Ouessant, le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin, puis désormais le Pacifique. Une régularité qui témoigne de l’engagement et de la cohésion de l’équipe.
« Ce qui compte, ce n’est pas le temps au cap Horn, mais celui à l’arrivée à Ouessant », rappelle Nicolas Troussel.
Cap sur l’Atlantique Sud, la zone de tous les dangers
La suite du parcours s’annonce délicate. La remontée de l’Atlantique Sud est réputée piégeuse, et les conditions actuelles confirment ce scénario. Plusieurs dépressions se forment au large des côtes argentines et uruguayennes, obligeant l’équipage à rester extrêmement vigilant dans ses choix de route.
« Le plus dur n’est pas derrière nous, mais devant nous », prévient Thomas Coville. « Il va falloir réussir à bien finaliser ce que nous sommes en train de construire. »
La cellule de routage de Sodebo Ultim 3 le confirme : cette phase pourrait être la plus complexe de la tentative. L’équipage le sait, la marge reste fragile et chaque décision comptera jusqu’à la ligne d’arrivée.
Objectif affiché et assumé : faire mieux que les 40 jours et 23 heures du record actuel du Trophée Jules Verne. La semaine à venir s’annonce donc décisive.
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