
Un début de saison placé sous le signe de l’intensité
Le décor était planté dès l’aube sur les eaux de Fremantle. Le Fremantle Doctor, ce vent thermique réputé de la côte ouest australienne, a soufflé sans retenue, avec des rafales atteignant 45 km/h et une mer courte rendant chaque manœuvre décisive. Aucune place pour l’erreur pour les F50, poussés dans leurs retranchements dès les premières courses du dimanche.
Dans ce contexte, Emirates Great Britain SailGP Team a rapidement pris l’ascendant. Déjà solide la veille, l’équipage britannique a clairement haussé le ton lors de la seconde journée, affichant une maîtrise impressionnante dans des conditions que beaucoup jugeaient piégeuses.La finale a parfaitement résumé la journée. Un départ chirurgical pour Emirates GBR, une pression immédiate exercée par DS Team France, et un scénario contrarié pour Bonds Flying Roos, pénalisés dès le pré-départ pour une infraction de limite.
Devant, Dylan Fletcher n’a jamais paniqué. Propre dans ses trajectoires, précis dans ses choix, le skipper britannique a contrôlé la course de bout en bout pour franchir la ligne avec une avance confortable. « Ces conditions étaient absolument incroyables. C’est exactement pour ça que nous venons à Perth, pour le Doctor », confiait-il à l’issue de la course, encore porté par l’adrénaline. La tentative de coup tactique de Quentin Delapierre, choisissant de se dégager sur l’avant-dernier bord, n’aura finalement pas payé. Les Français ont cédé face au retour tardif mais décisif des Australiens, qui s’adjugent la deuxième place devant leur public.
Les Australiens solides malgré un équipage remanié
Si la victoire à domicile leur échappe, les Bonds Flying Roos peuvent nourrir de réels motifs de satisfaction. L’équipe a dû composer avec un changement de dernière minute, Glenn Ashby remplaçant Iain Jensen, blessé à l’entraînement. Une intégration express dans des conditions techniques exigeantes, avec un gréement et des appendices que le marin découvrait en course.
Tom Slingsby saluait d’ailleurs la performance collective, soulignant l’apport de Jensen depuis la zone de coaching et l’adaptation rapide d’Ashby. Le résultat final confirme la solidité de l’équipe australienne dans le vent fort, tout en laissant entrevoir une marge de progression.
Emirates GBR en démonstration sur les courses de flotte
Avant la finale, Emirates Great Britain avait déjà marqué les esprits en remportant coup sur coup les cinquième et sixième courses de flotte. Tout au long de la journée, Fletcher et son équipe n’ont cessé de grappiller des places, prouvant leur capacité à lire le plan d’eau et à se frayer un chemin dans le peloton, même lorsque les conditions se dégradaient. La dernière course qualificative a vu Northstar SailGP Team s’imposer avec près de 20 secondes d’avance, un éclat trop tardif pour inverser un classement général qui laisse les Canadiens au sixième rang.
Artemis, États-Unis et premiers enseignements de la saison
Leader à l’issue de la première journée, Artemis Racing SailGP Team a vécu un dimanche plus compliqué, manquant de peu une qualification en finale après une série de résultats en demi-teinte. Quatrième au général, Nathan Outteridge retenait néanmoins une dynamique très positive pour une équipe encore en phase de découverte du circuit.
La journée fut plus délicate pour l’équipe américaine, reléguée loin au classement dominical. Malgré tout, le bilan reste encourageant selon leur skipper, qui souligne les progrès réalisés dans le gros temps, un axe de travail prioritaire avant le début de saison.
Première des 13 étapes prévues en 2026, l’Oracle Perth Sail Grand Prix a tenu toutes ses promesses. Près de 15 000 spectateurs ont rempli le Race Stadium de Bathers Beach, offrant une atmosphère digne des plus grandes étapes du championnat. Pour Russell Coutts, cette première édition dépasse les attentes, tant par la qualité des courses que par l’engouement du public et le soutien local. Une réussite qui ouvre déjà la voie à un retour annoncé dans les prochaines années.
Cap sur Auckland pour la suite du championnat
Après ce lancement tonitruant, la flotte mettra le cap sur Auckland les 14 et 15 février. Une étape attendue, mais déjà sous tension, avec plusieurs équipes engagées dans des réparations importantes après les incidents de Perth. Une chose est sûre : après cette démonstration australienne, Emirates Great Britain s’avance comme la référence à battre dans cette saison SailGP 2026 qui ne fait que commencer.
Pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.
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