
Forfaits et blessures dès les entraînements
Les premières victimes ne se sont pas fait attendre. L’équipe d’Espagne a dû renoncer à l’épreuve après avoir subi d’importants dégâts matériels lors des entraînements de pré-saison. D’autres équipes arrivent diminuées, à l’image des BONDS Flying Roos ou de la nouvelle formation Artemis, toutes deux touchées par des blessures avant même le coup d’envoi officiel.
Chez les Australiens, l’inquiétude se concentre autour d’Iain « Goobs » Jensen, blessé au genou. Son coéquipier Kinley Fowler détaille la situation : « Nous le mettons clairement au repos aujourd’hui et nous verrons plus tard s’il peut revenir pour le week-end. Nous avons Glenn Ashby avec nous, un véritable vétéran, donc nous préparons l’équipe pour rester soudés si jamais Iain devait déclarer forfait. » Une gestion prudente, dictée par la violence des conditions rencontrées.
Même constat du côté d’Artemis SailGP Team. Le wing trimmer Chris Draper a été violemment projeté à bord sous l’effet d’une rafale. Son skipper Nathan Outteridge raconte : « Il a été projeté sur le bateau et s’est sérieusement blessé à la lèvre, avec plusieurs points de suture et une journée de repos mercredi. Mais il est remonté à bord dès le lendemain. » Avant de saluer sa détermination : « Il est incroyablement solide. Je lui ai proposé de prendre plus de repos, mais quand on recrute des athlètes de ce niveau, ils veulent revenir immédiatement. »
SailGP découvre Perth sous haute tension
Ce week-end marque une grande première pour SailGP dans la capitale de l’Australie-Occidentale, Perth. Les 13 équipes internationales sont attendues devant un public massif, avec 15 000 spectateurs annoncés et un Race Stadium de Bather’s Beach entièrement complet. Un décor spectaculaire pour une ouverture de saison déjà historique.
Un mercato record qui redistribue les cartes
Rarement l’intersaison aura été aussi mouvementée. La majorité des équipes abordent 2026 avec des effectifs profondément remaniés. La nouvelle DS Automobiles Team France incarne parfaitement ce renouveau, avec plusieurs arrivées majeures, dont celle de Philippe Presti, ancien coach de Red Bull Italy, désormais manager de l’équipe.
Le pilote Quentin Delapierre affiche son enthousiasme : « Nous avons changé pas mal de choses. Je suis très heureux de l’arrivée de Philippe Presti, que nous voulions revoir dans le championnat. Naviguer à nouveau avec Leigh McMillan est un vrai plaisir. C’est un athlète extrêmement talentueux et très technique, et pour l’instant tout fonctionne bien. »
À contre-courant, les Black Foils néo-zélandais de Peter Burling se présentent avec un équipage inchangé. Un choix stratégique assumé. « Retrouver exactement le même groupe, c’est vraiment appréciable », explique Burling. « Cela nous permet de nous concentrer sur le perfectionnement de ce que nous faisons déjà, plutôt que de tout réapprendre, et j’espère que cette continuité fera la différence sur la saison. »
Une saison annoncée comme la plus disputée de l’histoire
Pour le CEO et cofondateur de SailGP, Sir Russell Coutts, cette ouverture marque un tournant majeur. « À mon avis, nous entrons dans la saison la plus compétitive de l’histoire de SailGP », affirme le quintuple vainqueur de l’America’s Cup. « Après une intersaison très perturbée par les transferts, la profondeur du plateau est exceptionnelle, avec un nouveau champion Rolex SailGP et aucun favori évident avant cette première course. »
Dylan Fletcher, skipper d’Emirates GBR et champion en titre 2025, partage ce constat sans détour : « Le niveau est tellement élevé que n’importe quelle équipe peut gagner lors de n’importe quel week-end. » Désormais dans la position du chassé, il conclut lucidement : « Nous restons concentrés sur un bon début de saison, en essayant de nous placer dans les meilleures conditions possibles dès le départ. »
vous recommande