Japon : record historique de visiteurs en 2025
Une fréquentation portée par un yen faible et une demande mondiale soutenue
L’archipel n’avait jamais attiré autant de visiteurs. Après un précédent sommet établi à 36,8 millions en 2024, le Japon enregistre en 2025 une progression spectaculaire, largement favorisée par l’affaiblissement durable du yen face au dollar. Cette conjoncture monétaire rend la destination particulièrement attractive pour les voyageurs internationaux, qui profitent de coûts d’hébergement, de restauration et de transport plus accessibles.
Ce dynamisme confirme le retour à une trajectoire proche de celle observée avant la pandémie de Covid, période durant laquelle le nombre de visiteurs étrangers avait été multiplié par cinq entre 2012 et 2020. Culture, gastronomie et paysages restent les piliers de l’attrait japonais, désormais renforcés par un contexte économique favorable aux visiteurs.
La Chine, pilier fragilisé du tourisme japonais
Cette année record cache toutefois une fragilité de taille. En décembre, le nombre de touristes chinois s’est effondré de 45 % sur un an, avec seulement 330 000 visiteurs recensés. Une chute brutale qui intervient après des déclarations politiques sensibles : en novembre, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi avait évoqué une possible intervention militaire de Tokyo en cas d’attaque chinoise contre Taïwan.
La réaction de Pékin ne s’est pas fait attendre : les autorités chinoises ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre au Japon, invoquant des « risques importants » pour leur sécurité. Un avertissement lourd de conséquences pour un secteur qui dépend fortement de cette clientèle. Sur les neuf premiers mois de 2025, le Japon avait pourtant accueilli 7,5 millions de visiteurs chinois, soit près d’un quart du total des touristes étrangers, avec des dépenses estimées à 3,3 milliards d’euros au troisième trimestre.
Un impact économique inégal selon les acteurs
Si le gouvernement se veut rassurant, le terrain raconte une autre histoire. Le ministre des Transports Yasushi Kaneko a souligné la capacité du pays à compenser ce recul par une hausse « marquée » des visiteurs venus d’Europe, des États-Unis et d’Australie. Une diversification salutaire, mais qui ne suffit pas à apaiser toutes les inquiétudes.
À Tokyo, certaines agences spécialisées dans l’accueil de groupes chinois évoquent un choc brutal, avec des ventes en baisse de 90 % depuis l’avertissement émis par Pékin. Le secteur avait déjà été ébranlé durant l’été par une vague d’annulations de touristes hongkongais, alimentée par des rumeurs issues d’un manga annonçant une catastrophe naturelle majeure au Japon.
Cap sur 60 millions de visiteurs... sous conditions
Malgré ces turbulences, l’exécutif japonais maintient un cap ambitieux : atteindre 60 millions de touristes étrangers par an d’ici 2030. Un objectif qui pose toutefois la question du surtourisme. Dans les zones les plus fréquentées, les critiques se multiplient face à la saturation des axes de circulation, au bruit et aux incivilités.
Pour y répondre, les autorités cherchent à mieux répartir les flux dans le temps et l’espace. Les grandes métropoles comme Osaka et Kyoto ont instauré des taxes de séjour de quelques centaines de yens par nuit, tandis qu’un quota quotidien assorti d’un droit d’accès limite désormais l’ascension estivale du mont Fuji.
Avec 124 millions d’habitants, le Japon reste toutefois loin des niveaux atteints par France, première destination mondiale, qui accueille autour de 100 millions de visiteurs par an avec une population presque deux fois moindre. Une comparaison qui illustre à la fois le potentiel encore inexploité de l’archipel... et les défis à relever pour concilier attractivité internationale et qualité de vie des résidents.
Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.