Inflation mondiale et vacances sous pression : les îles Perhentian, destination nautique encore accessible en 2026

À l’extrême nord-est de la Malaisie péninsulaire, à quelques milles de la côte du Terengganu, les îles Perhentian offrent un concentré d’eaux turquoise, de récifs coralliens intacts et de mouillages accessibles sans exploser son budget. Loin des marinas ultra-luxueuses de Thaïlande ou de Singapour, cet archipel discret séduit les navigateurs en quête d’authenticité et de plongées exceptionnelles, le tout à des tarifs encore raisonnables en Asie du Sud-Est.

Un archipel préservé au large du Terengganu

Situées au large de l’État de Terengganu, les îles Perhentian – Perhentian Besar et Perhentian Kecil – forment un petit archipel posé sur une mer d’un bleu presque irréel. À environ 10 milles nautiques de la côte, elles font face au village de Kuala Besut, principal point d’accès continental. Classées parc marin, ces îles bénéficient d’une protection environnementale stricte : pêche réglementée, construction limitée, zones de plongée encadrées. Résultat : une biodiversité spectaculaire à portée de palmes, des fonds marins encore vivants et des mouillages bordés d’une jungle dense qui plonge directement dans l’eau. Perhentian Besar attire plutôt les familles et les voyageurs en quête de confort, tandis que Perhentian Kecil séduit les amateurs d’ambiance plus animée. Pour les plaisanciers, les deux offrent des abris naturels intéressants selon la saison et l’orientation des vents dominants.

 

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Naviguer aux Perhentian : simple, direct et économique

La région n’est pas un hub de yachting comparable à Phuket ou Langkawi. Ici, pas de marina géante ni de pontons flambant neufs. On parle plutôt de mouillages forains, d’annexes tirées sur le sable et de formalités relativement souples côté malaisien. La meilleure période pour naviguer s’étend généralement de mars à octobre, en dehors de la mousson du nord-est qui peut rendre la mer formée et limiter l’accès aux îles. Durant la saison favorable, la mer est souvent calme le matin, avec une brise thermique qui s’installe progressivement l’après-midi. Côté budget, c’est là que les Perhentian marquent des points. La location d’un voilier ou d’un catamaran en Malaisie reste nettement plus abordable qu’en Thaïlande. Comptez environ 2 500 à 4 500 € la semaine pour un catamaran de 40 pieds, selon la saison et le niveau d’équipement. Les mouillages, eux, sont souvent gratuits ou soumis à une faible taxe liée au parc marin. Les ravitaillements se font principalement sur le continent, à Kuala Besut ou à Kota Bharu, où l’on trouve supermarchés, marchés locaux et carburant. Une fois sur place, la vie reste bon marché : repas dans un restaurant de plage entre 5 et 10 €, plongée bouteille autour de 25 à 35 € la sortie, snorkeling accessible quasiment partout sans frais.

 

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Plongée et snorkeling : un aquarium à ciel ouvert

Les îles Perhentian sont réputées pour leurs fonds marins accessibles. À quelques mètres du rivage, les récifs regorgent de poissons-perroquets, de poissons-clowns et de bancs argentés qui ondulent sous la lumière tropicale. Les plongeurs viennent notamment pour observer les tortues vertes et les requins de récif à pointe noire, fréquents dans certaines zones. Les clubs de plongée, nombreux sur Perhentian Kecil, proposent des baptêmes comme des formations certifiantes à des tarifs compétitifs comparés à d’autres destinations asiatiques. Pour les navigateurs, l’avantage est évident : il suffit de mouiller dans une baie bien protégée et de plonger directement depuis le bateau pour profiter d’un véritable jardin corallien.

Escales à terre : jungle, plages et cuisine malaisienne

Au-delà de l’eau, les Perhentian offrent des randonnées à travers la forêt tropicale reliant les différentes plages. Les sentiers traversent une végétation dense peuplée de varans, de singes et d’oiseaux tropicaux. Le soir, l’atmosphère change. Sur certaines plages, les restaurants installent leurs tables directement sur le sable. Barbecue de poisson grillé, curry malaisien, jus de fruits frais : la gastronomie locale reste simple mais savoureuse. Les hébergements vont du bungalow rustique à la villa plus confortable, avec des prix démarrant autour de 20 à 30 € la nuit pour les options les plus basiques. L’absence de routes et de voitures renforce le sentiment d’isolement. On circule à pied ou en bateau-taxi, ce qui contribue à l’impression d’évasion totale.

 

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Comment s’y rendre et préparer sa navigation

L’accès se fait généralement via l’aéroport de Kota Bharu, desservi depuis Kuala Lumpur. De là, comptez environ 1 heure de route jusqu’à Kuala Besut, puis 30 à 45 minutes de bateau rapide pour rejoindre les îles. Pour les plaisanciers arrivant depuis Langkawi ou la Thaïlande, une planification attentive est nécessaire, notamment en raison des distances et des conditions saisonnières liées à la mousson. Les formalités d’entrée en Malaisie restent relativement simples pour les navigateurs étrangers, mais il est recommandé de vérifier les exigences actualisées avant le départ. Une bonne gestion des approvisionnements est essentielle, car l’offre sur les îles reste limitée. Eau, carburant et vivres doivent être anticipés. En revanche, la logistique reste plus accessible qu’on pourrait l’imaginer pour une destination aussi exotique.

Une alternative crédible aux grandes destinations asiatiques

Face à des destinations devenues plus onéreuses et fréquentées, les îles Perhentian apparaissent comme une option équilibrée : climat tropical, fonds marins remarquables, coûts maîtrisés et atmosphère encore préservée. Sans infrastructure luxueuse ni marina cinq étoiles, l’archipel mise sur la nature brute et l’accessibilité. Pour les navigateurs en quête d’un terrain de jeu tropical sans budget démesuré, les Perhentian offrent une combinaison rare en Asie du Sud-Est : authenticité, beauté marine et nautisme réellement abordable.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.