
C’est le tour du monde le plus audacieux de l’histoire maritime, jamais bouclé en solitaire sur multicoque. Un défi extême que Guirec Soudée a annoncé vouloir tenter dès l’arrivée du dernier Vendée Globe. Un défi en chasse un autre pour le marin breton, habitué aux exploits. Un tour du monde à l’envers, c’est un parcours autour de la planète en solitaire et sans escale, comme le Vendée Globe justement, mais avec une difficulté supplémentaire, et non des moindres : naviguer en sens inverse des vents et courants dominants de l’hémisphère Sud.
Dans le Vendée Globe traditionnel, le parcours suit la direction des vents et courants de l’hémisphère Sud (d’Est en Ouest autour de l’Antarctique) : les marins évoluent le plus souvent "au portant", donc poussés par le vent et la mer, ce qui, sauf tempête extrême, est moins éprouvant structurellement pour le navire et plus direct en "distance au but". Dans le tour du monde à l’envers, Guirec fait le parcours à contre-sens : il part de l’Europe (Brest dans son cas), descend vers le Sud, mais passe d’abord le Cap Horn, avant d’enrouler le globe dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
« Je n’aurais jamais été capable de relever ce défi », Thomas Coville
C’est ce qui rend ce record extrêmement difficile et rare, même pour les meilleurs marins du monde. « C’est un défi qui m’impressionne et que je n’aurais jamais été capable de relever, je pense, avoue Thomas Coville, récent vainqueur du Trophée Jules-Verne. C’est extraordinaire. Je ne sais pas si les gens se rendent vraiment compte de ce qu’il est en train de faire, mais ça défie vraiment tout en termes d’aventure ». Jusqu’ici, ce record est détenu depuis 22 ans en monocoque, par Jean-Luc Van Den Heede, qui avait bouclé le parcours en 122 jours. Si le multicoque est réputé plus rapide, il est toutefois beaucoup moins adapté aux allures de "près". Deux tentatives précédentes (Yves le Blévec, mais aussi Romain Pilliard et Alex Pella) avaient été lancées. En vain.
Guirec est donc le premier marin de l’histoire à avoir franchi les 3 caps mythiques du parcours à contre-sens : Cap Horn, Cap Leeuwin et le Cap de Bonne-Espérance le 6 mars dernier. Alors qu’il vient de passer l’Equateur, il est à moins de 3 semaines de l’arrivée. Malgré une route déjà rallongée de près de 14 000 milles nautiques pour contourner les systèmes les plus "casse-bateau", ainsi qu’une avarie de safran tribord qui le force à réduire la voilure sur un bord, Guirec consolide une bonne vingtaine de jours d’avance sur le détenteur du record absolu.
Le suspense reste cependant entier jusqu’à l’arrivée car la voile de course est un sport mécanique. Guirec ne réalisera son rêve qu’une fois la ligne d’arrivée coupée avec sa formule 1 MACSF intègre.
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