D’avril à mai, la lagune de Tam Giang propose une excursion nature et locale qui change vraiment d’un séjour à Hué

À 15 à 30 km d’Hué selon le point d’accès choisi, la lagune de Tam Giang offre une tout autre lecture du centre du Vietnam. On quitte ici les palais, les tombeaux impériaux et les remparts pour entrer dans un paysage d’eau saumâtre immense, façonné par la pêche, l’aquaculture et les villages riverains. Facile à visiter sur une demi-journée ou une journée complète, cette lagune séduit parce qu’elle montre une région en activité, avec des scènes de vie concrètes, une mangrove rare et un décor très ouvert qui donne immédiatement le sentiment d’être ailleurs.

Une immense lagune qui donne une autre image d’Hué

La lagune de Tam Giang fait partie de l’ensemble Tam Giang Cầu Hai, un vaste système lagunaire côtier qui s’étire sur environ 68 à 70 km dans la province d’Hué et couvre près de 22 000 hectares. Ce chiffre donne une idée de l’échelle du lieu. On n’est pas devant un simple plan d’eau mais face à un territoire entier, structuré par la rencontre entre les eaux douces venues des rivières et l’eau de mer. C’est cette nature saumâtre qui explique à la fois le paysage, la richesse écologique du site et le développement d’activités locales très liées à l’eau. En venant ici, on comprend vite que la lagune n’est pas un décor secondaire autour d’Hué. C’est une véritable composante de la région. 
C’est sans doute ce qui rend Tam Giang plus intéressante qu’elle n’en a l’air sur une carte. La visite ne repose pas sur un monument précis ni sur une accumulation de “spots” photogéniques. Elle fonctionne parce qu’on voit immédiatement que la lagune sert à quelque chose. Les pieux plantés dans l’eau, les filets fixes, les embarcations de travail, les bassins d’élevage et les petits embarcadères racontent une économie locale encore très visible. Le lieu plaît justement parce qu’il montre un paysage utilisé, habité et travaillé, là où beaucoup d’excursions nature se limitent à un beau panorama. Pour un voyageur qui passe plusieurs jours à Hué, c’est une sortie qui apporte du relief au séjour, avec une ambiance plus rurale et plus ouverte que dans le centre historique.

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Ce que l’on fait vraiment pendant une visite

Dans les faits, la majorité des visiteurs découvrent Tam Giang depuis Hué. L’excursion s’organise généralement avec un trajet par la route à travers la campagne, puis un embarquement sur la lagune pour une sortie en bateau. C’est la base de la visite, et c’est aussi le meilleur moyen de comprendre le site. Depuis l’eau, on lit mieux l’organisation des activités, la largeur de la lagune et le rôle des villages installés sur ses rives. Certaines formules touristiques ajoutent une étape dans un village communautaire comme Ngu My Thanh, situé à un peu plus de 15 km du centre d’Hué, où l’on découvre plus directement la vie locale et les activités liées à l’écotourisme. Cette combinaison entre route, navigation et découverte de terrain rend la sortie beaucoup plus intéressante qu’un simple arrêt panoramique.

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Rú Chá, la parenthèse la plus marquante autour de la lagune
Parmi les sites à associer à Tam Giang, la mangrove de Rú Chá est clairement l’étape la plus forte. Le tourisme vietnamien la présente comme une mangrove primaire rare et précieuse de la lagune. Son intérêt est évident parce qu’elle change complètement l’atmosphère de la visite. Après les grands espaces ouverts de la lagune, on entre dans un environnement plus dense, plus végétal, presque fermé, qui montre une autre facette du même système naturel. Rú Chá permet aussi de mieux comprendre que Tam Giang n’est pas seulement un vaste plan d’eau fréquenté par des pêcheurs, mais un milieu humide complexe, avec une vraie valeur écologique. Depuis le centre d’Hué, l’accès reste assez simple, en suivant la route vers Thuan An puis le pont de Tam Giang. Pour une excursion bien construite, c’est l’endroit qu’il ne faut pas laisser de côté. 
Tam Giang fonctionne très bien dans un programme de voyage parce qu’elle complète parfaitement les visites culturelles d’Hué. Après la cité impériale, les temples et les tombeaux, la lagune apporte de l’espace, de l’air et une autre manière de découvrir la région. Elle intéresse aussi les voyageurs qui cherchent quelque chose de plus concret et moins attendu. On n’y va pas pour collectionner les monuments mais pour voir comment l’eau organise tout un territoire, du paysage à l’activité humaine. C’est ce décalage qui fait sa force. En une demi-journée, on change complètement d’ambiance. En une journée complète, on peut lui donner une vraie place dans le séjour, surtout si l’on combine navigation, halte dans un village et passage par Rú Chá.

 

La bonne période pour en profiter sans se tromper

Pour Hué, les mois de février à fin avril sont souvent présentés comme les plus agréables, avec une météo plus favorable et une lumière particulièrement nette. Avril est même mis en avant par le site officiel du tourisme vietnamien comme un excellent mois pour découvrir la ville. Juin et juillet sont plus chauds et plus humides, tandis que les pluies arrivent à partir d’août et peuvent durer jusqu’en janvier, avec parfois des épisodes de crue dans la région. Pour Tam Giang, cette donnée compte vraiment, car la visite repose beaucoup sur le temps passé dehors et sur la lisibilité du paysage. Pour profiter de la lagune dans de bonnes conditions, mieux vaut donc viser le printemps ou le tout début de l’été, quand les déplacements sont plus confortables et les sorties sur l’eau plus simples à organiser.

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Comment y aller sans compliquer son séjour

Le plus simple reste de séjourner à Hué et de rejoindre la lagune en voiture, en taxi ou avec chauffeur. Cette solution est de loin la plus pratique, car elle permet de choisir facilement son point d’accès et de combiner plusieurs étapes dans la même sortie. Hué dispose par ailleurs de l’aéroport international de Phu Bai, qui joue un rôle important dans la connexion de la ville avec le reste du pays et avec certaines liaisons internationales. Une fois installé à Hué, intégrer Tam Giang dans le programme ne pose donc pas de difficulté particulière. C’est précisément l’un de ses avantages touristiques majeurs : l’excursion donne une impression de dépaysement réel sans exiger une logistique compliquée.

 

Une sortie plus vivante qu’on ne l’imagine avant d’y aller
Sur le papier, la lagune de Tam Giang peut sembler moins spectaculaire que d’autres sites plus connus du Vietnam. En réalité, elle laisse souvent un souvenir plus fort que prévu, justement parce qu’elle ne cherche pas à impressionner artificiellement. Elle montre une autre échelle du voyage, plus territoriale, plus quotidienne, plus enracinée. On y voit la relation entre une ville historique et son arrière-pays aquatique, entre la géographie et les usages, entre la nature et le travail. Pour qui veut enrichir un séjour à Hué avec une excursion qui ne ressemble pas à une visite standardisée, Tam Giang a beaucoup d’arguments. Ce n’est pas seulement un bel endroit. C’est une sortie utile, cohérente et vraiment différente dans un voyage au centre du Vietnam.

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.