
Une course qui lance déjà le cycle du Vendée Globe 2028
La Vendée Arctique Les Sables d’Olonne n’a plus rien d’une simple étape intermédiaire dans le calendrier IMOCA. En 2026, l’épreuve s’affirme clairement comme le point de départ du nouveau cycle sportif menant au Vendée Globe 2028. Course en solitaire, sans escale et sans assistance, elle sera la toute première manche qualificative pour le prochain tour du monde en solitaire, avec 200 points à la clé pour son vainqueur. Classée en Grade 2, soit le niveau de difficulté le plus élevé après un tour du monde, la course s’impose désormais comme un rendez-vous majeur pour tous ceux qui visent le grand départ des Sables d’Olonne dans 2 ans. L’enjeu sportif est donc immédiat, mais il est aussi symbolique. Avant de plonger vers les mers du Sud en 2028, les skippers devront cette fois se frotter au Grand Nord.
Alain Leboeuf, président du Département de la Vendée et du Vendée Globe, a insisté sur cette bascule. Selon lui, la Vendée Arctique n’est pas une répétition générale mais bien une course à part entière, exigeante, inédite et révélatrice de ce que pourrait être le prochain Vendée Globe. Dans cet immense laboratoire stratégique à ciel ouvert, l’audace et la capacité à décider au bon moment pourraient peser très lourd.
Un parcours inédit qui change la donne en IMOCA
C’est l’une des grandes nouveautés de cette édition 2026 et sans doute l’un des éléments les plus marquants de son identité sportive. Pour la première fois dans l’histoire de la course au large, le tracé n’est pas figé. Les concurrents devront franchir le cercle polaire arctique, à 66° Nord, mais ils seront libres de choisir la longitude de ce passage en fonction de leur lecture météo et de leur stratégie.
Cette liberté ouvre un champ tactique inédit. Là où les grandes courses océaniques imposent généralement un parcours encadré, la Vendée Arctique propose cette fois un format bien plus ouvert, dans lequel les routes pourraient fortement diverger d’un skipper à l’autre. Ce choix renforce encore la dimension expérimentale de l’épreuve, qui fera naviguer les IMOCA à des latitudes jamais atteintes jusque-là dans leur histoire en course. Ce passage vers un terrain de jeu aussi extrême promet une confrontation aussi rude que passionnante. Plus que jamais, la météo, les glaces, l’état de la mer et la faculté à tenir seul dans la durée seront au cœur de la performance.
Une direction de course solide pour encadrer l’extrême
Pour accompagner cette montée en intensité, l’organisation a constitué une direction de course très expérimentée. Mathias Louarn en prendra la tête, entouré de 2 adjoints, Pierre Hays et Claire Renou. Le premier suit l’épreuve depuis sa toute première édition, tandis que la seconde a rejoint l’équipe à partir de 2022. Tous 2 apportent une connaissance précieuse du format, de ses contraintes et de ses zones de vigilance. L’encadrement sera aussi renforcé par Alan Roberts, dont la présence apporte un regard de marin. Skipper lui-même, il connaît concrètement les IMOCA de dernière génération et a notamment travaillé aux côtés de Clarisse Crémer dans sa préparation du Vendée Globe 2024. Son expérience doit permettre de nourrir les décisions de course avec une lecture très opérationnelle des réalités vécues à bord. Autre renfort de poids, Yannick Bestaven interviendra comme consultant sécurité. Le vainqueur du Vendée Globe 2020-2021 apportera sa connaissance des navigations engagées et des conditions extrêmes. Son profil doit permettre de trouver un équilibre entre l’exigence sportive de la course et la priorité absolue donnée à la sécurité des skippers.
10 premiers skippers annoncés pour une flotte déjà prometteuse
La première liste des engagés donne déjà le ton. 10 skippers ont officialisé leur présence, avec un plateau à la fois international, mixte et intergénérationnel. La flotte compte 30 % de femmes, 40 % de skippers internationaux, 5 nationalités représentées et une forte proportion de nouveaux venus sur la route du Vendée Globe comme sur celle de la Vendée Arctique. Les premiers inscrits sont Ambrogio Beccaria sur Allagrande Mapei, Arnaud Boissières sur April Marine, Élodie Bonafous sur Association Petits Princes Quéguiner, Francesca Clapcich sur 11th Hour Racing, Manuel Cousin sur Coup de Pouce, Violette Dorange sur Initiatives Cœur, Nico d’Estais sur Café Joyeux, Sam Goodchild sur Macif Santé Prévoyance, Corentin Horeau sur MACSF et Szabolcs Weöres sur New Europe.
Cette première vague réunit des profils très différents. On y retrouve des marins déjà bien identifiés sur la scène océanique, des projets ambitieux portés par une nouvelle génération, ainsi que plusieurs concurrents venus de l’international. Tous ont en commun de vouloir se confronter à une course hors norme et de franchir une étape décisive dans leur route vers 2028. Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 11 mai 2026, ce qui laisse encore présager un plateau plus étoffé dans les semaines à venir.
Un village grand public entre fête populaire et conscience environnementale
Comme pour le Vendée Globe, l’événement ne se vivra pas seulement en mer. Aux Sables d’Olonne, un village de course sera installé du 30 mai au 7 juin 2026 sur l’esplanade du Vendée Globe. Ouvert au public, il a été pensé comme un espace de rencontre, de découverte et de sensibilisation autour de la voile et du Grand Nord. Le programme mêlera exposition photographique, animations, échanges, concerts et interventions autour des enjeux environnementaux, avec la participation de scientifiques et d’acteurs engagés. L’organisation annonce également un parcours thématique destiné aux plus jeunes, pour faire du village un lieu familial, accessible et vivant.
Le lancement officiel se tiendra le samedi 30 mai avec la présentation des skippers. En soirée, la baie des Sables d’Olonne accueillera un spectacle de drones particulièrement attendu, initialement imaginé pour la cérémonie de clôture du Vendée Globe 2024. Avec son nouveau format de course, sa dimension qualificative déterminante et un plateau déjà riche en promesses, la Vendée Arctique Les Sables d’Olonne 2026 s’annonce comme bien plus qu’un avant-goût du Vendée Globe. Elle pourrait devenir, à elle seule, l’un des grands révélateurs de la prochaine génération IMOCA.
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