Cap-Martinique 2026 : une entame engagée dans des conditions soutenues

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

À peine quelques jours après le départ de la Trinité-sur-Mer, les marins de la Cap-Martinique 2026 ont rapidement quitté l’euphorie du départ pour entrer dans le vif du sujet. Vent soutenu, mer formée, transitions piégeuses : ces premiers milles donnent déjà le ton d’une traversée exigeante.

À peine quelques jours après le départ de la Trinité-sur-Mer, les marins de la Cap-Martinique 2026 ont rapidement quitté l’euphorie du départ pour entrer dans le vif du sujet. Vent soutenu, mer formée, transitions piégeuses : ces premiers milles donnent déjà le ton d’une traversée exigeante.

© Morgane Robin & Veronique Ansel - Les Elles du Large Parkinson

Un golfe de Gascogne musclé

La flotte n’aura pas eu le temps de prendre ses marques. Dès les premières heures, les conditions imposent du rythme et de l’engagement, notamment dans un golfe de Gascogne fidèle à sa réputation. À bord d’Acromégalie, Jérôme Frouin et Laurent Perrin décrivent une nuit particulièrement intense : “Milieu de nuit c’est monté à 30-40 nœuds au portant […] c’était dantesque comme les arrivées de plage en dériveur en surf quand il y a des vagues mais pendant 2-3 heures.” Même constat pour Jérôme et Loïc Apolda (Infinite) : “Le vent monte vite au-delà de 20 nœuds […] la mer devient croisée, très abrupte, et nous oblige à affaler le spi pour garder le bateau sous contrôle.” Des conditions qui obligent à naviguer juste, sans jamais basculer dans l’excès.

 

Aller vite… mais longtemps

Dans ce début de course, la vitesse est bien là. Les bateaux surfent, accélèrent, enchaînent les empannages. Mais la priorité reste claire : préserver le matériel et tenir dans la durée. Du côté de Green Sanctuaries, l’intensité est bien résumée : “Le vent se renforce pour finir à 30-33 nœuds sous spi. Ça bombarde !” Mais dans le même temps, les choix restent mesurés. Comme le rappellent les équipages : il ne s’agit pas seulement d’aller vite, mais d’aller au bout.

 

Déjà des incidents… et des solutions

Comme souvent au large, les premières avaries ne tardent pas à apparaître. Rien d’anormal sur une transat, mais chaque incident demande sang-froid, méthode et réactivité. Philippe Benaben (Dessine-moi la High-Tech) a dû composer avec un problème majeur de pilote automatique : “Support de pilote principal décollé du fond de la coque. […] Bilan 2h de perdues.”

À bord de Green Sanctuaries, c’est le matériel de pont qui cède : “Lors d’une manœuvre à l’avant […] j’ai complètement arraché le balcon. […] Pas évident à l’avant du bateau dans ces conditions musclées” explique Pierre Grippon. L’équipage a d’ailleurs été contraint de s’arrêter en Corogne jeudi 23 à cause d’une panne de pilote automatique. Tout comme Pascal Coret (CDC Développement Solidaire), qui avait été contraint de s’arrêter à Bilbao pour un souci d’anémomètre, et qui a pu repartir ensuite.

Dans tous les cas, la logique reste la même : réparer vite, repartir, et rester dans le match. Ces premières difficultés ont également conduit à un abandon. Arnaud Bracq (Pharmacie Humanitaire Internationale), confronté à des défaillances techniques, a fait le choix de rallier le port de La Rochelle afin de sécuriser son bateau et mettre fin à sa course prématurément.

 

 

Un début de course déjà tactique

Après ces premières journées soutenues, les marins doivent désormais composer avec des conditions plus instables. Alternance de vent fort et de zones de molle : la course devient stratégique. Maxime Breuvard (SOS Préma) résume bien cette bascule : “Cette nuit belles glissades sous spi […] et puis ce matin, plus rien, le vent est tombé !” Même ressenti pour Grégoire Despretz (20 ans 1 Projet) : “Tu penses te poser un peu… et c’est reparti de plus belle !” Dans ce jeu de transitions, chaque option compte, et les trajectoires commencent déjà à se différencier.

 

Cap Finisterre : premier passage clé
La progression vers les côtes espagnoles et le passage du cap Finisterre constituent un premier jalon important de la course. Une zone connue pour ses effets locaux et ses pièges météo. À bord d’Acromégalie, la suite est déjà anticipée : “Un peu de rase caillou au Cap Finisterre […] avant un nouveau passage à niveau pétoleux… Compostelle, ça se mérite !”

Une manière de rappeler que la route vers la Martinique ne sera pas linéaire.

 

Une flotte solide, cap sur Madère
Après un départ volontairement décalé pour permettre à la flotte de franchir le golfe de Gascogne dans de bonnes conditions, le passage du cap Finisterre s’est déroulé comme espéré. Un moment toujours symbolique dans une traversée vers l’Atlantique.

Comme le souligne François Séruzier, directeur de course : “Le passage du cap Finisterre s’est déroulé dans des conditions assez tranquilles, même pour les premiers. C’est exactement ce que nous recherchions en retardant le départ : permettre à la flotte de franchir ce cap mythique dans de bonnes conditions.” Si le vent s’est montré parfois timide, la situation devrait rapidement évoluer. Les premiers concurrents toucheront un nouveau flux avant le reste de la flotte, ce qui pourrait commencer à creuser les écarts. Mais dès les prochaines heures, l’ensemble des marins devrait bénéficier d’un vent établi, propice à une descente rapide le long des côtes portugaises. “À partir de demain, tout le monde devrait retrouver un bon vent. La descente vers Madère s’annonce rapide, avec 15 à 20 nœuds établis.” À l’approche de l’archipel portugais, les écarts pourraient déjà devenir significatifs, avec près de deux jours entre les premiers et les derniers. La suite, en revanche, reste encore difficile à anticiper.

“Au-delà de Madère, tout dépendra de la façon dont l’alizé va s’installer.”; Malgré quelques arrêts techniques ponctuels (problèmes de pilote automatique, de gréement ou de voilure) la flotte affiche une remarquable solidité. À ce stade, seul Arnaud Bracq a été contraint à l’abandon. “Avoir encore 44 bateaux en course après des conditions de départ aussi musclées, c’est un bilan très positif. Cela montre que les bateaux sont particulièrement bien préparés.”

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.