Dans deux jours, 36 marins, femmes et hommes, prendront le départ de la 57e édition de La Solitaire du Figaro Paprec. Pour ce millésime 2027, changement de décor avec un départ donné très tôt dans la saison. Sur les quais de Perros-Guirec tous sont impatients de pouvoir larguer les amarres et s'engager à 100% dans cette première étape en direction de Vigo en Espagne. Si beaucoup de marins ont une nouvelle fois répondu présent pour cette grande classique, de nombreux bizuths viennent tenter leur chance et d'anciens concurrents font leur retour. Ce plateau exceptionnel promet de fournir d'incroyables passes d'armes sur les 3 étapes de cette course où naissent les légendes.

Qu'ils soient jeunes, même très jeunes ou plus expérimentés, ils composent le socle de ce plateau 2027. Mais face à eux, quatre redoutables candidats ont décidé de revenir tenter leur chance à l'image de Loïs Berrehar (Banque Populaire), Adrien Hardy (Sans Nature, pas de futur !), Nicolas Lunven (PRB) ou encore Martin le Pape (Paprec) appelé à la dernière minute pour remplacer Yoann Richomme contraint à l'abandon.
Les revenants – une solide expérience
Le plateau s'enrichit donc d’une expérience indéniable. Ces quatre marins cumulent à eux seuls 38 participations à La Solitaire. Seul Nicolas Lunven à goûté à la joie de la victoire et par deux fois, en 2009 et 2017. En 2007, pour sa première participation, il remporte le prix du premier bizuth. « Le timing était parfait pour mon retour. Je ne connais pas le Figaro Bénéteau 3. Il est vraiment différent du 2 sur lequel j’ai gagné. Je suis resté très attaché à la classe. C’est un circuit que j’aime beaucoup. Je reviens pour me faire plaisir et surtout faire de mon mieux », confie Nicolas Lunven.
Remplaçant de dernière minute, Martin le Pape arrive sans pression.
« Mon statut est un peu particulier. Je suis vraiment triste pour Yoann qui doit renoncer à cette Solitaire mais il est vraiment dans l’incapacité physique de la faire. C’est une belle marque de confiance de la part de Paprec. Je vais tout faire pour être à la hauteur. Une Solitaire ça se prépare et là je pars un peu d’une façon précipitée. Nous verrons bien je n’ai pas de pression particulière, sauf celle que je vais me mettre pour rendre la plus belle des copies », commente Martin le Pape. Une situation peu évidente pour ce skipper de talent qui n’a que très peu navigué sur ce support ces derniers mois. Il faudra vite retrouver les automatismes, mais le grand bord à travers le golfe de Gascogne sera un très bon moyen de renouer avec ses sensations.
Client très sérieux, Loïs Berrehar est passé très proche du sacre en 2024. Avec deux victoires d’étape et une deuxième place au classement général, il est fort à parier que dans un coin de sa tête le Morbihannais vient chercher ce qui lui manque.
Après une année à naviguer sur d’autres supports, l’expérience accumulée au fil des milliers de milles parcourus devrait très certainement le pousser encore plus loin dans ses retranchements et enfin aller chercher cette victoire. De son côté, Adrien Hardy avec 11 participations est le plus expérimenté des figaristes. Avec cinq victoires d’étape et une place de deuxième, son meilleur classement en 2017, Adrien Hardy connaît la route. Il signe ici son grand retour depuis 2020.

Le socle et des favoris
Arno Biston (Article.1), Hugo Cardon (Sarth’Atlantique), Paul Morvan (Foricher Les Moulins), Tom Dolan (Kingspan) vainqueur 2024, Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025), Alexis Thomas (Wings of The Ocean), Tom Goron (XPlorassur), des noms bien connus sur ce circuit et qui ont tous une chance d'être de grands animateurs de la course. Si certains ont déjà une victoire d’étape à leur palmarès, tous rêvent de monter sur la plus haute marche du podium. Une marche très haute qu’il faut aller chercher à la force des bras, à la persévérance des nuits sans fin et des caprices d’une météo qui va, dès la première étape, contraindre les marins à faire preuve de combativité, d’audace et de persévérance.
« Moi j'adore le côté stratégie d'une traversée de golfe. Il y a vraiment de gros phénomènes à aller chercher. Et j'ai aussi hâte d'être à la troisième étape parce que j'ai une petite préférence quand même pour le rase-cailloux et tirer des bords au près dans la Manche, dans les cailloux, ça c'est vraiment un truc que j'apprécie. En tout cas j'ai hâte d'y être. L'année dernière, je suis passé à côté de ma Solitaire. L'objectif c'est clairement le podium. Et si je pouvais, ce serait de faire le podium et l'objectif plus personnel serait de gagner une étape. C'est un peu les deux cases que j'aimerais bien cocher cette année », analyse Hugo Dhalenne (Skipper Macif 2025) qui est cette année associé dans cette filière à Chloé Le Bars (Skipper Macif 2026).
« Je me sens bien, mon bateau va bien, il est bien réglé, le mât est bien réglé, tous les petits systèmes vont bien. Donc franchement, j'ai 100% confiance et les préparateurs font un incroyable travail. La seule pression c'est moi qui me la mets, je pense, parce que maintenant tous les moyens sont mis en œuvre pour que je réussisse à faire de belles courses, j'ai envie de bien faire », confie Chloé le Bars.
De son côté Paul Morvan, un sérieux client pour un podium se dit heureux de retrouver les “anciens”. « Nous les petits jeunes, quand je dis nous, comme Tom Goron ou moi, on arrive à matcher un petit peu avec les anciens, même si on est plus jeune et qu'on a moins d'expérience. C’est très positif et je suis vraiment content qu'ils soient là maintenant. À nous de montrer que la nouvelle génération arrive à batailler avec la plus ancienne, la plus expérimentée. Cette Solitaire va être assez ouverte. Je me suis dit avec tous les skippers hyper talentueux qui vont être présents, ça va quand même être une solitaire très dure », analyse Paul Morvan (Foricher Les Moulins).
Les Bizuths
Ils sont dix cette année à intégrer l’élite de la course au large. Parmi eux, une seule femme Marie Gendron (KEREIS SNCF Voyageurs). Elle aura face à elle, de jeunes marins déjà très affûtés à l’image de Paul Cousin qui porte haut les couleurs de la Normandie. Également sous la bannière du lion, Pierrick Letouzé fera ses grands débuts après avoir participé en 2024 au Défi Paprec, tout comme Marin Carnot (Fondation Jérôme Lejeune) qui avait terminé troisième en 2025 de ce même défi en double.
Le talentueux Paul Loiseau sera quant à lui sous les couleurs de Bretagne-CMB Espoir. Pier Paolo Dean (Banques Alimentaires), Quentin Mocudet (Saveurs & Délices), François Jambou (Yuman) et Hugo Le Clech (Mieux) complètent cette impressionnante liste des bizuths. Il est fort probable que durant les 1660 milles de ce parcours, certains d’entre eux fassent parler leur audace et leur fougue et viennent jouer les trouble faits, tout comme l’avait fait un certain Hugo Cardon lors de la deuxième étape qu’il avait remportée devant Alexis Loison (Groupe REEL) à Vigo.

La flotte anglo-saxonne
Ils seront cinq cette année à prendre le départ de cette course mythique qui fascine toujours autant outre-Manche et outre-Atlantique. Fidèle depuis presque une dizaine d’années, l’Irlandais Tom Dolan (Kingspan), vainqueur en 2024, tient à prendre sa revanche après une édition 2025 tumultueuse et un abandon à cause d’un poignet blessé. Avec deux participations à leur actif, l’américaine Erica Lush (Hope) et la britannique Ellie Driver (STEM on the Startline) se sont données les moyens de bien figurer et d’espérer jouer un peu mieux que la saison dernière. Oliver Hill (Nautica by Ollie Hill Racing), quant à lui, dispose de bons atouts pour bien naviguer. Nouveau venu, Joss Creswell (DigiLab) complète l’armada britannique.
Le Défi Paprec – six équipages dans la course
Proposé par OC Sport Pen Duick et le Groupe Paprec, cette opportunité de participer en double à la première étape de La Solitaire du Figaro Paprec, permet à des skippers d’entrer dans le grand bain mais d’une façon légèrement plus sereine. Pour cette troisième édition, ils seront six duos. Maë Cottereau et Simon de Pannemaecker (Seiko – Les Etoiles Filantes), Marie-Adélaïde le Gué et Alexandre Carlo (LGC Sailing – Bretagne Plaisance), Thomas Dinas et Eliott Coville (Auray Quiberon By orlabay), Ivica Kostelic et Deniz Bagi (Amelicor), Jens Meiser et Oakley Marsh (Chipmunk) et enfin Tiphaine Rideau et Elouan Barnaud (Habitat et Humanisme). Avec un départ décalé de 15 minutes, les six duos auront en ligne de mire les 36 solitaires pour tenter de naviguer aussi bien et pourquoi pas oser quelques coups stratégiques. Quoi qu’il en soit, tous auront engrangé un maximum d’expérience pour l'avenir.
Partenaire météo historique de nombreuses grandes courses au large, METEO CONSULT accompagne également cette édition de la Solitaire du Figaro Paprec en tant que partenaire météo officiel de l’épreuve. Les routeurs, équipes et organisateurs s’appuient sur les analyses et prévisions des météorologues de METEO CONSULT pour suivre l’évolution des conditions sur le parcours.
Retrouvez chaque jour notre bulletin météo dédié à la course ainsi que la cartographie en direct pour suivre l’évolution des conditions et la progression des skippers jusqu’à Vigo.
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