Après 630 milles d’une étape de dingue, Nicolas Lunven (PRB) s’adjuge cette dernière, entre Pornichet et Le Havre. Avec un temps de course de 11 jours 2 heures 46 minutes 19 secondes, Nicolas Lunven s’offre la plus belle des récompenses, une victoire sur La Solitaire du Figaro Paprec. Il rentre dans le cercle très fermé des triples vainqueurs de La Solitaire du Figaro Paprec !

Neuf ans après sa dernière participation, Nicolas Lunven a signé un retour retentissant sur La Solitaire du Figaro Paprec. Déjà vainqueur de l'épreuve en 2009 et 2017, le skipper de PRB est revenu sur le circuit avec humilité mais aussi avec une immense expérience acquise au plus haut niveau de la course au large. Longtemps placé dans le sillage des leaders, il a su rester au contact jusqu'à cette ultime étape décisive entre Pornichet et Le Havre. Sur une édition particulièrement ouverte, marquée par l'abandon du leader Tom Dolan (Kingspan) alors qu'il semblait tenir la course, Nicolas Lunven a parfaitement géré son effort et les nombreux pièges du parcours pour reprendre les commandes du classement général et décrocher une troisième victoire historique sur l'épreuve. À 42 ans, il confirme une nouvelle fois son statut de référence du Figaro et signe l'un des plus beaux retours de l'histoire récente de la course. Il rentre dans le cercle très fermé des triple vainqueurs de La Solitaire du Figaro Paprec.
La dernière étape : un final à couper le souffle
Cette troisième et dernière étape aura tenu toutes ses promesses. Partie de Pornichet pour rejoindre Le Havre, elle a rapidement basculé dans une succession de situations complexes entre la Bretagne et la Manche. Le coup de théâtre est intervenu avec l'abandon de Tom Dolan, leader du classement général au départ. Derrière, les cartes ont été totalement rebattues. Loïs Berrehar (Banque Populaire) a pris les commandes avant que les écarts ne se resserrent au fil d'une traversée particulièrement éprouvante. Le long du DST, Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025) rappelle aux figaristes qu’il faut bel et bien compter sur lui. Mais c’est finalement Paul Morvan sur Foricher – French Touch qui souffle la victoire à ses adversaires. Il termine cette étape de la meilleure des manières et vient enfin chercher une victoire d’étape. Après plusieurs jours de fatigue extrême, les derniers milles vers Le Havre ont offert une bataille intense aussi bien pour la dernière étape que pour le classement général.
Avec une très belle sixième place, Alexis Thomas réalise une très belle Solitaire et monte sur la deuxième marche du podium final avec 24 minutes et 44 secondes de retard sur Nicolas Lunven. Le vainqueur de la dernière étape Paul Morvan complète ce magnifique trio de tête qui récompense, l’expérience, la ténacité et l’audace.
Les deux premières étapes : une Solitaire déjà très ouverte
Dès le départ de Perros-Guirec, cette 57e édition s'est distinguée par son incroyable densité. La première étape vers Vigo a mis en lumière une flotte très homogène où les écarts sont restés réduits malgré les nombreux pièges tactiques du golfe de Gascogne. Tom Dolan s’impose dans ce premier round en s’envolant à quelques milles de la ligne d’arrivée située au large du cap Finistère. La deuxième étape a ensuite durci le ton avec des conditions beaucoup plus légères et des rebondissements permanents au classement. Les leaders se sont succédés, les écarts n'ont jamais réellement dépassé quelques dizaines de minutes et plusieurs favoris se sont constamment rendus coup pour coup. À l'aube de la dernière manche, six skippers restaient encore en mesure de viser la victoire finale, illustrant parfaitement le niveau exceptionnel de cette édition 2026.
Nicolas Lunven (PRB), vainqueur de La Solitaire du Figaro Paprec 2026
“ Je m'étais mis dans la tête que cette étape était en deux parties. Il y avait la première, du départ jusqu'à l'occidentale de Sein, et puis après ça allait être une partie vraiment plus compliquée où il ne fallait pas dormir et vraiment se battre dans des conditions qui allaient être un peu difficiles, avec du vent, de la mer formée au portant. Des conditions que je n’avais jamais expérimentées sur ce bateau. Je me suis dit que je n’allais pas baisser les bras et que je n’allais pas regarder les autres faire, donc je me suis battu un peu comme un lion. Peut-être un peu trop d'ailleurs, parce que j'y ai laissé un spi !
Le retour sur La Solitaire, c'est un truc qui me trottait déjà un peu dans la tête. Et puis quand Yoann (Richomme) en a parlé sérieusement l'été dernier, je me souviens, je me suis dit : on ne peut pas le laisser faire ça tout seul, je vais aller l'embêter un peu. Bon, finalement, il m'a laissé tranquille, et c'était plutôt une bonne idée !
J'ai pris énormément de plaisir. Sur la première et la deuxième étape, je me suis vraiment régalé. Et puis même là, sur la troisième... même si le portant dans la brise, dans ces conditions-là, ce ne sont pas forcément mes conditions favorites. On a quand même un peu “bourriné” ! Il y a eu quelques tonnes de litres d'eau de mer à passer sur le pont. C'est peut-être pour ça d'ailleurs que je suis trempé. Je redécouvre en fait ce que j'étais venu chercher, le plaisir de naviguer en Figaro, une manière de naviguer où moi je me sens à l'aise. Je me sens bien dans ce jeu-là. C'est un peu le résumé de toute cette Solitaire”.
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